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Ce Blog rassemble une partie des prédications rédigées et annoncées par Nathalie PAQUEREAU, Pasteur de l'Eglise Réformée de France, actuellement en poste à Gap, dans les Hautes-Alpes.
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Textes bibliques:
Amen.
Libellés : Gap
Textes bibliques:
Qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ?
L’étranger, pour nous qui connaissons ce texte, et qui connaissons des choses sur Jésus, est bien évidemment cette samaritaine, cette femme aux mœurs légères, issue d’un territoire ennemi de la Palestine, vraie terre du vrai judaïsme.
Elle, c’est l’étrangère, la différente. Lui, c’est le familier, le compagnon, le connu.
Pourtant, avec ce merveilleux récit d’une rencontre, je voudrais ce matin partager avec vous trois pistes inspirés de ce texte :
Tout d’abord l’étrangeté de la différence ; puis la rencontre ; et enfin le partage.
Ainsi l’étrangeté de la différence.
Je reprends ma première question : qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ? Et bien, l’étranger, le différent…c’est Jésus !!!
Tout d’abord, c’est lui qui est en territoire étranger ! C’est lui qui traverse un territoire où juifs et samaritains ne peuvent cohabiter. C’est lui qui foule une terre qui n’est pas la sienne !
Ensuite, c’est encore lui qui viole en quelque sorte la bienséance, les bonnes manières.
En effet, c’est bien lui, homme seul, qui va adresser la parole à une femme. Et ça, ça ne se fait pas !!! Non seulement ça ne se fait pas chez lui, mais je dirais encore moins chez les autres.
C’est donc Jésus qui a là un comportement étrange.
Etranger donc ; violant les règles comportementales ; demandeur de surcroît ( c’est bien lui qui demande de l’eau à la femme).
Et si on pratiquait sur lui les fameux tests ADN qui font tant débat ces derniers temps, il n’est vraiment pas sûr du tout que l’ADN de Jésus et celui de Joseph auraient un quelconque lien !!!!
L’étrangeté de la différence, c’est bien Jésus qui la porte sur lui, en lui.
Et pourtant, cet étranger, il ne nous est pas étranger ! il nous est familier.
Ce récit nous montre alors bien qu’une situation, une personne, une attitude, des coutumes, des modes de vie nous apparaissent étranges, étrangères, différentes lorsque nous ne les connaissons pas. Et engendrent la peur, l’agressivité et le repli sur soi.
Et je ne parle pas là seulement de nationalité. La différence, quelle qu’elle soit, nous fait peur lorsqu’on ne sait pas comment fonctionne ce différent.
Le Sans Domicile Fixe nous fait peur, parce qu’il a parfois un look particulier, parce qu’il ne fonctionne pas comme nous qui recherchons dans nos maisons un sentiment de sécurité.
La femme battue nous fait peur, parce que la violence, nous ne sommes pas forcément psychiatres pour la comprendre.
La femme violée nous fait peur, parce qu’elle réveille des craintes pour nos enfants, et qu’après tout on ne connaît pas les raisons de ce viol.
La famille roumaine arrivée sur Gap, sans papier, nous fait peur ; parce que nous ne savons rien de leurs coutumes, de leurs habitudes, de leurs façons de vivre.
L’homme sans travail nous fait peur ; parce qu’il est l’image de nos propres craintes de perdre notre travail. On préfère le classer comme fainéant, c’est plus simple, plus rassurant.
Le handicapé physique, mental nous font peur, parce que derrière un corps abimé, derrière un esprit fonctionnant différemment, nous ne savons pas quelle personne se « cache » réellement.
Le malade nous fait peur ; et si sa maladie était contagieuse…
Deux attitudes devant nos peurs :
Soit nous nous enfermons dans nos réflexes protectionnistes, et ne fréquentons que des clones de nous-mêmes, soit nous nous ouvrons à ces personnes, ces situations, en surmontant notre peur de l’autre.
Nous en venons alors à la rencontre.
Le différent du récit, nous l’avons dit, c’est Jésus. Dans sa simplicité d’homme fatigué, c’est lui qui va déclencher la rencontre.
Et tous les deux, étrangers l’un à l’autre, vont oser. Oser la rencontre. Oser une parole. Même si cette parole peut comporter une pointe d’ironie de la part de la femme.
Mais cette femme, elle a une histoire. Et son histoire pourrait la rendre muette, peureuse.
Cette femme, elle a eu plusieurs hommes dans sa vie. Une femme de mauvaise vie pourrait-on dire.
Elle a déjà une réputation qui lui colle à la peau, forcément. C’est bien pour cela qu’elle va puiser son eau à un moment, midi, où elle ne rencontrera personne.
Au moins, on ne l’accusera pas de s’intéresser aux maris des autres, et elle ne subira aucune réflexion désagréable.
Vraiment, elle a tout intérêt à garder sa langue dans sa poche et à éviter toute rencontre. Avec la réputation qu’elle a, si elle veut garder l’homme sur qui elle a mis le grappin en dernier, mieux vaut se détourner de tout représentant de la gente masculine !!!
Et pourtant, la rencontre va avoir lieu ; et cette rencontre va être possible, envisageable parce que chacun des deux a besoin de l’autre !!!
J’en viens alors au partage.
Cette samaritaine, cette femme que tout un chacun doit éviter, est surprise, déconcertée. En effet, quelqu’un vient de lui demander …quelque chose !!!
Ca fait certainement bien longtemps qu’on ne lui demande plus rien, si ce n’est peut-être de ne pas s’approcher à moins de 50 mètres des hommes mariés !!!!!
Cette femme, elle est enfermée dans un rôle que seule son histoire explique, et que même Jésus ne critiquera pas. La situation est là.
Et au milieu de cette situation, Jésus va être en position de demandeur.
Demander quelque chose à quelqu’un, n’est-ce pas parfois une façon de le valoriser, de reconnaître qu’il a quelque chose à donner. N’est-ce pas parfois tout simplement le faire exister ?
Une relation à sens unique est-elle vraiment une relation ?
La suite de l’histoire, de la rencontre, montre que le désir de Jésus, sa soif physique d’eau, va réveiller progressivement un autre désir chez la femme samaritaine.
Et cet échange est surprenant. Jésus a-t-il besoin de quoi que ce soit ? Jésus fils de Dieu a-t-il besoin des autres ? a-t-il besoin de recevoir quelque chose de qui que ce soit ?
Il est tout de même intéressant de constater que Jésus demande. Il attend quelque chose de cette femme qui n’a rien…qui n’est rien aux yeux des hommes.
Alors, si jésus lui-même attendait d’une autre, peut-on encore croire que nous, nous n’avons rien à recevoir de ceux que nous voulons aider ?
Demander, c’est vraiment dans un premier temps réhabiliter l’autre dans sa capacité à être, dans sa dimension d’être qui a du sens.
Alors Jésus lui-même va pouvoir lui proposer maintenant, à son tour, une eau, une eau vive, une eau vivante, une eau qui donne la vie.
Partager. Partager ce que l’on a , même quand on pense ne rien avoir. Recevoir ce que l’on n’a pas, même quand on pense tout avoir !!
Cette rencontre entre Jésus et la samaritaine, ce sont autant de pistes pour nous et notre perception des autres.
Tout d’abord, souvenons-nous que nous-mêmes sommes étranges, étrangers aux yeux d’autres.
Parce que différents. Nous aussi, nous sommes différents ; et quelle souffrance d’être vus comme étranges par les autres. Quelle souffrance, quand on est âgé, d’être évités. Quelle souffrance, quand on est malade, d’être abandonnés …
Nous ne sommes pas la norme ; nous sommes tous étranges ! Mais à partir du moment où nous prenons conscience que la rencontre avec l’étranger, celui qui est différent, avec moi qui suis aussi étrange, étranger, est une mutuelle richesse, parce que rencontre, parce que partage, que ce soit d’une main tendue, d’un sourire, d’un merci, d’un encouragement, d’une fleur ou d’un morceau de pain, là, je crois que nous comprenons notre mission, celle d’être ensemble plus humains, plus fraternels.
Et là, nous qui croyions donner, c’est alors que nous pouvons recevoir.
Mettons alors à bas nos aprioris sur les autres, et nous aurons la surprise d’être enrichis de ces rencontres ; et le Christ lui-même sera au milieu de ces rencontres.
amen
Libellés : Gap
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Textes bibliques: LUC 16
Ce matin, je voudrais vous présenter quelques dieux.
Ce sont des dieux très TRES puissants. Je dis bien très puissants parce que beaucoup de personnes leur sont liés ; beaucoup de personnes se tournent vers ces dieux comme vers la plus digne des bouées de salut ; oui, beaucoup de nos contemporains occidentaux, et nombre d’entre nous ont placé non seulement leur confiance et leur espérance en eux, mais encore en sont presque…non, pas presque…totalement esclaves.
Je vous les présente : voici le grand dieu Cofinoga ; et puis le dieu Cételem ; et les très puissantes divinités Cofidis et Médiatis.
En tapant sur internet « organisme financier crédit », attention, 1 210 742 sites internet de propositions sont répertoriés!!!
Et en tapant « Dieu de Jésus-Christ », j’obtiens 1 990 000 réponses…
Bonne nouvelle, sur le web, le Christ dépasse de 700 000 propositions de sites les organismes de crédit !!!
Alors oui, ce matin, pour ce culte de rentrée, la question est clairement posée : Qui est votre Dieu ?
En qui placez-vous votre confiance ?
Mais aussi, quel est votre rapport à l’argent ?
Et encore comment gérez-vous votre vie ?
Comment gérez-vous la confiance que Dieu a placée en vous pour être intendant de votre vie et intendant de la mission qui vous a été confiée ?
Bonne source de réflexion. Parce qu’en ces temps de rentrée, forcément, l’argent n’est pas absent de nos réflexions : la rentrée scolaire, les multiples activités au coût élevé, les impôts, les voilà, nos préoccupations, celles qui peut-être nous minent, nous empêchent de dormir la nuit, nous obnubilent …
On dit que l'argent mène le monde. La Bible en parle, et je le crois, sans le condamner, mais dénonçant le danger d'en faire un maître et non plus un serviteur.
Le mot araméen « Mamon » qui personnifie l'argent provient de la même racine que l'hébreu « amen ». Ce qui est « digne de confiance » et « véritable ». Ce sur quoi on s'appuie, ce à quoi on donne sa confiance. Ainsi, la fin du texte rapporté par Luc est bien : « On ne peut servir deux mâitres, Dieu ou Mamon »…
Et Il s'agit bien ici de n’avoir qu’un Dieu, un seul Dieu digne de confiance, et à qui seul on doit rendre un culte. Et il s’agit dans le même temps de réfléchir aux incidences sur nos existences concrètes en ce monde .
Notre foi au Christ se traduit-elle dans des choix de vie cohérents , puisque notre éthique doit découler de notre foi. Nos choix de vie découlent-ils réellement de notre foi ?
Ce matin, nous allons y réfléchir.
Le Seigneur fait dire par le prophète Amos qu'il condamne ceux qui exploitent les pauvres pour s'enrichir et Jésus propose d'être aussi habile pour gérer les vrais biens que d'autres le sont pour préserver leurs intérêts personnels.
Et c’est bien vrai, l'argent n'éveille-t-il pas la cupidité et l'avarice qui poussent l'être humain à employer tous les moyens pour en avoir toujours plus ? ACCUMULER, pourquoi ?
Si les hommes employaient autant d'astuce et d'ingéniosité pour servir les bonnes causes, ( et quand je dis bonne cause, c’est au sens d’élévation de l’humanité) que pour boursicoter, spéculer, faire fructifier leurs propres intérêts, oui, le monde serait bien différent…
Jésus semble dire : « Quel dommage que les enfants de lumière ne sachent pas aussi habilement utiliser leur matière grise pour la bonne cause ! ». Problème numéro un de tous les temps, rien de nouveau sous le soleil !
Quels choix prioritaires opérons-nous dans nos vies ? Choix impératif entre Dieu et l'argent.
Mamon est , sous sa parure de toutes les possibilités, véritable concurrent de Dieu et ennemi public numéro un d’une société juste.
Et à cause de ce Mamon, notre société s’emballe, ne sait plus où elle va et pourquoi elle va…
Pourquoi l'utilisation des OGM des farines animales ? Pourquoi des films stupides ou violents ? Pourquoi la drogue ? Pourquoi la publicité déferlante flattant les instincts les plus primaires ? Pourquoi la corruption à tous les niveaux, les paradis fiscaux ? Pourquoi les cadences infernales dans les entreprises chinoises,ou l'exploitation des enfants dans les usines du Tiers-Monde, main d'œuvre à bon marché ? Ne cherchez pas : l'argent ! Le dieu Mamon.
Mamon, un dieu terrible qui fait payer cher la dévotion qu'on lui porte : combien de milliers de milliards engloutis dans des guerres, dans la course aux armements ou les armes de dissuasion nucléaire, alors qu'on ne trouve que quelques millions pour aider ceux qui sont les plus miséreux du monde.
Alors, vous me direz : mais c’est simpliste comme raisonnement. Je ne sais si les millions de morts de chaque conflit où l’argent, par le biais du pétrole ou des pierres précieuses, est au centre, ont pensé, eux aussi, que c’était simpliste…
Choisir son dieu…
Le Christ, me semble-t-il, nous invite à faire une utilisation intelligente de cet argent trompeur. Cet argent, qui aujourd’hui est de malheur, ne pourrait-il pas servir à soulager les grandes souffrances planétaires ?
En continuant dans les discours peut-être trop simplistes, mais militant pour une humanité relévée, Un avion-mirage de moins, ce peut être un hôpital de plus dans un pays qui en est privé.
L'économie d'un sous-marin nucléaire permettrait de donner de l'eau potable à 48 millions de personnes.
Avec le prix de 11 bombardiers furtifs, on pourrait scolariser pendant 4 ans 135 millions d'enfants.
800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, alors que rouillent dans tous les pays du monde des milliers de chars démodés, des millions d'armes en tout genre.
Mais vous allez me dire : moi qui suis sur mon banc, je ne me sens pas vraiment concerné !!!
A grande ou à petite échelle, c’est à nous de nous demander comment, avec l’argent que nous gagnons, on peut la changer, cette fameuse face du monde…
Tous, nous sommes appelés à cette réflexion ; non pas pour nous serrer la ceinture, ne plus partir en vacances et vivre comme Jean le Baptiste, de quelques sauterelles !!!!
Soyons d’accord, on en veut toujours plus ; on veut du toujours mieux ; et on vit dans une ère de la superficialité qui nous a détourné de l’essentiel !
Est-ce que parfois vous vous demandez pourquoi vous êtes sur terre ?
Pour payer pendant 50 ans ( parce que maintenant, les crédits sur 50 ans, ça existe !!!) votre belle maison ? Dieu vous a placé sur terre rien que pour ça ?!!!
Notre éthique est très souvent directement liée à notre relation à l’argent.
Oui, le prix d’un paquet de cigarettes, c’est le prix d’un traitement anti-palud qui tue des millions d’enfants chaque année.
Oui, le prix d’une bouteille de wisky, c’est le coût d’un mois de scolarité pour un enfant du tiers-monde.
Oui, le prix d’un ticket de loterie à gratter pour en avoir plus, toujours plus, c’est le prix de 100 affiches de prévention contre le SIDA.
Oui, une fois de moins au PMU, c’est 6 kilos de riz pour un orphelinat…
Parce que les petits dieux « tabac », « alccol », « jeux à gratter » et autres jeux de courses et de hasard sont des dieux grand amis de Mamon, et grands ennemis des projets de Dieu pour l’humanité.
Au début du texte, c'est le maître qui avait qualifié son gérant de trompeur. Ce qui montre qu'il n'approuvait pas ses façons de faire. Maintenant c'est l'Argent que Jésus qualifie de trompeur. On le comprend mieux en lisant les dernières phrases : l'argent peut devenir un maître, rival de Dieu, dans la vie des êtres humains.
Alors, ce matin, sans culpabilité, mais avec une volonté d’être dans la volonté de Dieu, débarassés de tous ces faux dieux qui nous empêchent de dormir, nous empêchent de partager, nous empêchent de vivre pleinement les vraies valeurs d’amitié, de fraternité, comme nous y invite l’Evangile en son entier, oui, ce matin, il y a urgence dans cette invitation au discernement entre les biens qui en valent la peine, ceux qui assurent la vie éternelle et ceux que l'on sert inutilement parce qu'ils passent.
DISCERNEMENT de l'essentiel et de l'accessoire et aussi le DETACHEMENT.
Choisir Dieu en premier, c'est mettre l'argent au service de tous ceux qui, dans le monde, œuvrent pour la paix, pour la santé et, bien sûr, pour la Bonne nouvelle. GENEROSITE.
C'est donc à 4 choses que nous sommes appelés : le DISCERNEMENT, le détachement, la générosité, la responsabilité dans nos choix de vie qui doivent découler de notre foi !
Bonne rentrée !
Nathalie PAQUEREAU
Textes bibliques: LUC 13: 22 à 30
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Textes bibliques: Marc 21
Textes bibliques: Matthieu 25
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Libellés : Gap
Textes bibliques:
Libellés : Tréscléoux
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Libellés : Gap
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Textes bibliques:
Textes bibliques:
Libellés : Noël, Tréscléoux
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Textes du jour
Libellés : St Laurent du Cros
Textes bibliques:
Libellés : Tréscléoux
Textes bibliques du jour:
- Deutéronome 6, vers. 1 à 9
- Hébreux 7, vers. 22 à 28
- Marc 12, vers. 28 à 34
Le commandement d'aimer
Vous savez mieux que moi que les automobilistes gapençais sont très disciplinés…Quand il y a un passage pour piétons, et une silhouette en vue, pas question de continuer ; on s’arrête , un point c’est tout. LA LOI, c’est LA LOI !!!
Mais allez donc dans cette rue semi-piétonnière qu’est la rue Carnot….Forcément, comme les piétons sont prioritaires, il n’y a pas de passage pour piétons…Et bien là, ne vous aventurez pas à traverser lorsqu’une voiture arrive : elle ne s’arrêtera pas !!!!!!!!!
Tout cela paraît illogique,contradictoire.
Notre texte des paroles de Jésus rapporté par Marc en est de même : à la question d’un maître de la Loi qui demande quel est le plus important des commandements, Jésus répond que c’est…l’amour !!! L’amour porté à Dieu ; l ‘amour porté au prochain.
Pourtant voyons, ces deux mots de commandement et d’amour ne vont pas ensemble !!!!
On parle de commandement à payer ; pas de commandement d’amour !!
Oui, mais l’homme a besoin de cadre. Comme l’automobiliste gapençais a besoin de voir les traits blancs sur la route pour que son cerveau lui dicte « stop », nous les hommes nous marchons bien souvent avec des cadres et des lois.
Je m’arrêterais ce matin sur quatre points :
-Le premier sera l’amour comme commandement.
-Le second sera « pourquoi aimer » ?
-Le troisième sera « qui aimer » ?
-Le quatrième sera « comment aimer » ?
L’amour en tant que commandement.
Si ce n’est pas un comble !! Mais voyons, tout le monde aime. Tout le monde aime quelqu’un, quelque chose. Tout le monde saît bien ce que c’est que l’amour. C’est le sujet le plus banal ! Pourquoi alors en parler comme d’un commandement ? Un souhait, une invitation à, ce serait mieux !
Chacun ce matin sait à quel point il y a d’amours différents : » j’aime les glaces » n’a pas grand chose à voir avec « j’aime mes enfants » ou « j’aime mon conjoint » avec « j’aime le soleil »…
L’amour…
Si Dieu nous commande d’aimer, c’est qu’Il sait parfaitement que dans notre cœur d’homme, de femme, d’enfant, ce n’est pas si évident que cela d’aimer ; d’aimer vraiment. D’aimer bien au sens de bien aimer.
Et si l’apôtre Paul a écrit tout un chapitre sur l’amour, l’amour fraternel, c’est que ça ne coule pas forcément de source que d’aimer « de la bonne manière ».
Un commandement, c’est une exigence, c’est un préalable nécessaire avant de continuer quoi que ce soit.
Là, Jésus se retrouve devant un maître de la loi. Le maître de la loi connaît toutes les lois. Pas seulement les dix commandements. Mais plus exactement les 600 commandements contenus dans le premier testament !!!
Alors, Jésus connaît-il son catéchisme ?!!! Si l’on s’en tient aux 10 commandements, Jésus ne va pas donner le 1er ( « tu n’auras pas d’autre dieu devant ma face ») ; il ne donnera pas non plus le…5e sur le respect des parents ou le 6e qui interdit le meurtre…
Les commandements d’amour ( ou plus exactement le commandement d’amour) que Jésus donne ne se trouvent nulle part sous cette forme dans le premier testament.
On glisse donc de la « règle toute faite », la chose à suivre à la lettre, du commandement-loi, à l’attitude toute entière de son être.
Avec ce texte fondateur du christianisme, on va effectivement passer de la loi à la grâce.
Non, nous n’aurons plus un catalogue des 600 choses à faire pour être quelqu’un de bien. Désormais, nous n’aurons « plus qu’à »…aimer !!!!
Laquelle de ces deux choses est la plus facile ? Obéir à une liste…ou aimer ?
On comprend alors mieux le mot de « commandement ».
Alors j’en viens au second point : pourquoi aimer ?
Nous l’avons vu, Aimer n’est pas un choix, possible, envisageable parmi d’autres choix.
Mais pourquoi aimer ? On ne peut vivre sans aimer.
Aimer est la clé de tout : de la relation possible avec Dieu.
De la relation possible avec les autres.
De la relation possible avec soi-même.
Pourquoi aimer ? parce que l’amour est porteur de vie ; la haine ou même l’indifférence sont porteurs de mort.
Un bébé qui ne croisera dans ses premiers mois aucun regard d’amour sur lui se laissera mourir.
Un enfant qui ne recevra pas d’amour dans son enfance aura bien du mal à se construire.
Vivre sans amour est impossible.
L’amour est bien cette pulsion de vie qui porte vers l’autre. C’est ce lien fort, unique, source de joie, de bonheur, de sens.
Alors vient immédiatement le troisième point : « qui aimer » ?
Tout le monde à peu près sait répondre à la question « qu’est-ce qu’aimer ? »
Mais là vient une différence fondamentale entre ceux qui se désintéressent du Dieu de Jésus-Christ et ceux qui lui font réellement confiance.
Qui aimer ? voilà la réponse de Jésus :
Tu dois aimer le seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. Tu dois aimer ton prochain comme toi-même ».
Aimer Dieu…oh ! pas comme ça de temps en temps le dimanche, ou quand on se dit que ça pourrait arranger notre petite cause….On ne peut pas aimer par intermittence. Soit on aime, pleinement. Soit on n’aime pas vraiment.
Là, on ne peut faire dans la demie-mesure. Nous sommes appelés à aimer Dieu de tout notre être ( cœur, âme , intelligence , force).
Et là, cet amour-là s’apprend. Je serais prête personnellement à donner ma vie pour mes enfants. Je crois. Mais serais-je prête à donner ma vie pour Dieu ? j’en suis beaucoup moins sûre.
Et pourtant, c’est cet amour-là, inconditionnel, intolérable pour les non croyant, que nous sommes appelés à vivre !!
Aimer son prochain.
C’est certainement aussi dur, si ce n’est plus encore, que d’aimer Dieu de toutes ses cellules.
Aimer celui qui ne pense pas comme moi. Aimer le bourreau. Aimer celui qui sent mauvais. Aimer le musulman ; aimer celui qui vote front national ; aimer le communiste ; Aimer mon concurrent. Aimer la rébellion adverse. Et celle qui a tué son enfant. Aimer le violeur. Aimer celui que tout me pousse à ignorer.
Vous comprenez mieux pourquoi c’est un commandement ?!!!
Vient alors le dernier point : comment aimer ?
A vues humaines, je vous le dis tout de suite, c’est impossible.
Mais si Dieu nous commande d’aimer, c’est qu’Il est aussi là dans cette entreprise d’amour.
Et tout d’abord, Il nous en donne lui-même l’exemple : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».
Dieu a en Lui une force d’amour inimaginable ; à tel point que le nouveau testament nous dit que Dieu « est amour ».
On ne peut certainement se rendre compte à quel point Dieu aime chacun d’entre nous ; du plus nati au plus pauvre ; du plus crasseux au plus propre ; du plus pur dan son cœur au plus ignoble.
La première des choses pour apprendre à aimer ( parce que c’est un apprentissage) est certainement de se rendre compte de la manière dont Dieu nous aime personnellement. Là, on peut vraiment sentir une vague d’amour se déverser sur nous. C’est indescriptible. Dieu m’aime à la folie. Mais qui suis-je ?
Petit bonhomme, petite bonne femme….petite fourmi humaine dans cet océan d’humanité…
Il faut certainement avant toute chose expérimenter l’amour de Dieu pour soi.
Et il faut lui demander, simplement : « Dieu, tu m’aimes comment ? ». Réponse assurée !
A partir de là, chacun peut cheminer sur le « comment aimer », parce que le Dieu de Jésus-Christ nous donne des « outils ».
D’abord, Il nous donne son Esprit, ce souffle d’amour qui vient faire sa demeure en nous.
Alors, cet Esprit nous appelle à changer notre regard. Cet autre que j’ai bien du mal à aimer, il est autant aimé par Dieu que moi-même. Et celui qui m’indiffère, celui qui me dérange, je suis appelé à le regarder comme si c’était le Christ lui-même en face de moi.
Et je vous lis les versets de Paul sur l’amour, et sur ce que l’Esprit qui habite en nous peut faire.
Libellés : St Laurent du Cros
Nettoyage d'automne
Pour un nettoyage de printemps, c’est un vrai nettoyage de printemps !
La pâque juive approche, puisque Jésus vient d’arriver à Jérusalem…Pâque juive qui imposait à chaque famille un nettoyage en profondeur de chaque maison, ainsi que de jeter tout ferment hors de chez soi ; symboliquement, de jeter le vieux, l’ancien, pour partir du des bases saines.
En ce dimanche de la réformation, où nous nous souvenons que Martin Luther a affiché ses 95 thèses à Wittenberg, nous n’allons pas nous tourner vers le passé et soupirer avec nostalgie…
Ce texte rapporté par Marc, tout comme l’attitude et les convictions du réformateur Luther, nous invitent à un véritable nettoyage ( d’automne !) dans notre vie.
Pour cela, je vous propose un cheminement ce matin avec cinq verbes :
Les verbes CHOISIR ; NETTOYER ; puis CROIRE, DEMANDER et enfin PARDONNER.
CHOISIR :
Nous pouvons tous vivre sans faire de choix. J’entends des choix fondamentaux. Pas des choix de moindre importance comme ce qu’on mangera à midi ou encore quel prochain vêtement on va s’acheter.
Nous pouvons tous vivre ( et bien de nos contemporains le font) au jour le jour, en laissant les événements, les autres, l’habitude, la résignation nous guider. Un peu le « Inch’allah », sorte de fatalisme.Ce n’est certianement pas dans la vision de Dieu, du Dieu de Jésus-Christ, de faire de nous des moutons de panurge ( ou des moutons de notre société occidentale qui suit bêtement le « Dieu consommation »).
Si nous ne faisons pas de choix, il arrivera forcément un moment de notre vie où nous ferons le point, et où nous serons frustrés, ou aigris, ou emplis de regrets.
OUI, Dieu nous appelle à des choix ; des choix de vie ; des choix relationnels ; des choix quant à nos engagements ; des choix quant à la manière dont nous voulons orienter nos vies.
Dieu nous invite à nous arrêter, et à nous demander, qui que nous soyons, quel que soit notre âge : « est-ce que j’ai la conviction, profonde, véritable, que ma vie a du sens ? » .
Là, forcément, si l’on se pose véritablement, profondément, intensément , honnêtement la question, des choix, parfois douloureux, vont s’imposer comme essentiels.
Nous ne sommes pas appelés à remplir juste notre estomac trois fois par jour.
Le sens de notre vie n’est pas « juste » de rapporter une paie à la maison.
Les Proverbes l’annoncaient déjà : « Mieux vaut une maison sans pain , avec la paix, qu’une maison triste pleine de viande ».
Nos choix ne sont pas à faire avec le seul critère économique. Certes, nous avons besoin de manger, de faire manger nos familles. Mais le travail, et son fruit, ne sont que des moyens, pas des fins.
Des choix sont donc à faire dans nos vies pour devenir de véritables acteurs, actifs de nos vies.
Vient alors le deuxième verbe : « NETTOYER ».
Jésus se met en colère…pas beau, n’est-ce pas ?!!
Pourtant, cette colère est porteuse de vie. Ce temple de Jérusalem n’était pas destiné au commerce ; ce n’était pas le marché du samedi ou la halle au grain !!
Le temple, c’était le lieu de la relation à Dieu ; le lieu où l’Homme venait se ressourcer ; le lieu où la créature venait remercier le Créateur et prendre sa nourriture spirituelle…
Ce temple-là était devenu un mélange de tout et de rien… peut-être un peu comme nos vies…
Paul, l’apôtre, nous dit que maintenant, c’est nous le Temple de Dieu, de son Esprit.
Alors, oui, il y a un nettoyage à faire dans nos vies. Oh ! absolument pas à la manière culpabilisante du style « Il y a des choses dans votre vie qui ne sont pas « conformes »…bla bla bla »…
Quand on fait le ménage dans sa maison, c’est parfois difficile ; il faut trier, jeter ce qui encombre, ce qui est devenu trop veiux, trop poussièreux…mais à la fin, quel bonheur de meiux circuler, mieux respirer, meiux vivre tout simplement !
Là, ce nettoyage de nos vies est pareil : il consiste à faire le tri dans nos activités, dans nos choix personnels, dans nos manières de vivre, dans notre façon d’envisager nos relations aux autres ; dans ce que nous avons parfois dans les tripes mais qui se laisse envahir par tout autre chose ( la peur ; le raisonnable ; le quotidien…)
Nettoyer, et orienter nos vies vers nos priorités, c’est vraiment mettre le cap sur un sens à notre vie.
Alors viennent les deux verbes suivants, ceux qui sont capables de nous mettre en marche, et de nous dire : oui, mes choix de vie, le sens de ma vie, il est réalisable.
Ce sont les verbes CROIRE et DEMANDER.
Mais n’est-ce pas retomber en enfance ? Je vous ai dit juste auparavant qu’il nous faut faire nos choix, nos choix responsables de vie, pour un sens, pour un monde meilleur, pour un monde de sens, et on a alors l’impression de retomber dans le spirituel, celui qui n’agit pas, celui qui demeure statique et nous maintient dans un état puéril…
C’est mal comprendre.
L’affaire du figuier que Jésus a maudit,et qui est rapporté juste avant les deux verbes « croire » et « demander », est bien là pour nous secouer, nous remuer :
Ce qui ne porte pas de fruit est mort, sec. Lève-toi, choisis de porter du sens, choisis de sortir de ton train-train protecteur et suffisant, debout pour porter du fruit, même si ce n’est pas la saison.
…Et pourquoi pas la saison ? Vous trouvez, vous, que c’est la saison, dans notre société, de faire vraiment ce qu’on a au plus profond de notre cœur ? Vous trouvez que c’est dans l’air du temps de vouloir laisser une belle planète à nos enfants ? vous trouvez que c’est à la mode de vouloir apporter aux autres, que ce soit au travers des arts, au travers d’une main tendue, au travers d’un sourire ou d’un pain partagé… ?
CROIRE et DEMANDER, c’est avoir la folie de penser qu’un changement est possible ; et que ce sens profondément inscrit dans nos tripes est envisageable…parce qu’il y a un Dieu, un Dieu de vie, un Dieu de sens, un Dieu qui aime l’homme et veut des hommes, des femmes qui aiment ce monde et arrêtent d’être frileux, renfermés et concentrés sur leur liste des courses…
Alors, oui, je peux vous certifier que si on fait un tant soit peu confiance à Dieu ( confiance ayant même racine que croire), en se disant qu’Il a voulu un monde beau, solidaire, agréable à vivre, alors, je pense vraiment qu’on peut compter sur Lui, sur sa présence quand on baisse les bras ; sur son action quand on se met debout ; sur sa force quand on se décide à aimer les autres et non plus son seul nombril. Et là, on peut DEMANDER .
Alors, certains vont dire : « mais moi, j’ai demandé et j’ai rien reçu ! ».
Mais on demande quoi à Dieu ?!!! Est-ce qu’on ne Le prend pas pour la tirette à bonbons, ou le dispensateur de nos quatre volontés ?. Nos demandes, elles sont pour les autres, pour un sens, pour nous donner la force de nos choix, ou bien pour un frigo rempli, pour gagner au loto, et pour avoir une vie bien tranquille ?!!!
Alors, vient le dernier verbe, qui peut sembler curieux au milieu des autres : le verbe « PARDONNER ».
Le pardon, étymologiquement, c’est le don au-dessus de tous les dons.
Je crois que c’est le verbe de la relation à l’autre par excellence.
Pardonner, c’est accepter que l’autre, comme moi, se trompe. C’est lui redonner sa chance.
Mais que vient faire ce verbe dans l’histoire ?
Je crois qu’on ne peut trouver le, LE sens de sa vie, qu’on ne peut se mettre debout pour mettre en œuvre ce qu’on a dans le cœur, si on a ce même cœur rempli d’amertume, de rancœur et de vieilles histoires qui nous pourrissent la vie. On ne peut en même temps vouloir aimer les autres, aimer la terre, aimer le monde, aimer « en grand » et en même temps en vouloir à son voisin, à son conjoint – ou ex-conjoint-, à ses parents, à ses enfants…
On doit certainement là aussi faire du ménage dans nos sentiments, dans nos envies de vengeance, dans nos regrets et nos échecs. Donner un grand coup de balai dans ce qui nous enchaîne pour être libre. Enfin, libre ; et arrêter de tout calculer. L’amour ne se calcule pas.
Alors, c’est parti pour nous : à nous de choisir ; à nous de nettoyer ; à nous d’y croire ; à nous de mander ; à nous de pardonner. Et je vous le dis, si vous le faites, vous connaîtrez le bonheur. Le vrai.
Amen
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La prédication n'est pas encore en ligne car elle a été écrite manuellement et le temps me manque pour la rédiger... patience .
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Notre appel, notre vocation...
Jérémie!! Voilà le prophète au surnom terrible: "prophète de malheur"!! On comprend que le tome 2 du livre de Jérémie se nomme "lamentations de Jérémie"!!
Annoncer des bonnes nouvelles, vous me direz que c'est facile…plus facile que d'annoncer des mauvaises nouvelles, des catastrophes et autres paroles qui provoquent des larmes, ou de la colère!!
Voilà Jérémie, qui tente tout devant l'Eternel pour sauver sa peau; plus exactement pour ne pas faire ce que nous appellerons le sale boulot… Après tout, le Seigneur, si c'est pour tout dévaster, il n'a qu'à en faire lui-même l'annonce!
Quelques mots tout de même de Jérémie et son fameux ministère avant d'en arriver à notre propre appel, notre vocation.
Jérémie, dont le nom signifie probablement "celui que l'Eternel a établi", fut appelé à son minsitère environ après le ministère d'Esaïe. Et il fut appelé au moment où le roi Josias venait de déclarer la guerre à l'idôlatrie régnante et de mettre la main au rétablissement du culte de l'Eternel.
L'Assyrie, cet antique ennemi de Juda, était alors sur son déclin,: sous les belles apparences de la réforme opérée par Josias, Jérémie voyait certainement l'état d'impiété et d'immoralité qui s'était installé.
On peut dire que pendant les 22 années qui suivirent sa vocation, son ministère ne fut marqué par aucun grand événement. On voit bien, en général, qu'il subit partout l'inimitié de son peuple ,des gens de son village et des membres de sa famille, d'où un rapprochement du texte de Luc où Jésus annonce que "nul n'est prophète en son pays"…
Jérémie n'eut pas une vocation facile: il était seul; seul pour supporter ces haines, ces paroles violentes, d'autant que le chapitre 16 nous apprend qu'il avait renoncé à se marier pour être plus libre dans le service de Dieu…!
Seul. Et pourtant, il est difficile de trouver dans l'histoire d'Israël une figure aussi attachante et en même temps un plus grand caractère que cet homme-là. Jérémie, on peut dire que c'est la foi debout au milieu des ruines. Il désespère de tout ( Ah! Jérémie, comme nous te comprenons!!) et en même temps il agit comme espérant tout!! Il ne domine pas son temps, comme Esaïe; il le subit et le porte, un peu comme son fardeau assigné.
Accepter tout pour Dieu, pour sa tâche, pour ses concitoyens ingrats et aveugles, voilà sa vie. Non qu'il soit insensible aux douleurs, aux difficultés de cette situation; non; Jérémie a aussi eu des moments de doute; des moments où son âme était submergée de cette douleur; des moments de défaillance et d'angoisse; mais jamais d'amertume ou de colère. Et Jérémie était un homme vrai, au langage fier et hardi, parce qu'il sentait que sa mission n'était pas de se défausser; parce qu'il sentait qu'il était l'homme de Dieu, l'instrument d'une vérité supérieure à lui-même, capable de l'abattre comme de le relever…
D'autre sont surpassé en puissance l'action de Jérémie. En éclat de parole aussi, comme Elie ou Esaïe…Mais je dirais qu'une gloire lui appartient: celle d'avoir offert au monde l'admirable exemple…de l'amour qui sert…
Souvenez-vous, le texte de Paul aux Corinthiens: l'amour est patient, l'amour croît tout, l'amour supporte tout…
Jérémie…C'est surement ici que se révèle le secret de la force nécessaire pour traverser les crises d'un temps de dissolution et de transformation universelles; c'est peut-être aussi un peu avec lui que l'homme apprend à croire sans voir…
Que peut aujourd'hui nous apporter ce récit de vocation de Jérémie?
Tout d'abord, que l'Homme est appelé par Dieu.
Tout homme reçoit vocation , mission de la part de Dieu. Aucune vie est inutile. Aucune. Et chacun est appelé, différemment de son voisin, parce que nous ne sommes pas tous appelés aux mêmes tâches, mais complémentairement.
Nous sommes appelés à devenir acteurs, au sens inverse du mot "passif", actifs, acteurs de notre vie, la menant vers un but; et acteurs de notre communauté d'église; pas passif; actif. Non pas pour servir l'église; c'est l'église qui est servante: elle n'a pas en tant que structure à être servie. L'Eglise, c'est nous tous, serviteurs de Christ!!
Mais nous avons, que ce soit pour nos vies ou pour la vie d'église, nos réticences. Nous avons nos bonnes excuses pour être plutôt des victimes de nos vies, subissant les événements et ne vivant que pour notre subsistance souvent; nous avons de bonnes excuses pour ne pas nous engager, non pas au service de l'église, mais au service de Dieu qui pourtant nous appelle.
Jérémie aussi a eu de bonnes excuses: je suis un enfant… Appelé certainement vers 22 ou 23 ans, Jérémie n'avait plus rien d'un enfant si ce n'est qu'il n'avait pas la sagesse des anciens, ceux qui parfois savent tout, ont tout vu, et font mieux que tous!!
Je ne sais pas parler, dit aussi Jérémie. Ah! Moïse aussi a eu cette argumentation…Mais à chaque fois, les arguments tombent : "Attends, tu crois que ce que tu prends pour des faiblesses, ou des obstacles pour vivre ce pourquoi je t'ai appelé vont avoir le dernier mot?" pourrait dire Dieu.
Ces obstacles aussi sont multiples pour nous…Et très convaincants: je n'ai pas le temps de mener tout de front; je ne me sens pas capable "pour l'instant" de prendre une "charge " quelconque…; je n'ai plus le temps de faire le point dans ma vie; j'ai plutôt l'impression que ma vie doit se vivre au jour le jour, sans projet, juste en gérant le quotidien…C'est vrai, à chaque jour suffit sa peine!!
Et puis, …il y a le doute.
Jérémie aussi à des moments de sa vie a douté. Non pas de Dieu réellement, mais de sa mission.
Nous, nos doutes sont parfois trop forts pour penser à un quelconque projet: projet de vie, projet d'église. Et si Dieu dans tout cela n'était que vaste filet sur lequel l'humanité se raccrochait comme à une bouée de sauvetage, pour ne pas désespérer? Et si Dieu n'existe pas, quel sens cela aura si je bâtis ma vie, ma vie personnelle et son sens comme s'Il était là, pour me guider, me soutenir, m'éclairer?
Et si Dieu n'existe pas, comment donner du temps, de mon temps, pour faire que l'Evangile, la soit-disant bonne nouvelle soit annoncée?
Tout cela sans Dieu devient ridicule, folie, perte de temps.
Nous avons tous nos excuses, et nos peurs. Nos peurs aussi de ne pas être à la hauteur. A la hauteur, dans la vie; à la hauteur, dans les engagements que je peux prendre.
Croire en Dieu est un pari!! Un pari sans preuve scientifique. Mais l'amour doit-il toujours se prouver, ou doit-il se vivre?
Dieu nous appelle à vivre avec son impulsion de vie, d'amour, dans notre monde difficile et plein de souffrances, d'échecs, comme l'était aussi le temps de Jérémie. Et Dieu, comme pour Jérémie, nous dit: "Ne crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel".
Te délivrer de la peur; te délivrer de tes doutes quant au sens de ta vie; de délivrer de ton manque de confiance.
"Vois-tu une branche d'amandier, dit le seigneur?" à Jérémie. Et pourquoi donc une branche d'amandier? Parce que l'amandier est couvert, en sa saison, de fleurs blanches…Comme les cheveux blancs sur la tête d'une personne mûre…donc sage!!
Ce n'est ni l'âge, ni le manque de temps, ni le manque de confiance en soi, ni les blessures de la vie qui doivent nous détourner de ce à quoi Dieu nous appelle.
l'Eternel dit à Jérémie: "Ceins-toi"; c'est-à-dire "prépare-toi pour partir, pour partir en mission". Dieu nous dit, à nous tous, et à chacun d'entre nous: "prépare-toi; prépare-toi, j'ai gravé dans ton cœur un plan pour ta vie, un chemin de vie! Avec mon aide, suis-le , et ta paix et ta joie seront grandes!"
Avec Jésus-Christ, voilà une parole certaine: Dieu dit aussi à Jérémie: "Lève-toi"; lève-toi qui donnera la résurrection. "Ressuscite!"
Nous sommes appelés à ressusciter; pas seulement dans la vie éternelle, après notre mort; mais aujourd'hui, pour une vie nouvelle en compagnie de Dieu, avec plus de confiance, en dieu, en nous-mêmes!
Et Dieu dit à Jérémie: "Va, car je suis avec toi".
Va, je suis avec toi, veut peut-être nous dire aujourd'hui le Dieu de Jésus-Chrit. Va, écoute ton cœur, et ne mets jamais de frein à l'amour. Va, écoute ma parole en méditant la Bible, et prends confiance dans la vie. Va, en comprenant que la relation avec moi est vivante, et si je te dis que je suis avec toi: Je suis avec toi.
A chacun d'entre nous de prendre ce temps, malgré nos réticences, nos peurs, nos manques de temps, nos doutes, de prendre ce temps pour dire aussi , comme le prophète Samuel: "Parle Seigneur ,ton serviteur écoute". Et enfin, il nous faudra entrer en action!
Amen!

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