05 février 2008

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21 octobre 2007

Prier, agir, espérer: le bon combat

Gap (05)

Le Bon combat


Textes bibliques:
Luc 18:1 à 8
................................2timothée 3/14- 4/2
................................Exode 17/8-13


Voilà le récit d’un combat ; un combat à priori tout à fait inégal !
Un combat perdu d’avance, comme on en connaît tous ; comme le monde en connaît ; comme le dit bien l’expression : « c’est le pot de terre contre le pot de fer ».
Trois dimensions se trouvent dans ce texte ; trois dimensions qui me semblent inséparables pour justement gagner certains combats qui, à vues humaines, semblent effectivement ne jamais trouver d’issue favorable.
Dans ce texte, il y a certes la prière, mais il y a aussi l’action, et il y a l’espérance.

Tout d’abord la prière.
C’est bien vrai que le préambule de la parabole de ce matin nous dit : « Jésus leur adressa unr parabole pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne pas se relâcher ».
Alors je m’arrêterais quelques instants sur la prière.
La prière, c’est quoi ?
La prière, je dirais que c’est ce lien avec le Dieu de Jésus-Christ ; c’est ce qui peut permettre une relation avec Dieu. C’est une parole adressée à Dieu, avec nos mots, qui nous permet de ressentir la proximité de Dieu, de réveiller en nous cette fibre spirituelle qui a tendance à très vite s’endormir.
Prier, c’est au fonds déjà croire que nous ne sommes pas dans un monde cyclique où tout se répète à l’infini, mais dans un monde linéaire, où les choses peuvent avancer, où les situations peuvent bouger.
Prier, c’est aussi se décentrer de soi, de son individualisme, de ses propres préoccupations, pour remettre à Dieu des situations difficiles, et puiser des forces pour devenir acteur dans le monde. Avoir la force de Dieu dans son cœur, dans ses bras, dans sa tête !
Prier enfin, c’est parler à Dieu simplement, avec nos petits mots et nos grands silences, avec nos balbutiements et nos doutes ; mais c’est en tous cas replacer Dieu à sa place de Dieu, et non pas croire que nous sommes de puissants petits dieux.
La prière parabolique de la veuve est imagée ; sa prière à elle, c’est cette demande faite à un juge …injuste.
Elle demande. Elle n’a de cesse de demander : « fais-moi justice de mon adversaire ». Et il refuse. Et il refuse ; et il refuse encore. On nous dit même qu’il refuse pendant longtemps…De quoi baisser les bras.
En effet, que peut espérer une veuve (qui n’a donc plus d’homme pour aller intimider le juge !!) considérée comme une faible ?
Je pense à ces mères de la place de mai en argentine qui allaient chaque semaine pour brandir les photos de leurs fils ou maris disparus ; chaque semaine ; pour réclamer justice…
Cette veuve, elle ne lâchera pas le morceau.

Et j’en viens à l’action.
Cette veuve, elle se déplace. Elle va ; elle va régulièrement jusqu’au juge . Elle ne reste pas tranquillement chez elle en se disant : « maintenant que les choses sont dites, j’attends ». Pas d’attente passive. De l’action.
Je me souviens d’un enseignant en théologie qui nous disait : « arrêtez de prier pour la conversion d’untel ou untel si vous-même n’allez pas leur parler du Christ ».
Il nous faut certainement arrêter de prier ces prières du style « donne du pain à ceux qui n’en ont pas « ; ou encore « fais que mon couple aille mieux », si on n’est pas capable de partager son pain, et si on ne fait aucun effort pour communiquer avec son conjoint.
La prière n’est pas un défouloir vers Dieu de tout ce qu’on ne veut pas faire soi-même.
La prière est la force de l’action encouragée, soutenue, validée par Dieu !!!
La prière sans l’action, c’est comme la parole donnée sans l’engagement qui va avec !!!
Alors, cette veuve va.
Lorsque je disais que le combat était tout à fait inégal, et perdu d’avance à vues humaines, c’est bien parce que le texte nous montre deux protagonistes inégaux :
D’un côté, une femme sans plus de mari, qui demande que justice lui soit rendue.
De l’autre, un juge injuste dont on nous dit qu’il ne craignait pas Dieu et n’avait d’égard pour aucune personne.
Et bien, cette veuve, elle est remarquable parce qu’elle y va, elle y retourne, elle fait entendre sa petite voix , petite voix qui va devenir insoutenable au bout d’un moment pour ce juge.
Elle relève les manches, notre veuve, et elle y croit ; dur comme fer.
N’est-ce pas un peu ce qui nous manque parfois, la constance ? La constance dans nos projets, constance dans nos choix, constance dans nos combats ?

J’en viens alors au troisième point, qui est l’espérance.
Je crois qu’avec le Christ, il nous est donné, je dirais même offert, de ne jamais désésperer. JAMAIS. Même quand une situation semble sans issue ; même quand la souffrance est de la partie. Espérer ; contre toute espérance.
Y croire, même quand tout paraît mort.
Ne pas s’enfermer, comme les disciples l’ont fait après la crucifixion et la mort de Jésus ; mais croire, toujours croire en la résurrection, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort ; la victoire de la justice sur l’injustice ; la victoire de la réconciliation sur la déchirure ; la victoire de la reconstruction sur l’échec.
Croire que le Dieu de Jésus-Christ ne nous laisse pas en plan, mais nous assure de sa présence et aussi de son action qui nous accompagne.
Voilà l’espérance chrétienne, qui doit toujours accompagner notre prière et notre action.
Espérer et croire que le pot de terre peut avoir raison du pot de fer.

J’en reviens à « ma » veuve et à « mon » juge inique.
La veuve représente donc les faibles, ceux qui n’ont pas grand droit ; ceux qui sont vulnérables. Elle aura pourtant gain de cause par sa petite voix qui ne se lassera jamais.
Le juge, on dit de lui qu’il ne craignait pas Dieu et ne s’intéressait à personne qu’à lui…
Symboliquement, cette veuve, ce sont tous ceux qui veulent un monde plus juste ; qui veulent un monde où l’humain passera avant les richesses. Qui veulent un monde où l’homme, la femme, et l’enfant pourront vivre en paix, librement. Cette veuve, elle représente toutes les personnes et les organismes de bonne volonté qui croient que les gouttes d’eau font les grandes rivières et les océans.
Et qui puisent leur force, leur courage, leur espérance dans le Christ qui a vaincu la mort !
Ce juge qui ne craint pas Dieu et ne s’intéresse à personne, c’est bien le symbole du monde tel qu’il est !!! Ne craignant pas Dieu, se prenant même parfois pour un dieu tout-puissant, et ne s’intéressant à personne, avec l’ère de l’individualisme forcené.
La voilà, cette petite veuve et son combat contre le juge injuste !!!
La petite veuve, c’est nous !! nous avec nos envies d’un monde meilleur ; nous avec nos envies de mettre Dieu au centre ; nous avec nos envies d’un pays où plus personne n’aurait faim ; où chacun pourrait vivre en paix avec l’autre .
Nous avec nos envies de donner des valeurs de respect et d’amour à nos enfants quand d’autres leur apprennent à se battre dès la maternelle pour ne pas « subir les coups des autres ».
Nous avec nos envies de reconstruire nos couples au moment où le divorce s’est banalisé et où le mariage n’est plus une valeur.
Nous avec nos envies d’avoir un sens à notre vie.
Nous voilà, avec nos envies démesurées de petite veuve en face d’un grand, très grand juge inique, sans Dieu ni respect, qui veut faire sa loi dans le monde et dans nos vies ; ce juge qui divise ; ce juge qui torture ; ce juge qui guerroie ; ce juge qui fait se renfermer les gens sur eux-mêmes ; ce juge qui pourrait bien nous faire baisser les bras si nous n’entretenons pas l’espérance.
Cette veuve qui, a la fin, a son dû parce qu’elle a « cassé la tête » du juge, on la retrouve régulièrement avec par exemple l’ACAT, qui prie, et qui agit pour dénoncer la torture.
Et bien…ça marche !!! Et des gouvernements qui ne craignent ni Dieu et n’ont d’égard pour aucun humain en ont régulièrement marre de se faire casser la tête !!!
Prière, action, et espérance.
Si nous décidons de faire de ces trois mots des réalités quotidiennnes pour gérer notre vie, oui, prier, agir et espérer, non seulement nos vies en seront bouleversées, mais encore, à la question « le fils de l’homme, quand il trouvera la foi sur la terre », nous répondront « oui Seigneur ».

Amen.

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14 octobre 2007

L'étrangeté de la différence

Gap, Culte animée par l'Entraide Protestante du Gapençais (05)

L’étrangeté de la différence


Textes bibliques:
Jean 4 : 5-42

Qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ?
L’étranger, pour nous qui connaissons ce texte, et qui connaissons des choses sur Jésus, est bien évidemment cette samaritaine, cette femme aux mœurs légères, issue d’un territoire ennemi de la Palestine, vraie terre du vrai judaïsme.
Elle, c’est l’étrangère, la différente. Lui, c’est le familier, le compagnon, le connu.
Pourtant, avec ce merveilleux récit d’une rencontre, je voudrais ce matin partager avec vous trois pistes inspirés de ce texte :
Tout d’abord l’étrangeté de la différence ; puis la rencontre ; et enfin le partage.

Ainsi l’étrangeté de la différence.
Je reprends ma première question : qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ? Et bien, l’étranger, le différent…c’est Jésus !!!
Tout d’abord, c’est lui qui est en territoire étranger ! C’est lui qui traverse un territoire où juifs et samaritains ne peuvent cohabiter. C’est lui qui foule une terre qui n’est pas la sienne !
Ensuite, c’est encore lui qui viole en quelque sorte la bienséance, les bonnes manières.
En effet, c’est bien lui, homme seul, qui va adresser la parole à une femme. Et ça, ça ne se fait pas !!! Non seulement ça ne se fait pas chez lui, mais je dirais encore moins chez les autres.
C’est donc Jésus qui a là un comportement étrange.
Etranger donc ; violant les règles comportementales ; demandeur de surcroît ( c’est bien lui qui demande de l’eau à la femme).
Et si on pratiquait sur lui les fameux tests ADN qui font tant débat ces derniers temps, il n’est vraiment pas sûr du tout que l’ADN de Jésus et celui de Joseph auraient un quelconque lien !!!!
L’étrangeté de la différence, c’est bien Jésus qui la porte sur lui, en lui.
Et pourtant, cet étranger, il ne nous est pas étranger ! il nous est familier.
Ce récit nous montre alors bien qu’une situation, une personne, une attitude, des coutumes, des modes de vie nous apparaissent étranges, étrangères, différentes lorsque nous ne les connaissons pas. Et engendrent la peur, l’agressivité et le repli sur soi.
Et je ne parle pas là seulement de nationalité. La différence, quelle qu’elle soit, nous fait peur lorsqu’on ne sait pas comment fonctionne ce différent.
Le Sans Domicile Fixe nous fait peur, parce qu’il a parfois un look particulier, parce qu’il ne fonctionne pas comme nous qui recherchons dans nos maisons un sentiment de sécurité.
La femme battue nous fait peur, parce que la violence, nous ne sommes pas forcément psychiatres pour la comprendre.
La femme violée nous fait peur, parce qu’elle réveille des craintes pour nos enfants, et qu’après tout on ne connaît pas les raisons de ce viol.
La famille roumaine arrivée sur Gap, sans papier, nous fait peur ; parce que nous ne savons rien de leurs coutumes, de leurs habitudes, de leurs façons de vivre.
L’homme sans travail nous fait peur ; parce qu’il est l’image de nos propres craintes de perdre notre travail. On préfère le classer comme fainéant, c’est plus simple, plus rassurant.
Le handicapé physique, mental nous font peur, parce que derrière un corps abimé, derrière un esprit fonctionnant différemment, nous ne savons pas quelle personne se « cache » réellement.
Le malade nous fait peur ; et si sa maladie était contagieuse…

Deux attitudes devant nos peurs :
Soit nous nous enfermons dans nos réflexes protectionnistes, et ne fréquentons que des clones de nous-mêmes, soit nous nous ouvrons à ces personnes, ces situations, en surmontant notre peur de l’autre.

Nous en venons alors à la rencontre.
Le différent du récit, nous l’avons dit, c’est Jésus. Dans sa simplicité d’homme fatigué, c’est lui qui va déclencher la rencontre.
Et tous les deux, étrangers l’un à l’autre, vont oser. Oser la rencontre. Oser une parole. Même si cette parole peut comporter une pointe d’ironie de la part de la femme.
Mais cette femme, elle a une histoire. Et son histoire pourrait la rendre muette, peureuse.
Cette femme, elle a eu plusieurs hommes dans sa vie. Une femme de mauvaise vie pourrait-on dire.
Elle a déjà une réputation qui lui colle à la peau, forcément. C’est bien pour cela qu’elle va puiser son eau à un moment, midi, où elle ne rencontrera personne.
Au moins, on ne l’accusera pas de s’intéresser aux maris des autres, et elle ne subira aucune réflexion désagréable.
Vraiment, elle a tout intérêt à garder sa langue dans sa poche et à éviter toute rencontre. Avec la réputation qu’elle a, si elle veut garder l’homme sur qui elle a mis le grappin en dernier, mieux vaut se détourner de tout représentant de la gente masculine !!!
Et pourtant, la rencontre va avoir lieu ; et cette rencontre va être possible, envisageable parce que chacun des deux a besoin de l’autre !!!

J’en viens alors au partage.
Cette samaritaine, cette femme que tout un chacun doit éviter, est surprise, déconcertée. En effet, quelqu’un vient de lui demander …quelque chose !!!
Ca fait certainement bien longtemps qu’on ne lui demande plus rien, si ce n’est peut-être de ne pas s’approcher à moins de 50 mètres des hommes mariés !!!!!
Cette femme, elle est enfermée dans un rôle que seule son histoire explique, et que même Jésus ne critiquera pas. La situation est là.
Et au milieu de cette situation, Jésus va être en position de demandeur.
Demander quelque chose à quelqu’un, n’est-ce pas parfois une façon de le valoriser, de reconnaître qu’il a quelque chose à donner. N’est-ce pas parfois tout simplement le faire exister ?
Une relation à sens unique est-elle vraiment une relation ?
La suite de l’histoire, de la rencontre, montre que le désir de Jésus, sa soif physique d’eau, va réveiller progressivement un autre désir chez la femme samaritaine.
Et cet échange est surprenant. Jésus a-t-il besoin de quoi que ce soit ? Jésus fils de Dieu a-t-il besoin des autres ? a-t-il besoin de recevoir quelque chose de qui que ce soit ?
Il est tout de même intéressant de constater que Jésus demande. Il attend quelque chose de cette femme qui n’a rien…qui n’est rien aux yeux des hommes.
Alors, si jésus lui-même attendait d’une autre, peut-on encore croire que nous, nous n’avons rien à recevoir de ceux que nous voulons aider ?
Demander, c’est vraiment dans un premier temps réhabiliter l’autre dans sa capacité à être, dans sa dimension d’être qui a du sens.
Alors Jésus lui-même va pouvoir lui proposer maintenant, à son tour, une eau, une eau vive, une eau vivante, une eau qui donne la vie.
Partager. Partager ce que l’on a , même quand on pense ne rien avoir. Recevoir ce que l’on n’a pas, même quand on pense tout avoir !!

Cette rencontre entre Jésus et la samaritaine, ce sont autant de pistes pour nous et notre perception des autres.
Tout d’abord, souvenons-nous que nous-mêmes sommes étranges, étrangers aux yeux d’autres.
Parce que différents. Nous aussi, nous sommes différents ; et quelle souffrance d’être vus comme étranges par les autres. Quelle souffrance, quand on est âgé, d’être évités. Quelle souffrance, quand on est malade, d’être abandonnés …
Nous ne sommes pas la norme ; nous sommes tous étranges ! Mais à partir du moment où nous prenons conscience que la rencontre avec l’étranger, celui qui est différent, avec moi qui suis aussi étrange, étranger, est une mutuelle richesse, parce que rencontre, parce que partage, que ce soit d’une main tendue, d’un sourire, d’un merci, d’un encouragement, d’une fleur ou d’un morceau de pain, là, je crois que nous comprenons notre mission, celle d’être ensemble plus humains, plus fraternels.
Et là, nous qui croyions donner, c’est alors que nous pouvons recevoir.
Mettons alors à bas nos aprioris sur les autres, et nous aurons la surprise d’être enrichis de ces rencontres ; et le Christ lui-même sera au milieu de ces rencontres.

amen

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07 octobre 2007

Seigneur, merci de n'être pas comme eux...

Gap (05)

Seigneur merci de n'être pas comme le reste des hommes, Merci de n'être pas comme tous ces gens-là…

Textes bibliques: Luc 18 vers. 9 à 14

Dans cette parabole deux hommes en prière, un pharisien et un collecteur d'impôts.

Tout semble opposer ces deux hommes et il semble difficile d'y voir clair dans la leçon de Jésus. D'un côté un homme honorable, mais méprisant, va se retrouver au banc des mauvais. De l'autre un homme à la vie plus que discutable, méprisé, se trouve propulsé au rang des justifiés.

Ne jetons pas trop vite la pierre à notre pharisien. Je crois qu’on pourrait facilement le critiquer, le mépriser. Mais qu'est-ce qui le rend si imbuvable à nos yeux ?

au départ un homme remarquable. Il a une vie intérieure, il prie, il médite, il va au temple. Il ne porte pas particulièrement l’image du méchant de l'histoire. Est-ce mauvais de jeûner deux fois par semaine ? Est-ce mauvais de donner une cotisation de dix pour cents de ses revenus ? Est-ce mauvais enfin d'être honnête, intègre, scrupuleux, rigoureux ?

Non. Ce sont plutôt des comportements dont nous sommes admiratifs. Alors qu'est-ce qui cloche chez ce pharisien ?

Et notre collecteur d'impôts ? qu’a-t-il pour se retrouver le bon de l'histoire ? Si l'on y regarde de plus près ce n'est tout de même pas un modèle. C'est un collaborateur de l'occupant romain que l'on déteste.. Le système fiscal de l'époque lui permet de s'enrichir de façon scandaleuse au détriment du petit peuple. Bref il est peu recommandable et l'on pourrait le comparer à un collaborateur. Et puis sa façon de prier… Très théâtral vous ne trouvez pas ? Il ne passe pas inaperçu en se frappant la poitrine avec douleur et en gémissant à haute voix. Ne joue-t-il pas un peu la comédie ?

Si nous devions aujourd'hui tendre la main à l'un des deux, lequel choisirions-nous ?

Vraiment, avec Jésus, nous perdons nos repères avec ce bon qui n'est pas si bon et ce mauvais qui n'est pas si mauvais. Bref on s'embrouille un peu avec ce bon pharisien qui devient finalement le mauvais de l'histoire et ce mauvais péager qui devient le bon. Alors reprenons au début.

Si le pharisien se trouve sur la sellette, s'il reçoit une gifle en pleine figure, ce n'est pas parce que Jésus lui reproche d'être vertueux. Il l'est et c'est tant mieux. Qu'il ne cesse pas de l'être… Son tort n'est ni dans sa fidélité à la loi, ni dans ses actes de piété ou de charité qui sont bien réels. Ce qui cloche chez cet homme c'est qu'il est trop parfait, trop pur et qu'il en devient trop dur. Son comportement est si remarquable qu'il en devient remarqué. Il l'affiche, parade, “voyez comme je suis obéissant aux commandements de la loi de Dieu”… Il est tellement vertueux que les autres sont cloués sur place, paralysés, disqualifiés d'avance. Il est si bien de sa personne qu'il en est décourageant pour les autres. Être vertueux oui, mais discrètement, sans que cela se sache, sans que cela accable l'entourage.

Le pharisien, c'est celui qui est “séparé”. Son idéal est d'être toujours séparé et séparable. Il veut avoir une manière spécifique d'être, de vivre, de prier. Il veut pouvoir être repéré, distingué. Lorsqu'il s'adresse à Dieu c'est la tête haute, et s'il a un œil pour Dieu, il a aussi un œil pour son prochain. Et celui-là est très clair, prêt à jauger, apprécier, mesurer la différence entre lui et les autres qui ne lui arrivent pas à la cheville.

Cet homme s'est mis sur un piédestal et c'est bien là que tout s'est détérioré. Dans sa relation à lui-même et dans sa relation à l'autre, Il est en rupture, et c’est bien là le péché !. Bref il veut tellement se justifier par ses actes qu'il en oublie l'essentiel. Il devient méprisant vis-à-vis de son prochain. Sa valeur il veut trop la gagner au détriment de l'autre, il veut se hisser plus haut grâce à ses vertus. En voulant se justifier, être mieux que l'autre, il s'est séparé de lui et il l'écrase. Il prendrait même Dieu à témoin contre son prochain. Et c'est bien là qu'il n'a rien compris. Il ne sera jamais valeureux aux yeux de Dieu en critiquant sur les autres. Au contraire il construit un mur entre Dieu et lui, comme il l'a construit entre lui et le collecteur d'impôts. Et c’est curieux, il emploie 4 fois le mot « je ». je je je…

Quant à notre péager, il ne nous appartient pas de dire s'il est vraiment sincère dans son repentir, ni s’il arrétera son métier incorrect par la suite.

Il est loin d'être innocent, mais il le sait. Il n'a rien à attendre des hommes et rien non plus à faire valoir devant Dieu. Il n'a que des mains vides qui n'ont rien à perdre mais tout à recevoir. Lui aussi en quelque sorte a pris de la distance vis-à-vis du pharisien et vis-à-vis de Dieu en se tenant en retrait, bien séparé par ses imperfections. Mais ce qui le distingue du pharisien ce n'est plus à cet instant précis leurs écarts de conduite.. Non ce qui fait du péager un homme bien différent c'est qu'il ne parle pas des autres, ne les critique pas, n'éprouve pas le besoin de les égratigner pour se justifier. Il se présente nu, tel qu'il est, et c'est sans doute en cela qu'il trouve grâce aux yeux de Dieu. Et contrairement au pharisien, le péager demande à Dieu, attend de Dieu son apaisement.

Alors que retenir de cette parabole ?

Tout d'abord que nous sommes justifiés par Christ et par Christ seulement. De même que les erreurs des autres ne nous rendent pas plus justes, nos mérites, nos bonnes œuvres n'y sont strictement pour rien. Cela ne nous invite pas à mener une vie de désordre, mais nous sommes rassurés, nous n'avons pas à faire nos preuves. Seulement parce que nous nous savons graciés, nous avons envie d'emboîter le pas au Christ.

Ensuite que dans la vie rien n'est jamais fermé, perdu définitivement. Il y a toujours un avenir, un devenir possibles. On peut toujours renaître de ses échecs. C'est vrai pour le péager qui s'est ouvert à Dieu et rentre chez lui justifié. C'est vrai aussi pour le pharisien, égaré dans son autosuffisance et à qui il est donné un prochain à aimer, à rejoindre.

Je verrai ensuite un panneau “Attention Danger !”. Ce qui est reproché avant tout au pharisien est de se croire juste mais pas les autres. De voir le péager avec des à priori négatifs, avec des lunettes déformantes. De penser qu'il gagnera le ciel tout seul, sans l'autre. Dans un registre parallèle, lorsque nous présentons les Pharisiens comme étant des êtres tortueux et vantards, nous devenons à notre tour des pharisiens. Si nous maintenons une distance avec les autres, quels qu'ils soient, si nous les méprisons, nous tenons le rôle du pharisien. De même le péager qui rentre chez lui justifié, ne sera-t-il pas tenté de dire “Merci, Seigneur, de m'avoir justifié, moi plutôt que l'autre” ? Il deviendrait alors le pharisien, celui qui se croit mieux que les autres, qui se prend pour ce qu'il n'est pas.

Nous sommes toujours guettés par le besoin de nous justifier, par l'envie de nous sentir supérieurs aux autres. Nous ressentons si souvent le besoin de nous sentir admirés par les autres ou par nous-mêmes…

La porte de justice n'est fermée à aucun d'entre nous. Ni au pharisien, ni au péager, ni à qui que ce soit, car nous sommes bien tous concernés par cette parabole, à condition de nous laisser conduire par une autre logique. À condition de ne pas nous placer au-dessus des autres. À condition de ne pas nous croire justes.

N'avons nous pas si souvent la certitude que nous détenons seuls la vérité ? Aussi bien dans notre vie personnelle qu'en Église ou en politique, n'avons-nous pas trop souvent tendance à disqualifier le choix de l'autre ? Pourquoi est-il si difficile de présenter nos positions, avec force certes, mais sans pour cela jeter le discrédit sur ceux qui pensent autrement ?

Le grand message de ce texte, c'est qu'il nous faut rester ouverts aux autres, savoir les respecter, les aimer et n'exclure personne. Ce que nous faisons, ce que nous sommes, ne nous donne en aucune façon le droit de mépriser ceux qui nous entourent. Ce qui nous est redit ici c'est que nous ne sommes pas sur terre pour une recherche de la perfection, immobile et glacée, mais pour nous aimer les uns les autres. De même que Dieu nous aime, nous sommes appelés à un élan, à un regard d'amour pour nos frères. L'amour est la vraie nourriture du cœur humain. Être aimé vaut mieux que d'être respecté.

Dans notre prière, sachons, comme ce pharisien avec qui nous avons fait un bout de chemin, remercier Dieu, lui rendre grâce, non pas de ce que nous sommes des gens exceptionnels, bourrés de qualité. Non remercions-le plutôt de ne pas être seuls, enfermés dans une tour d'ivoire, mais entourés de prochains, de prochains à aimer, même si ceux-ci ont le visage d'un péager. Le visage du Christ n'était-il pas à chercher parmi les exclus ?

Amen !

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23 septembre 2007

Qui est votre Dieu ?

Culte de Rentrée ERF du Gapençais à St Pons - Barcelonnette (04)

Qui est votre Dieu?


Textes bibliques:
LUC 16


Ce matin, je voudrais vous présenter quelques dieux.

Ce sont des dieux très TRES puissants. Je dis bien très puissants parce que beaucoup de personnes leur sont liés ; beaucoup de personnes se tournent vers ces dieux comme vers la plus digne des bouées de salut ; oui, beaucoup de nos contemporains occidentaux, et nombre d’entre nous ont placé non seulement leur confiance et leur espérance en eux, mais encore en sont presque…non, pas presque…totalement esclaves.

Je vous les présente : voici le grand dieu Cofinoga ; et puis le dieu Cételem ; et les très puissantes divinités Cofidis et Médiatis.

En tapant sur internet « organisme financier crédit », attention, 1 210 742 sites internet de propositions sont répertoriés!!!

Et en tapant « Dieu de Jésus-Christ », j’obtiens 1 990 000 réponses…

Bonne nouvelle, sur le web, le Christ dépasse de 700 000 propositions de sites les organismes de crédit !!!

Alors oui, ce matin, pour ce culte de rentrée, la question est clairement posée : Qui est votre Dieu ?

En qui placez-vous votre confiance ?

Mais aussi, quel est votre rapport à l’argent ?

Et encore comment gérez-vous votre vie ?
Comment gérez-vous la confiance que Dieu a placée en vous pour être intendant de votre vie et intendant de la mission qui vous a été confiée ?

Bonne source de réflexion. Parce qu’en ces temps de rentrée, forcément, l’argent n’est pas absent de nos réflexions : la rentrée scolaire, les multiples activités au coût élevé, les impôts, les voilà, nos préoccupations, celles qui peut-être nous minent, nous empêchent de dormir la nuit, nous obnubilent …

On dit que l'argent mène le monde. La Bible en parle, et je le crois, sans le condamner, mais dénonçant le danger d'en faire un maître et non plus un serviteur.

Le mot araméen « Mamon » qui personnifie l'argent provient de la même racine que l'hébreu « amen ». Ce qui est « digne de confiance » et « véritable ». Ce sur quoi on s'appuie, ce à quoi on donne sa confiance. Ainsi, la fin du texte rapporté par Luc est bien : « On ne peut servir deux mâitres, Dieu ou Mamon »…
Et Il s'agit bien ici de n’avoir qu’un Dieu, un seul Dieu digne de confiance, et à qui seul on doit rendre un culte. Et il s’agit dans le même temps de réfléchir aux incidences sur nos existences concrètes en ce monde .

Notre foi au Christ se traduit-elle dans des choix de vie cohérents , puisque notre éthique doit découler de notre foi. Nos choix de vie découlent-ils réellement de notre foi ?

Ce matin, nous allons y réfléchir.

Le Seigneur fait dire par le prophète Amos qu'il condamne ceux qui exploitent les pauvres pour s'enrichir et Jésus propose d'être aussi habile pour gérer les vrais biens que d'autres le sont pour préserver leurs intérêts personnels.
Et c’est bien vrai, l'argent n'éveille-t-il pas la cupidité et l'avarice qui poussent l'être humain à employer tous les moyens pour en avoir toujours plus ? ACCUMULER, pourquoi ?

Si les hommes employaient autant d'astuce et d'ingéniosité pour servir les bonnes causes, ( et quand je dis bonne cause, c’est au sens d’élévation de l’humanité) que pour boursicoter, spéculer, faire fructifier leurs propres intérêts, oui, le monde serait bien différent…

Jésus semble dire : « Quel dommage que les enfants de lumière ne sachent pas aussi habilement utiliser leur matière grise pour la bonne cause ! ». Problème numéro un de tous les temps, rien de nouveau sous le soleil !
Quels choix prioritaires opérons-nous dans nos vies ? Choix impératif entre Dieu et l'argent.

Mamon est , sous sa parure de toutes les possibilités, véritable concurrent de Dieu et ennemi public numéro un d’une société juste.

Et à cause de ce Mamon, notre société s’emballe, ne sait plus où elle va et pourquoi elle va…

Pourquoi l'utilisation des OGM des farines animales ? Pourquoi des films stupides ou violents ? Pourquoi la drogue ? Pourquoi la publicité déferlante flattant les instincts les plus primaires ? Pourquoi la corruption à tous les niveaux, les paradis fiscaux ? Pourquoi les cadences infernales dans les entreprises chinoises,ou l'exploitation des enfants dans les usines du Tiers-Monde, main d'œuvre à bon marché ? Ne cherchez pas : l'argent ! Le dieu Mamon.

Mamon, un dieu terrible qui fait payer cher la dévotion qu'on lui porte : combien de milliers de milliards engloutis dans des guerres, dans la course aux armements ou les armes de dissuasion nucléaire, alors qu'on ne trouve que quelques millions pour aider ceux qui sont les plus miséreux du monde.

Alors, vous me direz : mais c’est simpliste comme raisonnement. Je ne sais si les millions de morts de chaque conflit où l’argent, par le biais du pétrole ou des pierres précieuses, est au centre, ont pensé, eux aussi, que c’était simpliste…

Choisir son dieu…

Le Christ, me semble-t-il, nous invite à faire une utilisation intelligente de cet argent trompeur. Cet argent, qui aujourd’hui est de malheur, ne pourrait-il pas servir à soulager les grandes souffrances planétaires ?

En continuant dans les discours peut-être trop simplistes, mais militant pour une humanité relévée, Un avion-mirage de moins, ce peut être un hôpital de plus dans un pays qui en est privé.
L'économie d'un sous-marin nucléaire permettrait de donner de l'eau potable à 48 millions de personnes.
Avec le prix de 11 bombardiers furtifs, on pourrait scolariser pendant 4 ans 135 millions d'enfants.
800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, alors que rouillent dans tous les pays du monde des milliers de chars démodés, des millions d'armes en tout genre.

Mais vous allez me dire : moi qui suis sur mon banc, je ne me sens pas vraiment concerné !!!

A grande ou à petite échelle, c’est à nous de nous demander comment, avec l’argent que nous gagnons, on peut la changer, cette fameuse face du monde…

Tous, nous sommes appelés à cette réflexion ; non pas pour nous serrer la ceinture, ne plus partir en vacances et vivre comme Jean le Baptiste, de quelques sauterelles !!!!

Soyons d’accord, on en veut toujours plus ; on veut du toujours mieux ; et on vit dans une ère de la superficialité qui nous a détourné de l’essentiel !

Est-ce que parfois vous vous demandez pourquoi vous êtes sur terre ?

Pour payer pendant 50 ans ( parce que maintenant, les crédits sur 50 ans, ça existe !!!) votre belle maison ? Dieu vous a placé sur terre rien que pour ça ?!!!

Notre éthique est très souvent directement liée à notre relation à l’argent.

Oui, le prix d’un paquet de cigarettes, c’est le prix d’un traitement anti-palud qui tue des millions d’enfants chaque année.

Oui, le prix d’une bouteille de wisky, c’est le coût d’un mois de scolarité pour un enfant du tiers-monde.

Oui, le prix d’un ticket de loterie à gratter pour en avoir plus, toujours plus, c’est le prix de 100 affiches de prévention contre le SIDA.

Oui, une fois de moins au PMU, c’est 6 kilos de riz pour un orphelinat…

Parce que les petits dieux « tabac », « alccol », « jeux à gratter » et autres jeux de courses et de hasard sont des dieux grand amis de Mamon, et grands ennemis des projets de Dieu pour l’humanité.

Au début du texte, c'est le maître qui avait qualifié son gérant de trompeur. Ce qui montre qu'il n'approuvait pas ses façons de faire. Maintenant c'est l'Argent que Jésus qualifie de trompeur. On le comprend mieux en lisant les dernières phrases : l'argent peut devenir un maître, rival de Dieu, dans la vie des êtres humains.


Alors, ce matin, sans culpabilité, mais avec une volonté d’être dans la volonté de Dieu, débarassés de tous ces faux dieux qui nous empêchent de dormir, nous empêchent de partager, nous empêchent de vivre pleinement les vraies valeurs d’amitié, de fraternité, comme nous y invite l’Evangile en son entier, oui, ce matin, il y a urgence dans cette invitation au discernement entre les biens qui en valent la peine, ceux qui assurent la vie éternelle et ceux que l'on sert inutilement parce qu'ils passent.

DISCERNEMENT de l'essentiel et de l'accessoire et aussi le DETACHEMENT.

Choisir Dieu en premier, c'est mettre l'argent au service de tous ceux qui, dans le monde, œuvrent pour la paix, pour la santé et, bien sûr, pour la Bonne nouvelle. GENEROSITE.

C'est donc à 4 choses que nous sommes appelés : le DISCERNEMENT, le détachement, la générosité, la responsabilité dans nos choix de vie qui doivent découler de notre foi !

Bonne rentrée !

Nathalie PAQUEREAU

Photo du culte de rentrée à St Pons

Photo de l'accueil de catéchumème, prise à l'occasion du culte de rentrée, dans l'église de St Pons (04)

26 août 2007

Dieu punit il ?

Le villard La Beaume (05)

Dieu punit il ?

Textes bibliques: LUC 13: 22 à 30


On peut être effaré de ces textes bibliques; ils ne correspondent en effet pas exactement avec l’image du Dieu « tout-amour » que nous concevons souvent.Voilà maintenant que le Dieu d’amour mettrait des gens à la porte, et en plus Il punirait !!!Allez, si on prenait un autre texte que celui proposé par la liste pour aujourd’hui ?!!!!
Et pourtant…Et si, dans ces textes-là aussi, il y avait une bonne nouvelle ? …Justement…ces textes sont peut-être là pour nous rappeler notre relation avec Dieu.
En effet, avez-vous déjà vu une quelconque relation d’amour durable où seulement l’une des deux parties aime sans condition l’autre ?Avez-vous déjà vu un couple qui tient solidement alors que seul l’un des deux travaille à entretenir cet amour ; parle à l’autre ; dit des mots d’amour et de tendresse à son conjoint ; cajole et prend soin de sa compagne ou son compagnon, tandis que l’autre est muet, absent, lointain ou distant ?
Avez-vous déjà seulement imaginé un père qui aime tendrement, profondément son enfant ; et cet enfant ne parle jamais à son père ; fait bien souvent le contraire de ce que son père pense être bien, n’en fait qu’à sa tête avec les autres ; et ce même enfant s’étonnerait de la tristesse et de l’éloignement de son père ?
Voilà alors bien le centre de nos textes de ce matin, qui peut sembler contraire à nos fondements protestants, mais ne l’est en aucun cas : l’amour, ça coûte !!!!!
Ah mais non, me direz-vous ! Le salut, c’est gratuit ! Alors si tu nous dis que ça coûte, on va tomber dans le salut par les œuvres !!!!Non !!!Quand vous dîtes à votre épouse, à votre compagnon « je t’aime », est-ce une œuvre ?Quand vous menez à bien avec celle, celui avec qui vous partagez votre vie, un projet, sont-ce des œuvres pour « acheter » votre couple ?
L’amour que nous sommes appelés à partager avec Dieu a, tout comme une histoire d’amour terrestre, des conséquences ; conséquences sur notre façon de penser ; conséquences sur nos actes , nos paroles. Oui, parfois, ça nous « coûte » ; parce que ça nous oblige à certains efforts, à certains choix, à certaines orientations.Mais toute relation nous oblige à cela ; à des choix, et parfois à des renoncements !!!J’aime mon conjoint ? Je renonce à me lier à d’autres personnes.J’aime mes enfants ? Je renonce à penser que je les ai « faits » pour moi, ou à ne penser qu’à moi et mes centres d’activité pour prendre du temps avec eux !!! Sont-ce pour autant des œuvres ? non !!
Alors je dirais que ces textes sont la suite tout à fait logique du 1er commandement, qui est exigeant : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de Tout ton cœur, de Toute ton âme et de toute ta pensée ».Si ce commandement-là n’est pas exigeant… lequel le sera ?!!!!
Venons-en alors directement à notre texte rapporté par Luc .
Une question : « Seigneur, n’y a t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »On sent une angoisse, une peur dans la question.Certainement un peu comme cette peur qui traversa le 16e siècle, peur de l’enfer, de ses flammes, du jugement de Dieu, de sa condamnation…
La réponse de Jésus peut paraître légaliste : « efforcez-vous… ».S’efforcer, mais sans être sûr ? S’efforcer…avec la peur au ventre ? revenir aux peurs de fin de moyen âge ?S’efforcer, c’est puiser sa force. …souvenez-vous : « de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta FORCE et de toute ta pensée ». De toute ta force !!!!Aime Dieu ; aime –le vraiment. Mets en œuvre ( il faut le dire !!) autant de force qu’il en faut que pour celle, celui qui partage ta vie et que tu ne veux pas perdre !Aime ; mais aime vraiment ; ne te contente pas d’un petit coucou de temps en temps uniquement quand tu en as envie ou quand ça te fait du bien. Efforce-toi ; même quand, parfois, tu as autre chose à faire ; même quand, parfois, tu n’en as pas trop envie ; même quand, parfois, tu as quelque chose à lui reprocher…ou à te reprocher !!Parle-lui ; dis-lui ; partage-lui.
Un détail me marque dans ce récit rapporté par Luc ; Jésus dit : « alors vous commencerez à dire : nous avons mangé et bu devant toi, et tu as ensiegné dans nos rues ».
Voilà certainement la clé de compréhension de ce texte : « Nous avons mangé et bu devant toi ». on est exactement dans la même situation que dans la parabole des noces, où l’un des invités reste à la porte et se retrouve dehors…Le texte dit bien : « nous avons mangé et bu DEVANT toi », et non pas « nous avons mangé et bu AVEC toi ».« DEVANT toi », et nous sommes au spectacle !! c’est à dire spectateur, et non pas acteur. On regarde, mais on ne s’investit pas ; on jette un œil, mais on ne bâtit pas .Au fonds, boire et manger devant lui, c’est rester en dehors des événements ; rester en dehors des choix nécessaires. Pourtant, Dieu nous veut acteurs ! acteurs de nos vies ; acteurs de cette merveilleuse, magnifique histoire d’amour. Pas juste « voyeur », passif, regardant juste par le trou de la serrure!!!Et la suite du texte : « tu as enseigné dans nos rues ».Oui, chaque dimanche, à chaque étude biblique, à chaque partage de sa Parole, le Dieu de Jésus-Christ enseigne, encore aujourd’hui, dans nos rues, dans nos bâtiments… est-ce pour autant que toute la ville de Gap en entend le message ?!!!Si le message du Dieu de Jésus-Christ n’entre dans nos cœurs et dans nos âmes, alors l’enseignement tombe à l’eau !!! Si le message de Jésus-Christ ne s’adresse qu’aux rues, alors il retourne sans effet vers celui qui l’a délivré !!!!Il y a donc un fossé, un fossé d’amour entre : « nous avons bu et mangé DEVANT toi et tu as enseigné dans nos rues » d’avec « nous avons bu et mangé AVEC toi et tu as enseigné dans nos cœurs ».Dans la relation avec Dieu, devenir acteur, et non spectateur : Voilà ce à quoi nous devons nous efforcer ; en prenant le temps de la relation.
La 2e question sous-jacente, claire dans l’épître aux Hébreux, est la question d’un Dieu, un Père punissant .Dieu punit-il ?…Il est sûr que moi, en tant que parent, je punis mes enfants ; parce que je les aime, et je veux pour eux une éducation qui leur permettra, en rectifiant les erreurs majeures tout du moins, de vivre du mieux possible leur vie, avec les autres et avec Dieu.Oui, je punis mes enfants ; par amour. Alors, Dieu nous punit-il, puisqu’Il nous aime, et plus encore que je ne peux aimer mes enfants ?Je le dis, cette question me gène.Pourtant, grâce à cette prédication, j’ai dû réfléchir à cette question génante !!!Pour mes enfants, il n’y a qu’une seule « punition » qui porte ses fruits. Pourtant, j’ai un peu tout essayé quand il y a une grosse bêtise : rouspéter ( peine vaine !) ; suspendre l’argent de poche ( les marraines ont tôt fait de pallier au manque !) ; mettre au coin ( ils comptent les petits carreaux ou jouent avec le chat) ; la fessée n’a jamais semblé pour moi un moyen ; …Le seul moyen portant quelques fruits, c’est de les isoler dans leur chambre. Plus de contact avec moi jusqu’à ce qu’ils aient réfléchi à ce qu’ils ont fait et aient pris toute l’ampleur de leur bêtise et aient pris la décision de changer…Parfois, ça prend des heures…j’appelle de temps en temps : « tu as fini de réfléchir ? » et souvent j’entends « non ». !!!Je crois alors que la punition de Dieu, c’est son absence. Le péché, c’est bien la rupture. La rupture avec Dieu, c’est vouloir se passer de Lui. Et Dieu accepte.Ok ; tu veux te passer de moi ? je t’enlève mon Esprit-saint ; débrouille-toi ; réfléchis ; et choisis ; la vie avec Moi, mais elle comporte des choix, choix de vie, choix d’amour ; ou la vie sans Moi… je me retire de ta vie.
J’ai toujours eu l’impression que l’enfer éternel, c’était ça : non pas des flammes et une chaleur intolérable, mais l’absence de Dieu.
Alors en ce début d’année d’église, de rentrée, de reprise, c’est à nous à nous demander où nous en sommes dans notre relation avec Dieu… est-ce que nous mangeons de temps à autre en face de Lui, ou prenons-nous le temps de manger AVEC lui ?Son message est-il enseigné dans notre temple…ou dans notre cœur ?Notre vie est-elle en adéquation avec l’exigence évangélique qui est de vivre pleinement cet amour dont nous sommes aimés avce les autres, tous ceux qui nous entourent ?Au fonds, la question est toute simple : Nous qui sommes aimés d’un amour fou qui est allé jusqu’à la folie de la croix, sommes-nous prêts à nous investir dans une relation d’amour, qui demande de l’attention, qui demande à être nourrie, ou sommes-nous prêts à nous passer de Dieu ?Nos choix sont dans nos mains…et dans notre cœur ! AMEN.

21 août 2007

Envoi des 70

Gap(05)

Envoi des 70

Textes bibliques:


Combien Jésus avait-il de disciples ? Souvent, on répond, un peu vite : « 12 ».Et on s’imagine que 12 disciples seulement ont annoncé la Bonne Nouvelle !C’est faire porter sur leurs épaules un mission bien lourde…Et c’est aussi les transformer en super-hommes, ce qu’ils n’étaient pas…En tous cas pas plus que vous et moi !!!
Ce texte de l’envoi de 70 disciples deux par deux est un texte très parlant pour nous aujourd’hui. Et j’en développerai avec vous quelques points :Tout d’abord l’envoi de ces personnes ; puis la préoccupation de Jésus pour eux ; et enfin la gestion de l’echec.L’envoi donc : Avez-vous remarqué qu’il n’est aucunement spécifié que ces 70 disciples avaient un Bac+ 7 en théologie…ni même en autre chose d’ailleurs ?Avez-vous seulement eu l’impression que ces personnes avaient bénéficié d’une longue préparation avant d’être envoyés ?Il y a une grande simplicité dans l’envoi de ces personnes.D’abord, on ne nous dit rien, strictement rien sur elles. Ces personnes sont des personnes Lambda ; pas des personnes méritantes de par leur attitude, leurs œuvres ou leur savoir. Juste des personnes dont on dit qu’elles sont disciples !!! Ca peut sembler maigre pour partir sur les jouer faire l’évangéliste !!Alors, elles qui n’ont pas la Bible, elles qui n’ont pas fait de grandes et savantes études, que vont-elles faire ?J’en viens alors à cet autre texte de Matthieu : « c’est vous qui êtes le sel de la terre ; c’est vous qui êtes la lumière du monde ».Jésus n’envoie pas ces 70 personnes pour faire de grands, beaux et convaincants exposés et éventuellement défendre les idées de leur gourou.Jésus envoie ces personnes pour témoigner de ce choc de la rencontre ; le choc de leur rencontre avec Dieu. Et ce que cette rencontre a changé dans leur vie.Jésus envoie ces personnes pour donner du goût à la vie des gens ; pour annoncer dans les vies quotidiennes, les vies fatiguées ou lassées, les vies mornes, les vies tranquilles, les vies sans sens, les vies solitaires : « Eh ! tu sais quoi ? Dieu, c’est pas quelque chose de lointain, de méchant, de silencieux ; Dieu, c’est une présence chaleureuse, c’est l’ami qui vient à ta rencontre, c’est le compagnon de tes souffrances et de tes joies, c’est Celui qui ne veut pas te laisser seul et veut mettre de la lumière sur ta route. Je te dis ça parce qu’il l’a fait pour moi !!! ».Oui,Jésus envoie ces personnes pour leur faire relever la tête ; après le sel de la terre, de la terre, du terrestre, ce qui donne du goût au terrestre, ces personnes sont envoyées pour que celles et ceux qu’ils croiseront relèvent la tête ; relèvent la tête vers la lumière.Relèvent la tête ; se relèvent.Il les envoie dire juste : « eh ! moi, j’étais en train de pécher, et dans mon quotidien bien banal il m’a dit : va » ; ou encore : « Et moi, je me demandais bien pourquoi j’étais en vie, quel sens tout cela pouvait avoir, et Il m’a dit : toi, Dieu t’aime et te montre un chemin ».Alors, Jésus n’a pas envoyé sur le terrain de grands savants qui ont étalé leur science. Il a envoyé dans le monde des hommes et peut-être des femmes, comme vous et moi, pour rencontrer les gens et leur dire ce bouleversement ; et leur dire que ce bouleversement est à portée de tous. C’EST TOUT.Nous sommes ces 70. Pas tous appelés au même service. Mais appelés tout de même à montrer, dans notre travail, dans notre vie, dans notre quotidien, ce que Dieu a changé. S’il n’a rien changé, c’est à nous de réfléchir au sens de la foi.Mais s’il a changé quelque chose, c’est ce quelque chose qui doit devenir contagieux. C’est ce quelque chose qui doit donner un sens et devenir goûteux comme un plat salé ; lumineux comme un paysage d’été.Et il les envoie deux par deux.A l’époque, et le premier Testament le dit, dans des affaires de droit commun, c’est le témoignage de deux personnes qui était valable. Surement est-ce une des raisons qui pousse Jésus à les envoyer deux par deux.Mais il y a aussi une autre raison. Une personne qui dit : « Le Dieu de Jésus Christ a bouleversé ma vie « , on peut penser qu’elle est illuminée… « mais bien sûr ; allez passe ton chemin ». Deux personnes qui témoignent de la même chose, c’est différent. Et vous savez comment ça s’appelle ? Ca s’appelle l’Eglise ! « Là où deux ou trois…je suis au milieu d’eux ». Pas 50 ou 300. 2 ou 3. Eglise pas enfermée dans des murs. Eglise appelée à marcher pour rencontrer. Pour aller vers, et non attendre que les autres se déplacent s’ils en ont envie.Et être à deux, ça permet aussi d’en discuter, de se corriger mutuellement dans sa pensée. Ca permet de cheminer ( faire chemin avec) un frère, une sœur en Christ.
Venons-en alors au 2e point, qui est la préoccupation de Jésus pour ceux qu’il envoie. On sent dans ces paroles un souci de ce que ces 70 vont devenir. Il se préoccupe de leur réception, de leur nourriture, des lieux où ils vont être reçus.Oui, Dieu se préoccupe de notre vie. C’est vrai, ils doivent partir sans rien ; ne pas avoir leur esprit occupé à la préparation, au transport de biens matériels… » Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes choses vous seront données en plus »…Oh ! tout ne tombe pas tout cuit. Mais il est des maisons qui les recevront et qui pourvoieront à leurs besoins.Il y a une légèreté vis à vis des biens et des besoins qui est loin de ce que nous vivons et de ce que notre société de consommation nous dicte ! Partir comme ça, sans rien…D’accord, il y a l’hospitalité orientale, mais quand même !!!Compter sur Dieu. Compter sur Dieu pour les grandes choses, et replacer ses priorités là où elles doivent être : le sens de la vie ; la relation à Dieu ; la joie de le connaître et de cheminer avec lui ; le bonheur d’être sur terre , et pas fruit d’un quelconque hasard, mais fruit de l’amour de Dieu. Le reste est second.Nécessaire, puisque Jésus lui-même leur en parle. Mais secondaire. L’estomac ne doit pas prendre la place de l’âme ou du cœur.C’est certainement pour nous lepoint le plus difficile. Compter sur Dieu. Compter sur Lui quand on veut témoigner de ce qu’Il a changé dans notre vie ; compter sur Lui pour ne pas faire de la consommation notre nouveau Dieu ; compter sur Lui pour vivre chaque instant dans l’essentiel et non dans le faux bonheur du veau d’or.Vient le troisième point : la gestion de l’echec. Ce n’est pas parce que c’est Jésus-Christ lui-même qui les envoie que tout se passera comme avec une baguette magique. Jésus lui-même a tout de même connu la croix.Il y a, c’est clair, une part de mal dans notre monde ; et ce n’est pas parce que nous sommes accompagnés que tout va se passer comme dans un rêve. Nous ne sommes pas dans un rêve ; nous sommes dans la réalité. MAIS je trouve ce passage extraordinaire : un échec ? vous n’êtes pas reçus dans une maison, dit Jésus ? secouez la poussière de vos sandales, et continuez la route.Je trouve cette gestion de l’echec extraordinaire. Et je la crois valable pour bien des situations.Des échecs, nous en connaissons tous. Et hélas souvent ils nous paralysent ; ils nous clouent sur place ; avec parfois de la culpabilité ; souvent une remise en cause de nos compétences, de la pertinence de notre place, quel que soit le domaine dans lequel se situe l’échec.Secouer la poussière de nos sandales, c’est arr^ter de ruminer nos échecs qui nous empêchent de repartir, nous rendent frileux dans nos projets et dans nos relations.Des échecs, nous en connaissons tous. Nous avons certainement à tirer des leçons de certains échecs. Mais pas pour rester cloué sur place. Pour mieux repartir. Il arrive un moment où nos échecs, échecs professionnels, échecs de couple, échecs éducatifs, échecs relationnels, etc…ne doivent plus nous paralyser.Secouer la poussière de ses pieds. Repartir. Recommencer avec un élan renouvelé, renouvelé par Dieu. Ce n’est pas l’échec qui est grave ; c’est la paralysie qu’il peut entraîner.Ne pas rester sur ses échecs ; ne pas remâcher ses loupés ; ne pas s’aigrir de ses ratés ; mais aller de l’avant ; repartir ; se relever et reprendre la marche de la vie.Belle leçon de reconstruction et d’impulsion de vie que Dieu nous offre.
Alors, ce texte de ce matin nous apprend certainement que dans la vie, pour être sel de la terre et lumière du monde, il ne faut ni attendre d’être surdiplomé, ni sûr de soi ; mais y aller. Aller, au gré de nos rencontres, au gré de notre vie, et rayonner de cette lumière, et être goûteux pour l’entourage. Simplement.Mais pas seul ; avec Dieu ; et avec le soutien de la communauté ; c’est bien là l’un des sens du culte ; se regonfler les batteries de la foi pour se regorger de sel et se redorer de lumière!!!!Enfin, ces paroles de Jésus nous disent que l’echec, quel qu’il soit, ne peut nous paralyser. Repartir. Repartir dans la vie. Ne pas tomber dans la fadeur du statique et la ténèbre de la paralysie du cœur. Repartir. Repartir dans la vie avec la joie du Christ, avec la paix du Christ.Vous rendez-vous vraiment compte de tout ce que le Christ veut nous apporter ?Sens ; soutien ; joie ; paix sur nos échecs. Alors, qu’attendons-nous ? AMEN.

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Le Paralytique

Textes bibliques: Marc 21

Ne sommes-nous pas en parfait décalage entre ce Jésus guérisseur et le Jésus auquel nous voulons accorder notre confiance?Ou bien encore voyons-nous ces textes comme un idéal qui ne sera plus jamais atteint, sinon peut-être dans le Royaume?…
Les église issues de la Réforme ont plus sûrement insisté sur les Ecritures en tant que parole qui transforme. Les églises issues de la mouvance évangélique auront plutôt accentué leur théologie sur la foi qui guérit en Jésus. Enseignement et guérison sont-ils compatibles? Ce texte concernant le paralytique est là pour nous montrer cette possibilité, et peut-être alors peut-il rafraîchir notre foi, de redonner un petit coup de fouet à notre foi en recevant personnellement ce message: "Lève-toi"!
En reprenant ce texte de Marc, la première allusion marquante est "Il leur disait la Parole". Voilà bien le ministère de Jésus: annoncer, dire la parole, cette parole de Dieu qui ne veut pas la rupture, ne veut plus se souvenir de nos péchés, mais veut la réconciliation, à tout prix Voilà la parole que Jésus leur dit. On peut alors se demander si cet envahissement de la foule dans une petite maison est vraiment un bon cadre pour dire la parole. On peut plus encore se demander si la survenue des quatre hommes portant leur ami sur un grabat ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe, ou comme une attitude irrespectueuse devant un enseignement certainement important…
Quelle drôle d'expédition d'ailleurs! Marc nous donne bien des détails de cette scène peu classique: de cet homme paralytique, on ne sait rien d'autre, sinon que c'est le seul épisode où Marc et Matthieu emploient ce terme de "paralytique", et qu'il ne se trouve nulle part ailleurs dans tout le Nouveau Testament!On sait aussi qu'il est sur un "grabat"; c'est le mot qu'emploie Marc, et ce mot est vulgaire!! Plumard serait plus noble! Le grabat était bien l'horrible lit puant de celui qui y passait ses journées et ses nuits entières…Malgré ce détail peu appétissant, ce paralytique a quatre ami; du genre "vrais amis", ceux qui ne vous lâchent pas dans le besoin ! Et ces amis vont faire un acte qui restera gravé dans la mémoire de milliards de chrétiens depuis deux mille ans: faire passer leur ami paralysé par le toit!Luc, curieusement, parlera de tuile qu'ils déplacent, comme s'il s'agissait d'une maison grecque ou romaine. Marc sera sûrement plus proche de la réalité, sachant pertinemment que les maisons galiléennes ont des toits en terrasses faits de branches et de terre battue, de torchis!Voilà donc nos quatre amis que l'on verrait bien, si la situation n'était pas si dramatique, faire un pari: "allez , pas cap' de le faire! Eh! Les gars, vous êtes pas chiche d'aller là-haut pour passer au travers du toit et nous rapporter un p'tit autographe de ce fameux Jésus!!" Là, on est plutôt dans une situation tellement désespérée qu'il n'y a plus trente six mille choix: soit couler de désespoir, soit être poussé par un espoir fou, grandiose!Voilà donc l'entreprise acrobatique de la dernière chance.Et Jésus VOIT leur foi! C'est la seule occasion où les évangélistes nous disent que Jésus a VU la foi de quelqu'un!Mais vous me direz que la foi ne se voit pas; si elle se voit, c'est que vous êtes soit illuminé, soit témoin de Jéhovah…Mais vingt siècles de christianisme nous ont bien appris que la foi ne fait pas appel au sens qu'est la vue!!Pourtant, Jésus nous apprend là que la foi est une chose qui se voit: la foi , ce sentiment mystérieux qui nous lie à Dieu, consiste à trouer le toit!!Ces hommes trouent le toit…Et pourtant, ils ne savent rien de ce que nous , nous savons: rien de la croix, de la résurrection, de l'incarnation; rien de l'Evangile, sauf…sauf peut-être ce que nous avons oublié et pourtant sans quoi la foi ne saurait se voir: que ce Jésus porte en lui la puissance divine qui sauve et qui guérit.Alors, c'est vrai que la foi ne peut se réduire à la confiance en une puissance; sinon, cette confiance pourrait se porter sur d'autres, semblant puissants; ou encore le risque serait de ne chercher en Jésus lui-même, que ce que l'homme désire et non l'Evangile dont il a besoin.La vraie foi se manifeste à ce qu'elle croît et non pas seulement à la force avec laquelle elle croît. C'est pour cela que Jésus commence ce récit en disant la parole, celle qui ancre dans la foi.Il reste que la foi n'est la foi que si elle veut avec force les choses promises, c'est-à-dire le salut, et si elle les cherche avec confiance en Jésus.Voilà donc bien l'articulation qui nous manque souvent entre actes et paroles, entre enseignements et guérisons: ce n'est que par ceux qui croient en la puissance et non pas seulement en l'exactitude de sa Parole, oui, ce n'est que par ceux qui croient en la vérité de sa parole, que des actes sont posés avec audace et persévérance, comme toujours quand la volonté et la fougue jouent. Alors, à travers eux, en eux, la foi se voit. Dieu la voit, les hommes aussi!!La foi dans notre texte est probablement celle des amis du paralytique, mais aussi celle de ce dernier qui a consenti à cette sorte d'entreprise. La foi là n'est pas attente individuelle; elle est, en quelque sorte, un climat social, l'attente commune d'un secours.Mais aussi, la foi est une démarche: ces hommes font un effort bien concret; certes, cet effort n'a de sens que parce que Jésus l'a rendu possible et urgent par sa présence.La foi n'est pas stricte acceptation! Elle met en mouvement les hommes vers celui qui est d'abord venu vers eux!!
La foi n'est pas toujours mentionnée dans les récits de guérisons; on le comprend aisément quand il s'agit de démoniaques, mais on trouve des cas différents, comme ceux de l'homme à la main paralysée, du sourd-muet, ou de l'aveugle de Bethsaïda…Alors, la foi n'est pas la condition sine qua non des guérisons; mais elle est souvent présente explicitement, par un détail ou une action.Mais la foi n'est ni le prix de la guérison, ni son moyen, ni sa condition. Il n'y a pas de guérison par la foi, comme il n'y a pas de salut par la foi!! Parce que ce n'est pas la foi, mais Jésus qui sauve; parce que ce n'est pas la foi, mais la grâce qui sauve!!Le lien alors entre foi et guérison est que la guérison n'a de sens que comme et pour rétablissement d'une relation.Pour Jésus, il est inconcevable de guérir les maladies des hommes sans guérir la maladie qui est l'absence de Dieu.Jésus, et c'est un point important, a récusé l'idée d'un lien direct entre le péché d'un homme et sa maladie. La maladie n'est qu'un signe du péché qui est dans le monde et là comme ailleurs "il n'y a pas de justice"!!Même si cela peut paraître insupportable, injuste à ceux qui souffrent dans leur corps, la seule libération physique d'un homme, ou bien encore une guérison où l'homme n'apparaîtrait que comme un objet, seraient d'un mépris suprême. L'appel à la foi n'est pas la rançon nécessaire pour être guéri, mais signe du respect que Jésus porte à l'homme, en son intégralité, corps, âme, esprit!!Voilà en quoi Jésus diffère d'un thaumaturge, d'un faiseur de miracles: chaque miracle de Jésus concerne l'homme total et s'attaque à la totalité du drame qu'il vit, comme malade ET comme pécheur.Que signifierait le rétablissement de la santé d'un homme s'il n'était aussi le rétablissement de sa relation avec Dieu, avec les autres et avec lui-même?Ainsi, dans notre texte, c'est le pardon qui est d'abord annoncé. Pas de raccourcis faciles, du genre: "lève-toi, prends ton lit et laisse-moi continuer mon enseignement".Plutôt, à partir de cette vision d'ensemble du drame humain, Jésus offre les chemins d'une vraie libération. Cette libération consiste en la guérison des maladies de l'individu et de la société, et nous pouvons voir dans sa guérison la promesse d'autres guérisons, d'ordre politique et social, pour une société paralyséeMais ces guérisons ne seront réelles que si elles sont attendues à la fois comme la conséquence et le signe de cette guérison fondamentale qu'est le PARDON, seule , unique source du rétablissement de la relation entre Dieu et les hommes et donc entre l'homme et son frère.Les maladies des sociétés ne sont qu'un signe: celui de la rupture de tout un faisceau de relations.La guérison du paralytique sera le signe de ce qui est réellement le miracle: le pardon.
Plusieurs pistes sont éclairantes pour nous grâce à ce texte:Tout d'abord, il y a cette parole première, celle qui nous enracine, qui nous transforme, qui nous annonce le bouleversement total. C'est cette "simple" phrase: "Tes péchés te sont remis".Cette parole, qui est posée sur chacune de nos vies, est la parole de pardon de Dieu.Ainsi, à ceux qui culpabilisent en permanence pour des motifs souvent vagues, et qui se minent le quotidien avec le poids de leur culpabilité, voilà une parole sure : Dieu te remet tes péchés, et c'est à toi d'accepter la force de cette parole sur ta vie. A toi d'accepter que tu ne peux rien par toi-même, mais que la force du pardon de Dieu qui te relève est totalement reconstructrice!
A ceux qui ont l'impression que le mot "péché" ne les concerne pas, ce texte montre que c'est pourtant là l'essentiel: l'Evangile ne peut rien apporter à quelqu'un qui se voile la face en relativisant ses actes manqués et ses ruptures. Mais l'Evangile peut devenir "bonne nouvelle" pour qui regarde sa vie et souffre d'une rupture, d'un manque, manque de relation, manque d'amour…Il faut certainement une dose d'audace pour croire en Jésus-Christ, croire en sa Parole. Il faut la même dose d'audace pour croire en l'action de Dieu aujourd'hui encore, et dans nos vies…Il est certes plus facile aujourd'hui à chacun d'entre nous de nous retrancher dans des explications plus ou moins acceptables sur l'apparent silence de Dieu plutôt que d'aller monter sur les toits des malheureux paralytiques!!Pourtant, ces amis, leurs actes, c'est bien aujourd'hui le rôle que l'eglise devrait avoir: porter ceux qui ont besoin d'entendre une parole, de vivre dans leur vie un "Lève-toi"!Alors, l'Ecriture pourra devenir pour nous tous, Eglise qui porte, Eglise qui vit, pour notre vie entière parole agissante.Je crois que si nous avions de temps à autre l'audace de ces quatre amis acrobates , nous serions surpris de constater que Dieu n'est pas loin.A votre avis, si ces quatre amis avaient attendu tranquillement chez eux en demandant mollement à Dieu: "Dieu, si par hasard tu nous entends, éventuellement, tu pourrais faire un petit quelque chose pour notre ami?", cet ami aurait-il reçu la réconciliation avec Dieu, la restauration de tout son être?Si cela avait été ainsi, certainement qu'eux aussi auraient ensuite élaboré de grandes théories sur le silence de Dieu et sa passivité…Je crois qu'aujourd'hui, il nous manque l'audace, pour nous et pour les autres. L'audace de croire que Dieu n'est pas seulement le compatissant, mais qu'il peut être l'agissant." Qui demande reçoit; à qui frappe on ouvre". Voilà peut-être la foi qui déplace les montagnes, plus exactement la foi qui déplace les toits qui nous manque. A nous alors peut-être, prenant pleinement conscience de ce miracle qu'est le salut qui nous est offert personnellement, de trouver ou retrouver cette foi…agissante, comme l'est la parole agissante de Dieu.: "Lève-toi, et va"! AMEN.

J'avais faim...

Textes bibliques: Matthieu 25


Depuis Martin Luther, nous sommes un peu fâchés avec le mot "œuvres"!!
Notre position n'est pas facile à la lecture de ce texte de Matthieu: nous oscillons entre deux alternatives: celle du salut par les œuvres, que nous dénonçons, et celle d'un humanisme où Dieu est le grand absent.
Je crois que ce récit, qu'on appelle souvent à tort "parabole du jugement", parce que ça n'a rien d'une parabole, n'est pas une affirmation que la foi est seconde, secondaire par rapport aux œuvres.
Entre une foi qui ne serait qu'adhésion à une croyance ( vous savez, le fameux « Seigneur Seigneur ! », sans retentissement sur toute sa vie, et action sans présence aimante de Dieu, Luther a développé toute sa théologie que Calvin reprendra: une foi qui produit; une foi qui n'est pas stérile.
Oui mais voilà; Pour beaucoup, être chrétien , c’est louer le Seigneur ; écouter la "bonne parole".; étudier la Bible, être obéissant et avoir une vie de prière. Point !La préoccupation de son prochain ( surtout celui qui est en-dehors de l'église) est alors parfois vue comme une « option ».
Mais alors, à quoi sert la foi si elle n'a aucune conséquence sur notre vie quotidienne, sur notre façon de penser, notre manière d'envisager nos relations aux autres?
La foi ne se limiterait-t-elle qu'à la satisfaction de notre relation à Dieu? L'Eglise n'est-elle que rassemblement d'amis de préférence de même milieu, vivant doucement dans un moëlleux cocon sans être jamais dérangée, interpellée, mise en mouvement?
Mais si la foi n’a aucune conséquence sur notre comportement vis-à-vis de notre prochain, que change-t-elle à nos vies?
Le fait que Jésus ne parle aucunement de la foi dans le texte paraît étonnant. On peut se poser la question de la valeur des œuvres par rapport à la doctrine de Paul de la justification gratuite sans les œuvres de la loi …
Matthieu, enseignant dans l'église quelque 30 à 40 ans après Paul ( ce qu'on a souvent tendance à oublier!), a affaire à une autre situation historique, qui se rapproche presque plus de la nôtre d'ailleurs: la préoccupation n'est plus celle de l'entrée gratuite des païens dans l'église mais celle de l'équipement moral des disciples déjà entrés dans la communauté. Avec Paul, il y a une exigence demandée pour les chrétiens qui viennent tout juste de se convertir, et qui vivent encore comme des païens. Paul va leur apprendre les fondements de la foi. Avec Matthieu, je dirais qu’on en est à la phase suivante, celle de la concrétisation de ce changement de vie dans sa relation à l’autre.
Ainsi, Matthieu insiste sur l'urgence inéluctable des œuvres, au service des frères, de l'amour actif dans et hors de l'Eglise en les présentant comme des ordres positifs du Christ .
Quoiqu'il en soit, ces œuvres sont bien signe d'une foi vécue.
Aujourd'hui, il est bon pour nous de nous demander ce qu'est la foi, à quoi elle sert, comment elle peut orienter notre vie.
Alors, qu'est-ce que la foi?
Autant de réponses certainement ce matin que de personnes présentes!!
Ce mot est presque comme le mot "amour": il suscite des réactions bien diverses et des compréhensions souvent toute personnelles!!
Des erreurs de compréhension se glissent parfois dans notre langage, quand par exemple nous parlons de confession de foi pour parler d'un "croire"
Luther dit, je le cite: "Par la foi, tu es uni à Christ, de telle manière que, de toi et de lui, elle fasse pour ainsi dire une unique personne, qui ne puisse plus être divisée, mais qui ne cesse de lui être attachée, disant : "moi je suis lui", alors que le Christ dit de son côté: "moi je suis ce pécheur".
La foi en Jésus-Christ est alors confiance dans les promesses de l'Ecriture qui sont l'Evangile de la justice de Dieu.
La compréhension réformée de la foi peut alors être "ramassée" dans le terme de confiance
. Cette confiance s'exprime dans la certitude de l'espérance, dans la joie et la hardiesse de celui qui trouve en Christ et ses promesses une manière différente de voir et de vivre le monde.
La foi est bien cette confiance qui met en relation le Dieu de Jésus-Christ et ma vie toute entière.et lui donne un sens nouveau.
La foi est donc bien cette œuvre de Dieu en nous qui n'a rien d'un bien-être intellectuel mais est vraiment relation avec une personne , relation intime du Christ dans ma vie, et moi en Christ!!
Cette façon d'envisager la foi montre bien qu'aucune foi n'est arrétée, n'est suffisante!! Comme si l'histoire d'un couple s'arrétait à la relation qu'ils ont construite seulement le jour de leur mariage!!!
Cette foi doit être nourrie, non seulement dans la prière ( et pas seulement la prière communautaire!), mais aussi par la lecture des promesses de Dieu, de la bonne nouvelle du Christ et en acceptant de se former , qui que l’on soit, pour ne pas avoir sa propre vision étriquée de la Bible!
Cette nécessité de nourrir sa foi n’a pas un but intellectuel ; le but est de mieux discerner, par la foi, ce que Dieu attend de nous, ses disciples.
Ainsi, c'est à nous de nous demander quel message Jésus nous a laissé.
Immédiatement, je pense à tous ces visages devant lesquels Jésus s'est arrété: ces lépreux, ces prostituées, ces voleurs, ces malades, ces impurs…Tous ces gens cités dans les Béatitudes…Toutes ces personnes citées dans notre texte de Matthieu 25.
Tout le ministère de Jésus s'est passé en étroit contact entre la Parole, la Parole de Dieu, et la vie d'hommes et de femmes désemparés, vides de sens…Etroit rapport entre les deux commandements que Jésus nous laisse: "Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée…et tu aimeras ton prochain comme toi-même".Deux commandements indissociables, qui nous renvoient au rapport que nous avons avec les autres: "Pourquoi m'appelles-tu Seigneur seigneur, et ne vois-tu pas ton frère qui est dans le besoin?".
Jésus s'est élevé contre les juifs qui intellectualisaient la religion, faisaient passer la religion avant l'homme, faisaient de la religion un savoir et non un vivre.
Ce passage de Matthieu 25 n'est donc absolument pas isolé du reste de l'Evangile; il rajoute juste une échéance, celle du jugement dernier, où la foi active ne sera pas optionnelle sous le regard de Dieu!!
D'ailleurs, il faut noter dans notre passage comme dans tout le premier Evangile l'importance du verbe "faire"; ce ne sont pas les intentions, ni les sentiments, mais les gestes de secours qui comptent au jugement dernier. Aucun texte du Nouveau Testament certainement n'exprime plus clairement l'idée que s'abstenir de servir est aussi grave que le crime lui-même; et bientôt le johannisme enseignera que ne pas aimer, c'est haïr!!
Alors la question centrale pour nous est de nous demander comment vivre la foi, concrètement…Ce qui revient à se demander: Comment, en vivant avec Christ qui vit en moi, vivre ma vie, ma vie au quotidien!
Si Le message de Jésus, le Christ, est bouleversement total: on ne peut croire qu'être chrétien, c'est aller au culte de temps à autre , et vivre comme on l'entend, c'est-à-dire souvent pas différemment de bien de nos contemporains qui vivent sans Dieu!!
Si la foi ne change rien à notre vie, alors nous sommes limités à une foi intellectuelle qui ne s'appelle pas foi, mais savoir!!
Cette foi qui veut nous bouleverser veut bouleverser nos négligences, notre temps que nous maitrisons mal et qui passe trop vite sans se soucier de l'autre.
Cette foi qui est adhésion à Jésus le Christ veut nous bousculer dans notre regard plein de présupposés et de manipulation; veut nous arrêter net dans nos paroles de jugement de l'autre.
Cette foi qui m'unit intimement au Christ doit me pousser dans le même temps à son obéissance, à une éthique valable dans l'Eglise mais pas réservée aux chrétiens, proposée à tous les hommes!
Il est parfois bien facile de penser que nous ne sommes qu'une goutte d'eau dans l'océan de misère; et que cette misère est trop lourde pour nos épaules.
Si tous les chrétiens de la terre, unis à tous les autres hommes de bonne volonté, arrêtaient cette pensée malhonnête, ça en ferait du monde pour avoir envie de changer la face de la terre!!
Mais je crois qu'avant de pouvoir regarder vers les autres, il faut d'abord faire place nette.
Faire place nette, c'est se retrouver soi-même nu devant le Christ, c'est-à-dire vrai; se retrouver en vérité devant Celui qui nous connaît mieux que nous-mêmes pour lui déposer nos vies; nos vies avec nos fardeaux, avec nos histoires trop lourdes à porter, avec nos loupés qui nous collent à la peau, avec nos fautes plus ou moins enfouies, avec nos remords et nos défauts.
Etre honnête avec Dieu. Alors, là, là seulement, Dieu peut aider, nous aider, en venant habiter en nous. Alors, là, Dieu peut devenir le compagnon de nos vies, celui qui porte, celui qui impulse courage et envie; celui qui nourrit et aide; celui qui, même s'il reste mystérieux sur bien des points, peut devenir l'hôte de nos jours et de nos nuits; de nos oasis de bonheur et de nos déserts arides.
Se retrouver face à Dieu avant de se retrouver face à l'autre, le nu, l'étranger, l'assoiffé, le prisonnier, le souffrant.
La voilà, la foi qui peut , aujourd'hui encore, transporter les montagnes! Cette foi qui nous apporte tellement, avec ses moments forts et aussi ses moments de doute et de remise en question; mais cette foi toujours en fil rouge dans notre vie, qui ne peut être gardée pour soi, mais doit exploser pour les autres.
Alors, curieusement, ce texte de Matthieu 25 qui ne parle pas une fois …de foi, aura été l'occasion d'en parler; parce qu'un chrétien qui ne prie pas ou plus, un chrétien qui ne fait pas confiance à Dieu; un chrétien qui ne croît pas que Dieu peut être agissant, ne peut pas croire non plus qu'il pourra aider l'autre.
Alors, certainement qu'avant d'aider tous ces hommes, femmes et enfants qui attendent de notre part un geste, une parole, un acte, un partage, faut-il s'ouvrir, ou se ré-ouvrir à la folie de la foi, la folie de non seulement croire mais aussi vivre, expérimenter que Christ vit en moi, a fait sa demeure, son habitation en moi, veut faire naître ou ranimer cet histoire d'amour folle en moi!!
Alors, le feu de Dieu nous donnera une force d'action, une conviction dans nos actes, plus fort que tout. Ce feu de Dieu sera la lumière du chemin de notre vie.
Et là, au dernier jour, nous serons tous surpris d'apprendre que ce que Dieu lui-même nous a donné la force , la joie et la paix de faire pour notre prochain, nous l'avons fait en réalité pour Christ!AMEN

21 juin 2007

Fête de Gap

Gap(05)

A quoi ça sert la guerre ?

Textes bibliques:


Maman, à quoi ça sert, la guerre ? Thomas, huit ans, vient de demander ça à sa maman. Sa maman, en train de cuisiner, lui répond : « ben, à rien ! ».« Mais alors, maman, pourquoi ça existe ? »« Bon, Thomas, va demander ça à papa » dit la maman plongée dans la surveillance de sa quiche au four.« Papa, relance Thomas. A quoi ça sert la guerre ? ». Le papa aurait bien voulu lire son journal tranquillement. Il vient de lire l’article sur les quarante cinq ans de cessez-le-feu de la guerre d’Algérie ; il a déjà lu les détails du dernier raid israëlien sur le Liban; il est rapidement passé sur le nombre de morts en Iraq parce que c’est quotidien, et il s’apprête à lire les attaques à la machette des rebelles soudanais au Darfour.
« Pourquoi tu me parles de la guerre, Thomas ? Y a plus de guerre ! C’est encore papi qui t’a raconté des histoires de sa jeunesse ? chaque fois qu’on se rapproche du 8 juin, c’est pareil ! Allez, va jouer avec tes action man…à la guerre !! ».Thomas repart un peu déçu. Il va voir son frère Quentin ; « Quentin, à quoi ça sert la guerre ? ».Quentin, lui, a des choses à dire. « La guerre, ça sert à tuer les autres quand t’es pas d’accord avec eux ! ».Ah ! c’est donc ça !!Quand tu n’es pas d’accord, poum, tu tires, et tu tues !C’est vrai qu’il a entendu à la télévision l’histoire d’un jeune qui s’était disputé avec un autre et qui l’a attendu à la sortie du lycée pour le tuer…Et avant-hier, il a aussi entendu qu’un juge s’était fait poignarder par une femme qui n’était pas d’accord avec la décision rendue…
Thomas continue : « dis Quentin, quand même, y a pas d’autre solution que de tuer si on n’est pas d’accord ? ».« Ben…non ! si tu veux garder la face, t’as pas le choix ; sinon,tu perds ton temps et en plus tu te fais écraser ».
Thomas, ça l’embête un peu qu’il n’y ait pas d’autre solution.Il va alors dans sa chambre ; et à vrai dire, il n’a pas très envie de jouer avec ses action man ; parce qu’au bout du compte, c’est toujours action man qui gagne , c’est vrai ; mais action man, quand tout le monde a été tué, il se retrouve tout seul. Et c’est triste d’être tout seul si on a tué tout le monde !!!Alors, Thomas prend un livre que lui a offert sa marraine ; c’est une Bible illustrée. Alors, Thomas se plonge dans le récit.
Franchement, le coup de l’autre joue qu’on doit tendre, c’est un peu fort non ?Une fois, ça lui est arrivé de se battre dans la cours ; il n’était pas fier après parce qu’il a eu une punition et qu’il a du faire signer son cahier de liaison… Il avait peur d’être grondé…On lui avait piqué son goûter, il n’allait pas se laisser faire quand même !! Mais son père ne l’avait pas grondé ; T’as raison mon fils, te laisse pas faire.
Thomas, il a un gentil cœur. Il n’aime ni les disputes, ni la bagarre. Il aime…la douceur. Pour un garçon, c’est nul. Son frère Quentin n’arrête pas de le lui dire. Il lui dit : « t’es trop nul toi ; quand les autres verront que tu ne te défends pas, tu vas devenir leur souffre-douleur. »Thomas, il n’aime aucune forme de violence. Quand son papa est au volant, Thomas n’apprécie pas toutes les insultes que son père profère systématiquement. Il n’est pas ravi non plus de ne plus voir ses cousins, parce qu’il y a eu une grosse dispute entre les parents et que depuis, ils ne se parlent plus. C’est sûr, chacun dit avoir raison…
Quentin son frère lui dit aussi qu’il faut se défendre…Si tu ne te défends pas, si tu laisses faire, tiens , tu finis…tu finis…Et bien justement, tu finis comme Jésus !Tu vois, il était tout gentil ; rappelle-toi à l’école biblique le coup des rameaux : Jésus sur son petit âne. Les gens aussi ils étaient contents ; ils lançaient des branchages et des vêtements pour que la route soit plus douce pour les pattes du petit âne. Mais le vent a tourné. « Jésus, il était trop gentil, lui dit parfois son frère Quentin. Moi, j’aurais été lui, j’aurais pris tous mes disciples, je leur aurais donné une épée à chacun, et ouaouh, j’aurais pas fini comme lui ! ».
Thomas tourne la page de son livre ; l’illustration montre Jésus sur une croix.Son grand-père lui a appris un jour que le mot « crétin », ç’est un dérivé de « chrétien ». Parce que les chrétiens du début, ils se laissaient faire…Alors, forcément, il leur arrivait malheur.Quel monde cruel tout de même, pensait Thomas…Il avait lu un livre qui racontait l’histoire de grands personnages qui avaient marqué l’histoire : il y avait un certain Martin Luther King, un pasteur noir des Etats-Unis, qui voulait l’égalité de tous les hommes et parlait de non-violence…Il avait même noté dans son cahier une phrase de lui qu’il aimait bien et qui disait : « rendre coup pour coup, c’est propager la violence, rendre plus sombre encore une nuit déjà sans étoiles. Or, les ténèbres ne peuvent se dissiper par elles-mêmes. C’est la lumière qui les chasse. De même la haine ne supprime pas la haine. Seul l’amour y parviendra. C’est là la beauté de la non-violence : libre d’entraves, elle brise les réactions en chaîne du mal. »Oui, Thomas trouvait beau ce texte.Martin Luther King, non violent…mort assassiné. Et puis un autre, appelé Gandhi, en Inde. Qui parlait de non-violence, qui disait que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené…mort assassiné.Thomas se dit que vraiment, vouloir la paix, c’est prendre des risques de mal finir !!Notre monde entier est en proie à la violence, et au droit du plus fort. Ca s’appelle la loi de la jungle. Ca s’appelle hurler avec les loups. Gandhi disait : « œil pour œil rendra le monde aveugle ».Thomas ressentait quelque chose en lui-même. Il sentait que Jésus, acclamé le jour des rameaux, roi de la fête pour un jour, serait comme ce M. Carnaval qu’on brûle en lui mettant sur le dos toutes nos bêtises. Et il se demandait pourquoi, après cette fête des rameaux où il avait toute la foule avec lui, il ne s’était pas rebellé à son procès ; pourquoi il s’était laissé faire, laissé cracher dessus, fouetter… Roi d’un jour, et mis à mort cinq jours après.Oui, mais comment faire passer un message d’amour si on cherche soi-même vengeance ? si on se rebelle pour sauver sa peau ?Dommage, se dit Thomas, qu’il y ait si peu de gens qui croient en la paix ; si peu qui essaient de la vivre chaque jour en ne répondant pas aux agressions…Ca changerait sûrement le monde si chacun y mettait du sien…Alors, là, Thomas comprit…Si Jésus s’était laissé faire, à la croix, c’était certainement pour témoigner au monde que la violence ne sert à rien, et qu’elle n’empêche pas les messages de paix de circuler…2000 ans après.Jésus acclamé aux rameaux, c’est une part en nous qui recherche cette paix, qui y croit, qui espère en un monde de douceur et d’amour où tous les hommes vivraient en bonne entente en se respectant. Mais la croix cinq jours après, c’est tout ce qu’il y a de mauvais en nous qui a rattrapé l’humanité : la soif de pouvoir ; l’envie de faire taire celui qui parlait d’amour et de paix. Alors, Thomas, du haut de son âge, il a pris une grande décision : il a décidé de croire à la paix possible dans le monde. Il a décidé que ça commencerait par lui ; non, il ne répondra plus aux insultes dans la cour ; non, il ne cherchera plus à avoir toujours raison à la maison ; non, il ne cherchera plus toujours en premier son intérêt. Au moins, se dit Thomas, Jésus ne sera pas venu pour rien si je vis comme ça, en voulant la paix.Alors là, Thomas, il a entendu au fonds de son cœur une petite voix, légère comme le souffle, douce comme la brise, mais en même temps forte comme le vent, qui lui disait : « dans ta décision de vivre en paix avec les autres, Thomas, tu ne seras pas seul ; je serai avec toi, je te le promets ».Vivre en paix avec les autres…Thomas avait le cœur joyeux ; il venait de comprendre que vouloir écouter Jésus, vouloir le suivre , ce ne serait peut-être pas facile tous les jours, mais que ce même Jésus l’accompagnerait tous les jours de sa vie pour changer le monde .Et si nous aussi, nous devenions des hommes, des femmes et des enfants de bonne volonté, ayant envie aujourd’hui de crier à Jésus sa joie, et de lui dire chaque jour : « Seigneur, aide-moi à ne pas rendre les coups ; aide-moi à ne pas insulter les gens ; aide-moi à ne pas me venger ; aide-moi à ne pas avoir de rancune, de rancœur, de haine » ?. A coup sûr, le monde changerait. Amen.

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13 mai 2007

J’aime la loi…elle fait tout à ma place !!

J’aime la loi…elle fait tout à ma place !!


- « Madame le pasteur, c’est combien vos tarifs pour l’enterrement de mon père ? »
- « Nous n’avons pas de tarif défini, pas de règle. C’est en votre âme et conscience que vous versez à l’Eglise qui ne vit que de dons ce que vous décidez vous-même de donner ».
- « Ah oui, mais c’est pas facile. J’aurais préféré un chiffre ; alors dites-moi ! »
- « Non Monsieur ; c’est à vous de prendre votre décision de ce qui vous paraît juste ».

Ce genre de discussions, je l’ai à peu près à chaque enterrement.
Hélas, ce discours n’est pas toujours très porteur de fruits…
Certains vont alors demander à leurs amis catholiques ; là, les tarifs sont au moins clairement affichés.
D’autres seront un peu mal à l’aise mais donneront ce qu’ils pensent être « légitime » ( et ce mot ne vient-il pas du mot « loi » ?!!!)
Enfin, certains prendront cet appel à la responsabilité comme une invitation…à ne rien donner. Après tout, si on ne fixe pas de tarifs, de règles tarifaires, c’est bien qu’on n’en a pas besoin, n’est-ce pas ?!!!!

Autre exemple ; lorsque j’enseignais la philosophie aux classes de Terminale, l’un des thèmes abordés était la liberté. Bien évidemment, on y abordait la dimension de la loi.
Un jour, un élève a affirmé devant toute sa classe : « m’dame, les lois , elles sont nécessaires ; toutes les lois ».
Moi, un peu étonnée de ce jeune de 18 ans affichant une attitude détonnant de celle des autres, lui demandais pourquoi il pensait ça…
Bin m’dame, les lois, elles sont faites…pour être contournées !! si y a plus de loi, c’est plus amusant quoi !!!

L’humain aime la loi.
En règle générale, l’Homme a besoin de lois, de règles.
Et c’est vrai que pour un « vivre ensemble », pas question de n’en faire chacun qu’à sa tête.
La loi rassure. La loi sécurise. La loi évite aussi parfois de trop réfléchir. Elle permet aussi certaines fois de ne pas se « mouiller » personnellement.
Peut-être alors est-ce l’un des grands points qui nous distingue du catholicisme.
L’Eglise catholique édicte des règles, des doctrines, des lois qui lui semblent en adéquation avec sa lecture des textes. L’Eglise catholique a des règles pour tous les domaines de la vie, que ce soit dans le domaine spirituel, ou dans tous les domaines éthiques.
Le protestantisme, depuis la réforme, a une perception de la conscience personnelle comme étant seule valable, à la lumière de l’Esprit saint.
Pas facile. Pas facile du tout même !!
Imaginez . On dit aux français dès demain : bon, vous tous, vous avez un certain travail à faire ; faites-le ; passez-y le temps que vous pensez nécessaire. A vous de gérer votre temps de travail…Et ce pour tous les postes !!!
Bonjour la pagaille et l’anarchie !!!
Oui, l’Homme a certainement besoin de lois, de codes.
Mais qu’en est-il de notre façon de vivre et de faire des choix ?
Qu’a voulu dire l’apôtre Paul lorsqu’il dit : « Tout m’est permis mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis mais tout n’édifie pas ? »

Dans un premier temps, je montrerai la nécessité de la loi pour l’homme ; puis en quoi elle présente des limites et en quoi dans certains domaines elle est devenu valeur caduque.
Puis je partagerai avec vous ce qui me semble être une nouvelle manière de vivre, d’envisager la vie, une fois la page de la loi tournée.


Lorsque j’étais étudiante en théologie à Aix, la grande question que nous nous posions, nous étudiants, était de savoir si le dimanche…nous pouvions réviser…
J’en vois qui sourient !!! C’est pourtant très calviniste comme question.
Ayant posé la question à notre professeur de théologie systématique, il nous répondit que le dimanche était le jour totalement consacré au Seigneur, et qu’il n’était en aucun cas question de réviser…
J’étais en retard dans mes révisions…et donc très embêtée… valait-il mieux violer la loi du sabbat et avoir des résultats corrects à mes examens… de théologie ( donc pour servir…Dieu !!), ou bien observer le sabbat, …et repasser mes examens en Septembre ?
J’ai péché discrétement contre la Loi…et j’ai eu mes examens, tout en culpabilisant… !!!
La loi en tant que vivre ensemble est nécessaire ; le code de la route ; le code pénal ; le code civil ; certaines normes, notamment de sécurité, sont pour le bien de l’homme.
Mais nous sommes bien d’accord que ces lois sont faites pour servir l’homme, et non l’homme là pour servir les lois.
Et c’est souvent cette confusion qui est dérangeante.
Dans le passage des Actes, la question est de savoir si la circoncision est nécessaire, essentielle même ; condition de salut.
Le sabbat a été fait pour l’Homme, et non l’homme pour le sabbat.
Et je crois qu’il en est de même pour toute la vie de l’Eglise : le baptême a été fait pour l’homme et non l’inverse ; et le baptême n’est pas une nécessité pour Dieu.
Ma mère, à l’âge de 60 ans, m’avoua un jour en pleurs qu’elle avait fait sa confirmation et sa communion à l’âge de 15 ans, mais qu’elle n’avait jamais été baptisée…Et elle me demanda s’il fallait qu’elle passe par les eaux du baptême pour être sauvée…n’était-ce pas du légalisme ?
La sainte cène n’est pas une nécessité , une règle pour Dieu…c’est un cadeau !!!
La pratique à l’Eglise n’est pas une loi, c’est une grâce !!!
On ne vient au temple ni pour gagner quelque chose, ni pour faire plaisir à Dieu !!!
Mais notre naturel légaliste nous rattrape souvent : les règles, on les aime ; je disais tout à l’heure qu’elles rassurent. La robe pastorale, ça rassure. La chaire, ça rassure. Lire la Bible uniquement dans la version protestante Segond ( de préférence pas révisée !!), ça rassure…
Pourquoi pas…
Pourtant, le texte des Actes nous montre les dangers d’une pratique qui ne serait plus concentrée sur l’essentiel, c’est-à-dire la relation au Christ, mais sur ce qui est censé nous aider dans cette relation. Et donc n’être qu’instrument ?
L’important est-il la relation au Christ ou la circoncision ?
L’important est-il la position des bancs dans le temple ou la lecture de la Bible ?
L’important est-il de chanter les psaumes de nos ancêtres ou de louer Dieu de tout notre cœur ?
L’important est-il de se réclamer du protestantisme et de ses ancêtres galériens ou est-ce d’avoir à cœur d’avoir une relation vivante, véritable à Jésus-Christ ?

La loi, les lois, ne peuvent en aucun cas être un frein, un filtre à notre relation à Dieu.
La loi, les lois, ne peuvent en aucun cas être un frein, un filtre à notre relation aux autres, nos prochains.
Aucune loi, aucune règle ne doit être là pour désunir ; pour éloigner ; pour angoisser ; pour asservir.
Mais, me direz-vous, alors comment faire ? comment vivre ?
Le texte de l’Evangile nous donne la clé.
Oui, c’est vrai, le peuple du premier testament n’a pu respecter les lois et autres règles . Il s’est fourvoyé ; il n’a pu que constater ses échecs.
Dieu a donc envoyé son fils, le seul qui ai pu vivre totalement les lois, les commandements, sans qu’ils ne deviennent pierre d’achoppement.
Mais le Dieu de Jésus –Christ, après ce dernier, ne nous dit pas : « maintenant que vous avez eu le Christ, débrouillez-vous ».
Voilà La clé qui peut nous permettre d’avancer, non plus en petits enfants incapables de se débrouiller sans règles, lois, décrets et autres commandements :
Cette clé s’appelle l’Esprit-Saint.
« je ne vous laisse pas seuls ; je vous donne la paix ; je vous donne ma paix. Je vous envoie un consolateur , l’esprit saint ».
L’Esprit- saint ? Quésaco ?
Oh ! juste une petite lumière qui, quand nous avons des décisions à prendre, nous permet de ne pas rester dans le noir. Nous permet de ne pas nous précipiter vers la première loi, la dernière règle édictée.
L’Esprit-saint ? C’est Dieu qui nous veut enfin adultes !!! Finis les « fais pas ci, fais ça » !!!
Maintenant, c’est le temps venu de la grâce, où Dieu nous veut responsables. Veut que chacun d’entre nous prenne des décsions qui lui semblent en accord avec sa volonté, avec ce qu’il y a de mieux. Eclairés par lui, par son Esprit.
Et tant pis si nous nous plantons. Tant pis si parfois nos décisions échouent. Nous aurons été responsables, et Dieu nous relèvera.
Après cette période électorale mouvementée, je crois qu’il nous faut chacun reprendre conscience que c’est Dieu, avant toute personne et avant toute chose, qui nous veut militants. Militants de la liberté responsable ; militant du choix personnel éclairé ; militants de la décision adulte et non pas dictée ; militants des choix qui nous permettent d’avancer ; et de faire avancer son royaume, parce que faisant avancer l’humanité.
Faut-il être circoncis ?
Faut-il aller au temple tous les dimanches ?
Faut-il chanter 30% de cantiques anciens dans chaque culte ?
Faut-il adhérer à tout sous prétexte que la majorité pense ceci ou cela ?
La seule loi valable, c’est la loi d’amour de Jésus-Christ, qui nous a appelés à la liberté pour changer le monde et faire de nos vies des louanges à Dieu.
Alors, à nous de relever les manches de notre cœur, les manches de notre responsabilité, les manches de notre engagement chrétien, en remettant nos décisions comme nos incertitudes à Dieu.
Et là, nous nous approcherons de son Royaume.Guidés par son Esprit.
Amen.

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15 avril 2007

Dieu présent...

Textes bibliques:
- - Jean 21: 1 à 9
- - Luc 5


On s'attend bien, avec ce genre de passage, à entendre un message de ce type: "Comme les disciples, nous avons la vilaine habitude de douter, de rester dans nos échecs; ce n'est pas beau; ce n'est pas une conduite évangélique…"
Bref, une petite leçon de morale pour nous dire que quoi qu'il en soit, il nous faut avoir confiance en Dieu…
Mais si le message se résume à cela, sortirons-nous enrichis par ce texte, et ce culte?
Je vous propose de voir dans ce texte une véritable affirmation du Dieu présent, du Dieu qui n'est pas plus silencieux aujourd'hui qu'il y a deux mille ans. D'un Dieu présent qui se veut accompagnateur de nos vies, mais sans nous vouloir végétatifs! Présent pour l'action; présent dans les projets; présent dans notre témoignage; présent pour mener notre barque de vie et d'église.

Ainsi, voilà une curieuse apparition, qui gêne souvent les lecteurs de cette fin d'Evangile qui a souvent été considérée comme un gros rajout tardif.
Et cette apparition est présentée au début et à la fin comme une "manifestation". Ainsi, l'auteur nous montre une continuité entre les manifestations du Jésus terrestre, et celle du Jésus glorifié.
Il n'est pas un autre; il n'est plus le même. Il est le même glorifié…!

Je dirais alors avec ce texte que …la boucle est bouclée! Souvenez-vous, dans le texte de Luc 5, où Jésus appelle ses disciples: les deux récits ont en commun la mention d'une pêche nocturne infructueuse de Pierre et de ses compagnons. Nous retrouvons dans les deux récits également l'intervention de Jésus demandant de jeter les filets et le succès extraordinaire de la pêche, le rôle particulier de Simon-Pierre.

La boucle est bouclée pour plusieurs raisons: tout d'abord , parce que nous voyons que malgré l'avoir suivi durant tout son ministère de trois années, on peut dire que rien n'a changé!! Les disciples sont les mêmes, avec leurs mêmes galères ( c'est le cas de le dire!); les problèmes sont ainsi équivalents; le quotidien est bien celui qui vous absorbe tellement une personne qu'elle vous en fait oublier tout le reste!!
En même temps, la boucle est bouclée parce qu'on retrouve chez Pierre la même discipline dans les deux récits; comme on l'a vu il y a peu de temps, Pierre se laisse à nouveau donner une leçon par un débutant en matière de pêche; il est docile devant un étranger ( puisqu'il ne reconnaît pas Jésus). Alors, soit Pierre était vraiment un gentil gars qui ne voulait pas froisser un compatriote; soit ce quotidien le rendait trop las pour avoir une quelconque réaction personnelle…
Toujours est-il que ce deuxième récit de la fin de Jean réhabilite en quelque sorte Pierre, que l'on avait laissé avec un goût amer de reniement!!

Ce retour des disciples à leur activité antérieure de pécheurs pourrait faire référence à la dispersion qui a suivi la mort de Jésus et qu'il avait prédite, au chapitre 16, en disant: "Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul…".
Là, la parenthèse semble fermée. Le petit mieux que l'on peut constater par rapport au chapitre 20, c'est que les disciples ne sont plus enfermés; enfermés dans leur peur; enfermés dans leur chagrin; enfermés dans le non-sens…
On peut presque dire que le travail de deuil est terminé!! On ne peut pas leur en vouloir: on peut rester sans véritable travail pour une bonne cause; mais juste pour pleurer quelqu'un qui a fini comme un brigand…mieux vaut retravailler! Pour la réputation comme pour les bouches à nourrir, oui, il vaut mieux reprendre la pêche!!
Chacun a donc repris son métier. Mais il est vrai que l'insuccès de leur pêche peut symboliser la désillusion et l'infécondité, la stérilité de leurs actions en l'absence de Jésus.

L'identité de Jésus au bord du lac n'est connue que des seuls lecteurs. Aprsè avoir constaté pendant tout le chapitre 20 que Jésus s'est manifesté plusieurs fois à ses disciples, comment comprendre que là, personne ne le reconnaît? Est-ce parce que ce texte est indépendant du chapitre 20, est un rajout tardif?
Certains l'affirment.
Et pourtant, il me semble que chacun d'entre nous a pu vivre cette situation! A qui n'est-il pas arrivé de reconnaître à un moment précis de sa vie l'action de Dieu? De ne pas douter qu'à ce moment-là, c'était bien Dieu qui était intervenu, et d'avoir l'impression qu'on pourrait désormais reconnaître la main de Dieu partout où elle serait dans notre vie? …Pour ensuite, mettre tel ou tel événement sur le compte de la chance, ou du hasard?!!!
Le doute est bien celui qui aveugle non seulement les yeux, mais aussi le cœur et l'âme!!

Ici, curieusement, ni la présence de Jésus, ni même sa parole ne permettent de l'identifier. Ni sa présence, ni sa parole…
Ce sera le signe qui permettra d'ouvrir les yeux du disciple que Jésus aimait… Le signe! Ni sa présence, ni sa parole…Un signe!!!
Cette vision des choses peut sembler aller contre la position réformée des signes visibles!!
Et pourtant, la définition des sacrements est bien pour nous: "signe visible d'une grâce invisible!!"
Le signe ne sera pas une fin en soi; le signe va éclairer la présence et la parole. Le signe en lui-même d'une pêche miraculeuse ne serait pas grand-chose à lui tout seul: une bonne pêche, c'est sympa pour les finances de la semaines, mais sans plus!!
Là, le signe va être le révélateur. Il va être cette goutte d'alcool qui donne toute sa puissance à une essence de plante!!
Pierre se détache du groupe, manifestant ainsi sa fougue traditionnelle. Au fonds, ce Pierre, il est entier. Tellement entier qu'il passe à côté de l'essentiel. Tellement tête baissée et impulsif qu'il ne prend pas le temps de la réflexion. Ah! certes, il en faut qui foncent! Il en faut qui ne créent pas commission sur commission à la moindre décision à prendre. Mais lui, il fonce. On me dit "jette ton filet", je jette mon filet!!

Et après tout, il a eu bien raison de ne pas créer de commission, puisque ça marche!
Pierre tire un filet rempli de 153 poissons.
Ah! que ce chiffre a fait couler de l'encre! Merci Jean!
D'après saint jérome, cela pourrait signifier la plénitude, puisque les zoologistes grecs ont répertorié 153 espèces de poissons! Saint Augustin a cherché une autre explication, notant que le total s'obtient en additionnant les chiffres de 1 à 17!
Il est vrai qu'à l'époque, les interprétations allégoriques étaient très recherchées ( et je dirais qu'aujourd'hui rien n'a changé puisqu'on s'amuse à publier des livres sur la numérologie des versets bibliques…).
Je crois que nous pourrons retenir de ce chiffre qu'il est grand, et précis! Grand, dépassant largement ce dont une famille de pêcheurs a besoin pour vivre. Et précis, pous montrer qu'un tel détail ne s'invente pas! Et le miracle est plus accentué encore par la solidité du filet qui, exactement comme la tunique d'un pièce de Jésus, ne se déchire pas , ne se rompt pas ( le même verbe y est employé pour ces deux moments…)

C'est alors que vient le moment du repas.
Lorsque la pêche est achevée, Jésus prépare pour ses disciples le repas, fait de pains et de poissons. Mystérieusement, tout est prêt( tiens, cette phrase nous rappelle quelque chose!); prêt avant même que les fruits de la pêche aient été accessibles à Jésus… Alors, c'est vrai que le repas fait de pain et de poisson ne correspond pas aux éléments du repas que Jésus lui-même avait institué pour la cène; et pourtant, la formule "il prend du pain et le leur donne" est la même que pour la multiplication des pains au chapitre 6.


Quels éléments peut-on alors retenir de ce passage, pour nous aujourd'hui?
Tout d'abord, il me semble qu'il n'existe pas un modèle de foi humain
, et c'est rassurant pour chacun d'entre nous! Ces hommes qui ont suivi Jésus pendant trois ans de vie, qui ont fait de grandes choses avec lui; qui ont vu et entendu de grandes choses qui vont bouleverser la vie de milliards de personnes jusqu'à nos jours; ces hommes, après le grand bouleversement de la foi, vont être à nouveau grignotés par leur quotidien; vont à nouveau partir dans le but de chercher du pain terrestre, de gérer leur petit quotidien fait des mêmes choses que pour nous!!
Ce qui tend à montrer que même la foi la plus grande, même la pratique la plus régulière peut légitimement avoir des hauts…et des bas!!
Quoi? suis-je en train de vous dire que vous pouvez vous livrer sans problème au désespoir du doute? que vous n'avez pas grand choses à perdre de ne pas venir nourrir votre foi au culte?
Non! Je crois plutôt ce récit déculpabilisant par rapport aux modèles de foi que nous nous imaginons parfois, ou que nous rencontrons peut-être.
Le doute, l'envie de prendre du recul par rapport à une pratique cultuelle, peuvent être légitimes, parfois même nécessaires dans une vie. Pas pour y stagner. Pas pour s'y perdre. Pour mieux repartir parfois avec une foi renouvelée; une lecture rafraîchie de l'Evangile; une relation à Dieu plus saine. Ou même un temps de désert qui fait prendre conscience de la nécessité de Dieu dans sa vie.

Ensuite, la deuxième chose très rassurante est que Dieu est conscient de notre difficulté à le reconnaître. Nos yeux, les yeux de notre cœur sont souvent aveuglés. Et il peut arriver un moment où l'on ne voit plus Dieu nulle part; dans rien; ni dans sa vie; ni dans celle des autres; ni dans certains événements. La perception de Dieu se meurt alors, et nous croyons que c'est Dieu qui est mort!!!
Alors, dans ces moments-là, pour ces moments-là, Dieu nous donne un signe; un signe visible, comme le pain et le poisson; le pain, et le vin.
Et cela me donne l'occasion de dire que ce repas que Dieu nous offre par le Christ n'est pas fait seulement pour les jours où notre foi est impeccable, forte, belle, à soulever des montagnes. Cette cêne-là nous est offerte dans les moments où nous ne reconnaissons plus rien de Dieu; où il nous semble le grand absent; où sa parole n'a plus d'effet sur nos vies; où nous ne le reconnaissons même plus dans l'action de nos contemporains. Un signe "spécial pannes sêches!!". Pas un signe super-magique; un signe visible, qui nous donne de retrouver le sens-même de l'invisible pour les yeux!!

Ces deux points, le premier qui est le fait que la foi n'est jamais parfaite, jamais arrivée, jamais un fait une fois pour toute sa vie; le deuxième, qui est la reconnaissance par Dieu lui-même qu'il est difficile de la reconnaître sans le voir, et où il nous donne à vivre le baptême et la cène, ne sont pas là juste pour que nous puissions dire en sortant du temple: "super, j'ai ma foi remontée; je sais qu'Il est là'".

C'est en même temps un appel. Un appel urgent à faire de sa vie ce que Dieu veut que nous en fassions!!
Des rayons de lumière pour les autres;
des porteurs d'espérance pour ceux qui se meurent de non-sens;
des sourires confiants pour ceux qui ne savent plus vivre; des espaces de paix et de joie pour ceux qui se perdent dans ce monde de ténèbres…
Ah! mais pas tous seuls! Nous aurions tôt vite fait de rejoindre ceux qui marchent à tâton dans le noir!! Non, non, pas tous seuls: regardez dans votre vie: ne le sentez-vous pas qui vous dit qu'il est là, pour lever les filets avec vous? Ne le sentez-vous pas qui vous assure de sa présence, même dans la difficulté? Même si la pêche semble être infructueuse? Même si notre vie semble plutôt morne et sans goût? Buvez donc ses paroles, replongez-vous dans la lecture de la Bible; écoutez dans votre cœur cette présence certaine; prenez le pain et le vin qu'il vous offre. Et alors, il vous fera pêcheurs, pêcheurs d'hommes, en vous rendant aussi lumineux qu'Il le veut!

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14 avril 2007

Temple de Tréscléoux (05) photo


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08 avril 2007

La résurrection

Textes bibliques:
- -Matthieu 28
Culte du Dimanche de Paques à Gap

La résurrection, vous y croyez vous?

Honnêtement, qui croit encore à la résurrection ? On entend souvent maintenant de la part de chrétiens que tout ça, c’est des histoires de contes de fées !!! c’est à reléguer au rang de Blanche-neige ou de la belle au bois dormant qui se réveillent avec un baiser…Qu’il est génant, ce Dieu qui ne fait pas comme les autres !!
Qu’Il est génant pour nos pensées rationnelles, ce Christ qui n’est plus dans son tombeau !!

En ce matin de Pâques, je voudrais simplement vous montrer ce que croire en la résurrection peut changer dans nos vies.
-Pour cela, nous nous arrêterons dans un premier temps sur les personnages en présence dans ce récit rapporté par Matthieu.
-Puis nous verrons en quoi la position différente de ces personnages crée des conséquences bien différentes dans leur vie.
-Enfin, je vous proposerai, aux vues de ces conséquences bien différentes…de choisir votre « camp » !

Dans ces versets du chapitre 28, bien peu de monde est là ; peu de monde pour un « non-événement » : Marie de Magdala, et Marie, mère de Jacques ; puis l’ange du Seigneur, et enfin des gardes, dont on ne sait le nombre exact.

Les deux Marie viennent, nous dit le texte, pour visiter le sépulcre. Ici, pas d’allusion à un quelconque rite mortuaire avec les aromates rapporté par Marc et Luc. Juste une visite à un mort, à leur mort. Il faut dire que tout s’est fait si vite ; le sabbat interrompant toute possibilité de commencer un travail de deuil, ces femmes retournent, peut-être pour se rendre bien compte, en voyant le corps, que l’histoire est bel et bien finie…
Là, un ange du Seigneur apparaît, dans les règles de l’art de manifestation de Dieu déjà dans le premier testament : tremblement de terre, aspect de l’éclair, robe blanche comme neige. C’est surement lui dans l’histoire qui nous dérange le plus !!! Que Dieu se manifeste à Abraham sous forme de trois anges, passe ; qu’Il se manifeste à Moïse dans un buisson ardent, passe encore; qu’Il manifeste sa volonté par le don de deux tables de pierre écrites de sa main, allez, c’est sympathique comme récit.
Mais le coup de l’ange, là, dans notre monde contemporain, ça passe plus difficilement. Mais bon…Il est là, il est là !!!
Avez-vous remarqué d’ailleurs pourquoi il est là ? Il roule la pierre, certes, mais pas pour laisser passer Jésus !!! Il roule la pierre non pas pour laisser faire la résurrection ! La résurrection, elle a déjà eu lieu !! L’ange roule la pierre pour faire voir aux femmes…qu’il n’y a rien à voir !!!! « Venez voir le lieu où il gisait »… Ce n’est pas « circulez, y a rien à voir » mais presque !!!
Enfin, il y a des gardes. Pourquoi des gardes ? peut-être pour qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette histoire qui a fait du bruit, qui a embété toutes les autorités, qu’elles soient juives ou romaines…
Toujours est-il qu’ils sont là ; on en connaît d’ailleurs pas le nombre.
Et apparemment, ils n’ont pas été alertés par quoi que ce soit auparavant…Soit la résurrection s’est faite dans un grand silence ; soit leur nuit a été bonne et leur sommeil profond !!!

Ce qu’il est intéressant de remarquer, c’est le décalage entre les motivations de départ, et ce qui se passe.
Ces femmes sont venues là avec une idée en tête, un plan bien défini : elles viennent voir un mort. Pour elles, ce qu’il est bien de faire, c’est d’aller voir ce mort qu’elles aimaient.
Et elles se laissent surprendre ; elles se laissent décaler entre ce qu’elles sont venues faire et ce qu’elles acceptent, que Jésus le crucifié soit Jésus le ressuscité.
Voilà très certainement une piste de réflexion pour nous :
Nous-mêmes avons bien du mal à nous laisser « décaler », à nous laisser surprendre. Pensons à notre vie :
Nous aimons tous avoir des repères, nos repères. Nous aimons planifier ; beaucoup d’entre nous n’aiment pas trop les surprises. Notre vie a besoin de ses repères, de ses régularités ; c’est bien pour cela d’ailleurs que souvent, les personnes d’un certain âge regrettent les habitudes, les us et coutumes du passé : étaient-elles réellement meilleures ? Peut-être pas ; mais elles correspondaient à des habitudes, à des repères.
Ces femmes se laissent bousculer. Elles auraient pu rester dans leur idée première, et elles mêmes auraient pu véhiculer l’idée qu’on a volé le corps de leur seigneur !!!
La résurrection va pourtant bouleverser leur vie. Et elles n’en ont à ce moment-là pas vu plus que nous !!! Elles ont vu qu’il n’y a rien à voir !!

Quelles conséquences pour ces femmes ?
Trois mots qui montrent la transformation : elles sont émues ; elles sont pleines de joie ; elles courent. Emotion ; joie ; course !!!

Regardons maintenant de plus près les gardes : l’ange tout d’abord ne s’adresse pas à eux. Est-ce à dire que la bonne nouvelle n’est pas pour eux ? non !
Mais en premier lieu, c’est à ceux qui ont suivi Jésus que cette nouvelle s’adresse ; pour justement que la nouvelle de la résurrection soit véhiculée.
Mais arrêtons nous à leur réaction : le texte nous dit qu’ils tremblent de peur et qu’ils sont comme morts.
Que voient-ils à ce moment-là : avoir peur serait la moindre des choses ! Mais curieusement, le texte ne rapporte pas que les femmes sont aussi comme ça, apeurées et à moitié mortes !!

Voilà alors la différence entre les gardes et les femmes :
Pendant que les gardes sont « morts de peur », les femmes sont pleines de joie, et elles courent !!!
Pendant que les gardes sont statiques et enfermés dans leur peur, les femmes sont émues, et joyeuses, et leurs jambes…ont des ailes !!!

Alors que les femmes sont appelées à ne plus craindre, à être libérées de leur peur, et à aller, les gardes, eux, vont garder le silence sur ce qui s’est passé de l’argent et vont être chargés de véhiculer un mensonge, qui sera de dire que les disciples ont volé le corps…

Qui croit à la résurrection ?
A l’exemple de ces hommes, les gardes, et de ces femmes, Marie de Magdala et Marie mère de Jacques, voilà quelles peuvent être les conséquences de notre réponse concernant cette question :
Soit nous prenons la résurrection comme une fable, et je crois que nous risquons fort de rester enfermés dans nos uniques préoccupations humaines, parce que nous reléguons Dieu et Jésus-Christ au rang de belle philosophie mais pas au rang de Dieu des signes et de la présence ;
Soit nous croyons que Dieu est vrai, que Dieu est tout-autre, capable de lever les morts, capable de vaincre la mort, et là , nous troquons nos peurs, nos angoisses, pour un présent et un avenir d’espérance, pour une audace que le monde n’a pas, pour une vision du monde autre.

Oui, soit Dieu est juste une habitude familiale, un petit rite, mais totalement dépouillés de la dimension relationnelle et grandiose que le Dieu de Jésus Christ nous propose ; et là, notre vie risque d’être petite, parce que nos préoccupations seront bien humaines, et nous ne serons pas différents de toutes ces personnes du monde qui ne vivent que dans la peur, et sont qulque part déjà à moitié morts ; soit Dieu est, ou va devenir pour nous un Dieu de vraie relation ; un Dieu surprenant ; un Dieu qui veut échanger nos peurs contre de la joie ; nos tétanies contre la course qui fait avancer.

Je vous le dis, croire en la résurrection n’est pas une carotte pour l’au-delà, c’est une manière d’envisager la vie ici bàs, et dès maintenant.
Si le Christ est vraiment ressuscité, alors, TOUT peut ressusciter : la joie quand je suis abattue ; l’amour quand je n’arrive plus à aimer ; l’espérance, quand je ne vois plus comment m’en sortir ; la force de vivre quand tout m’apparaît noir ; l’audace quand tout paraît perdu ; les pas en avant quand on n’arrive plus à bouger ; la reconstruction quand on a été brisé. Je vous le dis : TOUT peut ressusciter ; et pas que par la force de notre pensée ; par la force de Dieu, en Jésus-Christ. Oui, des épreuves, chacun en subit ; oui, Christ n’a pas évité la croix, la mort, l’horreur. Mais soit on s’arrête à cet épisode, et notre vie va ressembler horriblement à ce goût de mort ; soit on intègrel’épisode suivant, la résurrection, et le Christ qui nous a promis d’être avec nous tous les jours ( un mort pourrait-il le faire ?!!!) est vraiment celui qui peut nous relever, nous faire relever la tête ; nous faire reprendre confiance après une péreuve, nous faire aimer la vie qui est bonne , belle, goûteuse , savoureuse, enthousiaste lorsque le Dieu vainqueur est invité dans nos vies.
« Voici, dit le Seigneur, j’ai mis devant toi la mort et la vie. Choisis la vie ».
La résurrection, vous y croyez-vous ?…. !!!!!!

Amen.

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07 avril 2007

L'eau du Baptême (veillée Pascale - intervention à la Cathédrale de Gap)

Célébration catholique Veillée Pascale - cathédrale de Gap

L'eau raffraichissante

L’eau… l’eau du baptême… Voilà bien un signe d’une simplicité éblouissante !
Dieu nous a offert un signe tout simple…aussi simple que le cœur de cet eunuque éthiopien qui demande à Philippe : « voici de l’eau ; qu’est ce qui empêche que je sois baptisé ? »

L’eau…L’eau de notre baptême…signifie-t-elle encore quelque chose aujourd’hui, pour nous qui avons été baptisés récemment, ou il y a 10, 20 , 40 ou 80 ans ?…
Nous souvenons-nous que cette plongée dans les eaux un jour nous a confirmés l’amour fou de Dieu pour l’homme, la femme, l’enfant ou le bébé que nous étions ?
Nous souvenons-nous que cette eau a scellé dans nos vies l’alliance de Dieu ? Mais qu’est-ce qu’une alliance ? C’est une folie de Dieu ! Dieu nous annonce : « Toi, toi que j’ai aimé le premier, je suis ton allié. Dans les bons moments comme dans les moments de souffrance, d’angoisse, de ténèbres, je suis ton allié ; je ne te quitte pas ».
Bon ; c’est plutôt bien, me direz-vous, si Dieu s’engage pour nous !
Mais, avez-vous déjà vu une alliance où il n’y aurait qu’une partie qui s’engage à quelque chose ?
Imaginez un couple qui se marie, qui fait alliance…Et il n’y en a qu’un qui dit tous les jours : « je t’aime ; je veux pour toi le meilleur ; je veux te soutenir ; je veux être à tes côtés »…L’autre ne répondant que par un mou grognement que de temps à autre, sans rien dire par ailleurs ni rien faire… On imagine la fin rapide de l’alliance.
Oui, vous me direz, mais Dieu est beaucoup plus patient que les humains !!! Ca oui, heureusement !!!
Pourtant, notre baptême nous engage !!
Nous sommes tous de plus en plus sensibilisés par la valeur, la rareté et la richesse de l’eau. Si nous, chrétiens, nous sentions autant concernés par notre relation à Dieu, celle qui a été scellée en Jésus-Christ, la face du monde changerait !!!
Une parole dit : « qu’as-tu fait de ton baptême ? ». Le baptême, c’est un signe. Il signifie l’amour gratuit de Dieu en Jésus-Christ. Alors, que faisons-nous de cet amour ?
Comment nourrissons-nous cet amour ? Nous nourrissons notre corps de trois bons repas par jour…Comment nourrissons-nous, entretenons-nous cet amour ? Avec un sandwich ( peut-être copieux, mais tout de même !) par semaine, le dimanche matin ?
La bonne nouvelle, en cette veillée de Pâques, c’est que le baptême que nous avons reçu peut être rafraichi !
Si nous stagnons dans des eaux de la foi un peu croupie ; si cette eau a perdu sa saveur ; si elle est devenue plate à en mourir ; oui, si cette eau nous semble lointaine et trop enfermée à force d’avoir été embouteillée dans notre quotidien, le Dieu de Jésus-Christ nous offre, avec Pâques, de ressusciter cet amour ; le Christ nous offre d’être cette source d’eau vive qui peut nous faire passer de la mort à la vie.
Ce soir, le Christ nous propose de nous replonger dans ces eaux, et d’y laisser tout ce qui nous fait mourir à petit feu : la peur, l’angoisse de l’avenir ; la crainte des autres ; le racisme ; les ruptures ; l’individualisme forcené ; la course à la consommation.
Et dans le même temps, Il nous offre d’être renouvelés, lavés, raffraîchis, revigorés par cette eau d’où nous remontons : Il nous redit les mots de son amour ; nous redit à quel point chacun de nous a du prix à ses yeux ; nous redit à quel point nous comptons pour lui.
Alors, cette eau fraîche que nous recevons ce soir de la part du Christ ne peut que nous remettre debout ; comme la plante qui manquait d’eau ; comme le désert qui, avec quelques fines gouttes de pluie, se met à fleurir en quelques heures !
Alors, rafraîchis, nous ne pourrons plus être tout à fait les mêmes ; parce que le monde a besoin aussi d’être rafraîchi. Le monde a besoin d’entendre cette parole qui donne sens à chaque vie ; le monde a besoin que nous partagions notre espérance ; le monde a besoin de la lumière que nous sommes appelés à refléter. Le monde a besoin de notre joie, de notre enthousiasme de chrétiens ; le monde a besoin du partage de notre goutte d’eau !!
Si nous repartons ce soir après cette messe sans emporter une part d’espérance ; sans sourire ; sans avoir ce frisson d’enthousiasme de l’eau fraîche du torrent en plein été ; alors oui, notre baptême sera vain ; et notre foi sera vaine.
Mais si nous repartons avec ce rafraîchissement de nos âmes ; avec la conviction que la goutte d’eau que nous sommes peut faire de grandes choses dans notre monde parce que Dieu y veille, alors, là, notre baptême aura retrouvé tout son sens, parce que le Christ sera au centre de notre vie, source d’eau vive.

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26 mars 2007

Un chemin possible

Culte du 25 mars 2007 à Gap et Manosque (groupe Jeunes)
Textes bibliques:
- -ESAIE 43

Le chemin

Huit siècles avant notre ère, un homme, Esaïe, dont on ne sait pas grand chose professionnellement, va parler à son peuple de chemin, de fleuves, de désert, de lieux arides, et de louange.
C’est notre texte qui le rapporte…
Quel poète, cet Esaïe !!!
Pourtant,l’époque d’Esaïe n’a pas grand chose de poétique ; elle est terriblement mouvementée : guerre syro-éphraïmite ; chute de la samarie ; mort d’Akaz et tentatives de déstabilisation ; révolte d’Ashod ; envahissement de Jérusalem par des armées assyriennes…j’en passe et certainement des meilleures !

Aujourd’hui, il nous arrive d’entendre que la situation du monde n’a jamais été pire que de nos jours…je ne crois pas. Je crois que l’homme est l’homme, et que le mal et la souffrance ont toujours fait partie du lot quotidien de l’humanité.
Alors, que faire ? Pleurer ? démissionner ? devenir indifférent et égoïste et essayer du mieux possible de tirer son épingle du jeu ?
Là, c’est oublier Dieu. C’est oublier Jésus-Christ .

Je vous propose alors ce matin de cheminer avec ces mots qui reviennent chacun par deux fois dans ces quelques cinq versets d’Esaïe :
les lieux arides ; le désert ; le chemin ; des fleuves ; et enfin la louange.

Des lieux arides, nous en connaissons tous. Pas seulement géographiquement.
Ces lieux arides sont essentiellement dans notre vie, dans notre entourage. Ces lieux arides, ce sont ces zones d’ombre qui nous font souffrir : Echecs de toute sorte, chômage, séparation ou divorce, maladie, dépression, accidents, difficultés financières…
Etymologiquement, le mot « aride » veut dire « sec ». Des passages « à vide », « arides », c’est un fait, aucun humain n’y échappe.
C’est alors la manière de gérer ces passages-là qui va faire la différence dans nos vies, autour de nous, pour la vie des autres.

Alors, vient le désert. Le désert, dans la Bible, et géographiquement, ce n’est pas la même chose que les lieux arides.
Dans les lieux arides, il n’y a souvent aucune vie ; aucune vie possible ; c’est le désespoir, la vallée de l’ombre de la mort dont parle David le psalmiste.
Le désert, c’est tout autre chose.
Dans la Bible, c’est vrai que c’est un lieu paradoxal ; on le voit bien avec le récit de la tentation de jésus au désert.
Le désert, c’est le lieu de la présence du mal, des forces sournoises ; mais c’est aussi le lieu de la présence de Dieu.
Le désert, au fonds, c’est bien le lieu où l’on se retrouve soi-même, à nu, devant la réalité, et devant des choix ; un peu le lieu où Dieu peut nous dire : « voici, j’ai mis devant toi la bénédiction et la malédiction ; la vie et la mort ; choisis la vie ».
Ce désert, cette phase de désert, elle est nécessaire , indispensable quand nous traversons des lieux arides. Pour se retrouver, seul, face à Dieu, avec ce qui nous mine, ce qui nous empêche de vivre, ce qui nous a entraîné dans un tunnel sans lumière.
Ce désert, c’est le temps de la prière, même balbutiée, même mal dite, même sans mots, parfois juste avec des larmes.
Ce désert, c’est le moment de vérité indispensable pour se poser, loin de la cohue, loin des bons conseils des uns et des autres, loin des cris de ce monde et des fausses échappatoires.
Ce désert, c’est arrêter de vivre dans le bruit et la foule, juste un instant, pour faire une pause dans cette fausse course.
Ce désert-là, il est nécessaire à chacun d’entre nous, régulièrement, ou à certains moments bien précis de notre vie.
Arrêtons de dire que le Seigneur est le grand muet ; que Dieu est le grand absent de nos vies, de notre monde, et de nous demander pourquoi Dieu ne fait rien dans notre monde de souffrance, dans notre vie de souffrance.
Si nous ne prenons pas de temps à autre le temps du désert, le temps de nous retrouver face à Dieu, comment lui reprocher le fait que nous sommes sourds à sa parole, aveugles quant au chemin qu’il nous propose ?!!
Oui, le temps de désert est nécessaire ; nécessaire pour discerner un chemin, Celui que Dieu dessine devant nos vies.
Esaïe dit une phrase merveilleuse de la part de Dieu : « Ne pensez plus à ce qui s’est passé avant ; ne vous préoccupez plus de ce qui est derrière vous ; car je vais faire du nouveau ».
Devant le mur, devant la tombe, devant les angoisses de notre vie, les échecs et tout ce qui nous empêche d’avancer, Dieu nous assure d’un chemin…

Lorsque j'était dans le désert mauritanien le mois dernier, il m'est arrivé une anecdote… Plusieurs matins d’affilée, certains d’entre le groupe étaient prêts avant les chameaux… et avec l’envie de prendre « la route » avant que le soleil ne soit trop fort !!!
Alors, ils demandaient au guide : « dis-nous le chemin ».
Le premier jour, apparemment, c’était presque un jeu. Comment, dans le désert, demander son chemin ?!!!! Comment, au milieu des dunes et autres étendues pierreuses, oser demander son chemin ?!!!
Alors, leur guide leur a dit : « Marchez une heure face au soleil, toujours face au soleil. Au bout d’une heure, virez à gauche du soleil, à 11 heures. Marchez 40 minutes dans cette direction ; puis reprenez la direction du soleil ; vous tomberez dans trois heures 30 sur l’oasis où nous nous arrêterons »…
Pas de montre…pas de chemin tracé… que du désert à perte de vue… !!!

Certains ont préféré attendre « sagement » les chameaux.
Mais à trois, ils se sont donné du courage en se disant qu’après tout, leur guide, il connaissait par cœur ce désert qui leur était totalement étranger. Et ils lui ont fait totalement confiance…confiance…le même mot que le mot « foi »…

Le désert, c’est le lieu des retrouvailles avec Dieu.
On a tous besoin de trouver, ou retrouver Dieu, le Dieu d’amour, le Dieu de Jésus-Christ, à un moment ou l’autre de notre vie.
Mais le retrouver, ce n’est pas juste lui faire un petit bonjour, et repartir au milieu des fauves ( ou plus exactement de la vie quotidienne).

Le retrouver, c’est lui dire : « Seigneur, au milieu des lieux arides, et dans le désert, je veux te faire confiance, puisque Tu dis qu’il y a un chemin pour moi ».
« Je vais ouvrir un chemin » dit Dieu.
Il ne dit pas « Le » chemin. Pourquoi ?
Parce qu’il y en a des tas, des chemins. Des tas possibles, envisageables.
« Devant toi, devant toi que j’aime, toi qui n’as plus d’issue à un moment de ta vie, si tu Me fais confiance, je vais t’ouvrir un chemin. Un bon chemin. Un chemin où tu seras bien puisque tu seras avec Moi. »
Ce chemin, ce chemin qui nous est proposé, il ne nous appartient pas. Jésus-Christ est Le chemin ; Jésus-Christ ne nous appartient pas ; n’appartient à aucune église. Nul ne peut se l’approprier. Ce serait renverser la situation ! C’est nous qui appartenons à Dieu.
Mais à partir du moment où nous faisons confiance au Christ, comme j’ai pu faire confiance à ce guide bien humain, alors là des fleuves s’écoulent.
Ces fleuves, ce rafraichissement, à vues humaines il est parfois inenvisageable.
Au pied du mur, on ne peut plus rien envisager.
Pourtant, combien de personnes ont pu vivre des reconstructions, des relèvements, des vies nouvelles, même après le pire, même après la mort d’un proche, même après un accident, même après l’abandon par un conjoint ?
Ecoutez donc ce que nous dit Jésus Christ ce matin, à chacun d’entre nous qui souffre, qui vit mal ce monde, qui pleure, qui ne voit pas d’issue :
"Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein».
Voilà alors ce que Dieu veut pour chacun d’entre nous , chacun d’entre les humains sur cette terre :
Un chemin, au milieu des tumultes, des cul de sacs, des murs élevés, des horreurs et des désespoirs.
Rappelez-vous du récit de la femme adultère : elle n’a qu’un chemin devant elle : la mort. La lapidation. Jésus-Christ lui offre alors un chemin, un chemin de vie : « « Moi non plus je ne te condamne pas ; va, et ne pèche plus ».
Cette femme était persuadée de la fin de sa vie imminente. Un autre chemin, un chemin de vie s’offre soudain à elle.
Pour vivre la même grâce que cette femme, il nous faut accepter ce temps de désert, ce temps où nous nous retrouvons, face à nous, face à Dieu. Rencontre bouleversante ; et là, le Dieu de Jésus-Christ qui a porté toutes nos erreurs sur la croix, là, Dieu nous montre un chemin, un chemin de vie, un chemin de consolation, un chemin de reconstruction, un chemin de sens pour nous et les autres.
Alors, là, nous ne pouvons que le louer, que Lui dire merci pour ce travail, pour ce chemin qu’Il a parcouru en nous. Et devant cette louange, Dieu nous dit, comme dans ce chapitre 43 d’Esaïe : « N’aie pas peur, je prends en main ta cause, je t’ai pris à mon service, tu m’appartiens. C’est que tu as du prix à mes yeux, tu comptes beaucoup pour moi et je t’aime. N’aie pas peur, je suis avec toi ».
Amen.

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10 février 2007

Croire...

Culte du 10 Févier 07
Textes bibliques:
- (Luc 6 :20 Béatitudes)
- Jean 20-19
- 1 cor. 13


Croire...



"Maman, dit Kévin, à quoi ça sert de croire?"…
Les enfants ont toujours le chic pour poser des questions non seulement auxquelles on ne s'attend pas, mais aussi dont on ne sait pas comment répondre…"Maman, à quoi ça sert de croire", c'est aussi rude que "maman, comment on fait les bébés!!".
Et au fonds, les deux questions ont des racines communes…"Maman, comment vient la vie, à quoi sert la vie, c'est qui qui a fait la nature…"…
"Croire, euh…Attends, je réfléchis…"
"Maman, reprend Kévin, et pourquoi Dieu, on ne le voit jamais?"…
La pauvre mère s'effondre! Pourquoi son fils lui pose-t-il tout à coup ces questions-là?!
"Maman, continue Kévin, et Jésus, c'était qui ? C'était un homme ou c'était Dieu? Et puis, il est mort ou il est pas mort?"…

Là, la mère de Kévin a bien envie de répondre à son enfant que pour l'instant, elle n'a pas le temps de lui répondre et qu'on verra plus tard… Mais les enfants, quand ça a quelque chose dans la tête, ça ne lâche pas le morceau si facilement, et ça revient à la charge au moment où on ne s'y attend plus!!
Alors, cette maman décide d'inscrire son petit garçon à l'École Biblique!
Très bonne chose , me direz-vous! Qui dira le contraire?
Et puis, c'est vrai que cette maman se souvient que le jour du baptême de Kévin, elle et son papa s'étaient engagés à donner une éducation chrétienne à leur enfant…
Alors, ça tombe bien, notre Kévin, on va l'inscrire!!
Mais l'histoire ne se termine pas là…
Cette maman-là, elle est perturbée…parce qu'en inscrivant son enfant à l'École biblique, elle sent que c'est important que Kévin puisse trouver des réponses à ses questions…Mais si elle-même n'arrive pas à répondre à ces questions, c'est bien parce qu'elle ne sait pas très bien où elle en est avec Dieu…Elle sent au fonds d'elle quelque chose, mais quoi? Elle sent aussi qu'elle ne prend pas trop le temps pour ça, mais du temps, elle n'en a pas!!

Mais en même temps, son enfant qui lui pose la question de l'importance du croire, ça la travaille, ça la remue…
- Ca la remue parce qu'elle va voir sa mère tous les jours à l'hôpital, qui se débat contre une sale maladie…
- Ca la remue parce qu'avec son mari, en ce moment, leur couple n'est pas en pleine forme…
- Ca la remue parce qu'elle a aussi peur d'être dans la prochaine charrette dans son entreprise qui licencie en ce moment…
Et au milieu de toutes ces difficultés, elle se pose des questions sur Dieu, s'il existe…
Comme Thomas, le disciple, et comme nous, cette maman se dit: "Ah! Si seulement je pouvais le voir ,le seigneur, mes doutes s'évanouiraient; je me sentirais plus forte pour affronter la vie; je pourrai lui parler avec plus de facilité…"

Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! Dit Jésus à Thomas…
Croire…
Depuis la première Pentecôte, nous vivons un temps de l'Église ordinaire bien long, que l'on peut parfois vivre comme une sorte d'absence du Christ qui serait inscrit aux abonnés absents…Un vide désappointant…
Et c'est vrai que nous sommes comme cela, perturbés par la non-visibilité de Dieu, ou du Christ, souvent découragés, quelque part orphelins…
C'est notre tentation à tous de vouloir voir Dieu…Souvenez-vous vous de la femme de Loth, qui a été transformée en statue de sel à cause de ce désir plus fort qu'elle de vouloir voir Dieu…
Et puis, comme Thomas, nous aimons bien voir avant de nous faire une opinion…Dans notre ère du tout-commerce, où on ne conçoit pas qu’une vérité soit vrai si on ne l’accompagne pas d’image…Imaginez un Journal télélévisé de 20h00 où PPDA nous annoncerait un attentat sanglant en Irak sans qu’il soit illustré avec des images « gor »… ! Non : on ne va tout de même pas adhérer sans voir!

Kévin, lui, il est perturbé aussi.Depuis son enfance, il a baigné dans des histoires de Père Noël, de cloches ou de lapin de Pâques qui sèment des œufs en chocolat dans son jardin, ainsi que la petite souris ramasseuse de dents de lait…Et lorsqu'il a compris que tout cela, c'était des légendes, il a mis Dieu dans le même panier!!
"Tout ce que je ne pourrai pas voir, maintenant, s'est dit Kévin quand il a compris la supercherie, moi, j'y croirai plus."
Mais le soir, dans ses draps, quand Kévin se retrouve seul, dans le noir, il aimerait quand même bien croire qu'il n'est pas seul; il aimerait bien que ce Jésus soit près de lui pour le rassurer, un peu comme sa petite veilleuse, mais en plus chaud dans son cœur…
D'ailleurs, c'est comme les disciples qui sont rassemblés avec Thomas…C'est le soir…
- A qui n'est-il jamais arrivé de voir l'angoisse surgir, entre chien et loup?
- D'avoir un petit coup de cafard et de voir ses soucis amplifiés devant l'arrivée du noir?
- A qui n'est-il jamais arrivé de se réveiller la nuit et de transformer les petits problèmes en insurmontables difficultés, de transformer les taupinières …en montagnes?…
Cette nuit tombante, c'est l'approche de la petite mort du sommeil, ce sont les ténèbres qui vainquent la lumière; cette tombée du jour, c'est toujours un mauvais petit goût de notre pire ennemie, la mort.
Et les disciples, dont Thomas, vivent dans cette peur, et dans l'enfermement, comme Kévin sous ses draps…

Après ce qui est arrivé à leur maître, aucun d'entre eux n'a envie de finir comme lui…voilà LA préoccupation!

Reste-t-il une lueur d'espoir pour qu'ils soient encore assemblés et non pas partis chacun de leur côté?
On peut imaginer plutôt que cette situation est comme un lendemain de fête…Kévin, lui ,en sait quelque chose: le jour dont il a le plus horreur dans l'année, c'est le lendemain de son anniversaire! …
Les lendemains de fête, on a du mal à se séparer, de peur de briser les souvenirs, ou par envie de continuer ces si bons moments passés ensemble …
Et puis, pour ces disciples, c'est aussi un moyen de se dire: "Non, je ne suis pas fou; d'autres que moi ont vécu la même chose"…Et tous ont besoin de cette mémoire collective, pour vivre, pour survivre.

Et c'est donc dans ce lieu clos, triste et déprimant, morbide, que surgit Jésus.Sa présence n'est plus soumise aux lois physiques et aux contraintes naturelles qui sont celles de l'homme avec son corps…
Voilà la résurrection: elle a opéré cette transformation promise dans les Évangiles: Jésus reste le même tout en étant différent.

Ainsi, tout à coup, il est là, parmi eux, et sa venue devient, comme de son vivant pour ceux qui le suivaient source de paix: "Shalom"! leur dit-il, ce qui n'est pas seulement comme notre bonjour, mais qui signifie le don effectif du salut, de la joie et de la paix…
Voilà ce qui fonde notre foi: un Dieu qui relève les morts, et a ressuscité son fils, Jésus-Christ…

La maman de Kévin, elle, a bien du mal avec cette histoire; elle a du mal à croire que ça ait pu se passer comme ça en vérité…D'ailleurs, quand elle était plus jeune et qu'elle allait au temple, elle a entendu un jour un pasteur dire en chaire que tout ça, le tombeau vide, la résurrection, les apparitions aux apôtres, c'était plutôt une image; que ça s'était plutôt passé dans la tête des apôtres; qu'ils s'étaient raccrochés à ça pour tenir le coup, mais que nous, on en a pas besoin pour notre foi; ce qui compte, c'est que Dieu aime l'humanité, point!!
Alors, même si les pasteurs n'y croient pas…Du coup, la Bible, elle a du mal à savoir ce qui s'est vraiment passé ou pas; et pour le coup, cette maman, elle qui n'a rien vu, elle a de sacrés doutes…

Les traces de crucifixion sur les mains et le côté de Jésus attestent pourtant que, malgré les conditions extraordinaires de la manifestation de Jésus ( que nous avons effectivement bien du mal à accepter, nous qui n'étions pas là!!) l'évangéliste ne veut pas que les lecteurs le prennent pour un fantôme ou une vision collective que les disciples auraient pu avoir grâce à la pénombre et au chagrin…
Les marques des clous et de la lance sont bien là pour proclamer que la personne qui est en face des disciples est bien le crucifié; et Dieu semble bien être là un pédagogue qui connaît le cœur de l'homme et son esprit cartésien bien résistant!

C'est alors que la crainte s'efface pour les disciples. La maman de Kévin connaît ça quand elle n'est pas bien et qu'elle arrive quand même à prendre sa Bible, et aussi un peu à prier, même avec ses mots à elle; tout à coup, elle sent Dieu en elle, elle sent la paix qui prend la place de ses angoisses…

Les disciples comprennent enfin cette résurrection inimaginable, bien qu'annoncée clairement de maintes fois par le Messie lui-même, et ils entrent dans une joie indescriptible.
Mais voilà; les apparitions ne sont pas une fin en elles-mêmes! Va alors commencer le temps de l'Église, ce temps où nous sommes encore aujourd'hui!
Ces apparitions sont "juste" là pour proclamer clairement la victoire de dieu sur la mort et qui, justement s'il peut vaincre la mort, peut continuer à être près de nous, Dieu puissant, Dieu de signes, Dieu vainqueur!
Alors, Jésus souffle sur ses disciples, et leur donne un avant-goût du Saint-Esprit; cet Esprit-saint que Jésus veut leur communiquer, c'est une façon de leur dire: "Ne regardez plus en arrière; ne vivez plus la tête dans le passé; Dieu est là qui sera présent pour vous accompagner dans votre tâche, dans votre vie".

En y pensant, la maman de Kévin se dit qu'elle aimerait bien ne plus s'enfouir dans les souvenirs du passé; elle se rend compte qu'elle est toujours tournée soit avec regret vers ce passé vraiment passé, soit tournée vers angoisse vers l'avenir en se demandant si…, comment…, avec quoi…, avec qui…etc…Et elle se dit qu'elle ne vit pas le présent; elle a l'impression d'être victime d'une spirale de soucis qui lui fait perdre le temps de vivre le temps présent…

C'est ainsi que Jésus, au moyen de ce geste symbolique qu'il a de souffler sur ses disciples, communique l'Esprit qui, dès la Pentecôte, sera leur guide véritable, leur force et, quand il le faudra, leur consolateur…notre consolateur!!

Pendant ce temps-là, notre ami Thomas n'était pas là avec les autres disciples…Peut-être était-il plus courageux que les autres? Ou peut-être avait-il déjà commencé un travail de deuil…Ainsi, lorsque ses amis lui racontent ce qu'ils viennent de vivre, il ne croît pas!
Quand on a souffert dans la vie, on a du mal à attraper la perche qu'on vous tend…Chat échaudé craint l'eau froide…Le travail de deuil est parfois si dur qu'on n'a pas envie de recommencer tout à zéro parce que certains disent avoir vu le mort…

Thomas aura de la chance; il verra.
Après son incrédulité toute humaine, la foi retrouvée de Thomas va même au-delà de celle des disciples, puisqu'il donne à Jésus le titre le plus grand de tout l'Evangile: "Mon Seigneur et mon Dieu!"
Comme quoi, pense la maman de Kévin, si Dieu se montrait ne serait-ce qu'une fois par génération, au moins, on n'aurait pas tous ces doutes; les églises seraient plus pleines, les écoles bibliques, catéchismes et groupe de jeunes seraient de véritables succès!!
Cette maman, elle aimerait bien un petit signe; oh! Pas un prodige; juste un petit signe…
"Heureux ceux qui n'ont pas vu mais qui ont cru", se rappelle alors la maman de Kévin; et une lueur revient dans son cœur; cette béatitude dit bien toute la difficulté de croire sans voir le maître en qui nous voulons placer notre confiance; et elle peut donc être pour nous une véritable source de réconfort dans les moments difficiles de notre vie, dans les moments où nous nous sentons seuls, incompris, malheureux, mal-aimés.

Le soir est tombé…Il est l'heure de coucher Kévin. Et Kévin aime bien qu'on lui raconte une histoire avant de s'endormir; en ce moment, il lit le petit Prince. Sa maman commence la lecture:
"Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine…Le désert est beau à cause d'un puits qu'on ne voit pas. Ce qui embellit le désert, c'est qu'il cache un puits quelque part"…

La maman de Kévin devient silencieuse…après toutes les questions qu'elle s'est posée, comme Thomas, elle comprend que le fait de ne pas voir Jésus-Christ n'est pas un obstacle à la foi; elle comprend que cette fontaine dont parle le petit prince, ce puits d'eau vive que l'on ne voit pas avec les yeux, c'est bien Jésus Christ, que l'on cache souvent nous-mêmes, que nous enfouissons trop profond dans nos vies, mais qui veut embellir le désert de nos vies, le désert de notre monde…
"Voici mon secret, dit le renard au petit prince. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux" …

Kévin se frotte les yeux, et puis pose une dernière question à sa maman: "Maman, à quoi ça sert, l'amour?"…
Ca fait beaucoup de questions pour cette maman! Mais c'est alors qu'elle se rend compte que la première question et la dernière se rejoignent: "maman, à quoi ça sert de croire?"et "Maman, à quoi ça sert, l'amour" ne font qu'une seule question, à laquelle la maman répond:
"l'amour, ça sert à vivre, Kévin, et croire, ça sert à donner un sens à cette vie".

Voilà la mission de l'Église; voilà la mission de la catéchèse; voilà le sens du culte: annoncer ce que Paul a si bien repris: "Trois choses demeurent: la foi, l'espérance et l'amour".

A nous de faire nôtres ces trois mots; à nous de savoir prendre le temps du culte pour les arroser dans nos vies; à nous de ne pas nous priver de cette eau vive que l'on ne voit certes pas, mais qui ne manquera pas de se révéler , Jésus-Christ, présence invisible pour les yeux,…mais pas pour le cœur!!
AMEN

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07 janvier 2007

Epiphanie

Textes bibliques:
- Esaïe 60, v. 1 à 6
- Ephésiens 3, v. 2 à 6
- Matthieu 2, v. 1 à 12

Epiphanie (Culte St Laurent du Cros)
" Avec la venue de jésus-Christ, Dieu nous invite à passer de la crainte à la joie !!!"

Aujourd’hui, c’est l’épiphanie !
Les plus gourmands pensent déjà galette, couronne des rois !!
Tous les enfants apprécient beaucoup l’histoire des mages qui arrivent à dos de chameau , chargés de paquets multicolores, guidés par une super-étoile brillante, avec une magnifique couronne sur la tête et de belles capes.
Souvent d’ailleurs, on parle de nos mages comme étant les rois mages ;
Mais la Bible ne dit rien de tout ça : ni qu’ils étaient rois, ni qu’ils étaient trois, ni même leur nom !!! C’est la tradition qui, tardivement, va rajouter tous ça sans aucune source précise.

Nous voici donc avec nos mages… Avez-vous déjà remarqué que seul Matthieu parle de ces mages ? Et avez-vous aussi remarqué que Luc, lui, est le seul à parler des bergers ?!!! Alors, c’était des mages ou des bergers qui sont venus voir Jésus le petit enfant-roi ? Et si ce sont les deux, pourquoi Matthieu ne parle que de mages et Luc que de bergers ?!!!!
Et quelle énorme différence entre de pauvres bergers, sans rien sinon leur petit troupeau, sans abri, sans amis, et ces mages dont on dit qu’ils apportèrent en cadeau de l’or, de l’encens et de la myrrhe, somptueux cadeaux !!
Alors, c’étaient des riches qui ont vu Jésus en premier, ou c’était des pauvres ?!!!!

Je vous propose une petite explication : Matthieu, nous le savons , était un juif.
Et Luc était un grec. Donc, deux origines différentes…
Matthieu le juif, Luc le païen. Matthieu le juif, avec les mages, va rapporter que le salut s’est offert aux païens ; que le salut s’est fait homme pour les débordant de richesse. Et Luc le païen, avec les bergers, va rapporter que le salut s’est offert aux juifs, que le salut s’est fait homme pour les débordant de misère !!!

Le clair message est un renversement des valeurs, de nos valeurs, en annoncant le salut pour tous : riche, pauvre, païen ou juif !!!
Et ces deux facettes d’un même salut montre que nous n’avons pas à nous gargariser de notre propre salut en doutant du salut des autres : le juif se réjouit du salut des païens ; le païen se réjouit du salut des juifs !!!!

Voilà clairement annoncé le salut universel ; toutes les nations vont pouvoir entendre la bonne nouvelle, une grande nouvelle !!
Oui, mais comment l’entendre ? Comment Dieu la fait-il entendre, cette bonne nouvelle ? Nous l’a-t-il fait entendre en faisant tomber du ciel le Nouveau Testament ? Non. Le Dieu de proximité n’a pas fait ça.
Avec l’histoire de ces mages, il nous faut comprendre que Dieu veut nous toucher avec ce qui nous parle , ou nous touche.

Ces mages, qui étaient-ils ? non pas des magiciens, comme on le croit souvent, mais plutôt le genre ( en moins élaboré) d’astronomes. Etudiant la position des astres. Des scientifiques. Vous savez, de ceux qui croient tout expliquer par la science et pensent qu’être cartésien ( mais là je fais un anachronisme !) ça ne peut pas faire bon ménage avec la foi en Dieu !!!
Alors nos mages, les voilà en train de faire leur travail, en Orient, tranquilles, et hop ! ils se mettent en route pour un long, très long chemin, pour venir adorer un roi d’une religion qui n’est même pas la leur !!!
Dieu leur offre un signe qui leur parle, à eux !!! Moi, il n’aurait pas fallu que Dieu se révèle à moi avec les étoiles, parce que je trouve ça très joli ; mais franchement, qu’une étoile brille plus ou moins, ça ne me parle pas !!!

Pour les bergers, contrairement à ce que l’on dit en parlant de l’étoile du berger, Dieu va se révéler à eux avec des anges. Ces bergers juifs, ces rejetés de la société de l’époque, savaient parfaitement ce que la présence d’anges signifiait : même illettrés, ils avaient entendu parler de ces anges annonciateurs de la parole de Dieu.
Voilà donc le premier point : Dieu ne commence pas son rapport avec les hommes en disant, par exemple aux mages : « oh les gros vilains qui veulent tout savoir en étudiant les étoiles ! Ne savez-vous donc pas que c’est moi, Dieu, qui suis le maître de l’univers ? » ; ou encore par exemple aux bergers : « Oh les gros vilains avec une réputation de voleurs, repentez-vous et peut-être que vous verrez quelque chose après »…

Les uns sont mages ? Dieu va révéler au monde païen la naissance de son fils par …les étoiles !!!
Les autres sont bergers, vivant dehors ? Dieu va révéler au monde juif la naissance de son fils par des chérubins qui vont voler à cœur joie dehors autour des bergers !!!
Comment mieux traduire « Emmanuel », Dieu avec nous !!!!
Et nous pourtant, nous avons un petit cerveau bien limité quand nous commençons d’abord par la critique des actes ou des paroles des autres en leur disant : « ouh ! ce que tu fais n’est pas en conformité avec la parole de Dieu ».
Croyez-vous vraiment que les mages auraient fait le voyage si Dieu avait commencé en leur disant : « eh beh, c’est pas beau ce que vous faites avec votre trafic d’étoiles ; changez vite de métier et après on en reparlera ». croyez-vous que les bergers auraient eu envie d’aller adorer le petit enfant si Dieu leur avait d’abord dit : « eh, les rejetés de la société, vous l’avez bien cherché non ? Vous êtes des bandits, des voleurs ; devenez honnêtes, changez de métier, et après on verra »…
Le voilà, l’amour fou de Dieu : La forme lui importe peu dans un premier temps ; au contraire même, Il l’utilise si besoin est pour nous parler, pour nous toucher. Ce qui importe à Dieu, c’est le fonds ; c’est notre âme, notre cœur.

Voilà donc un renversement de valeurs : ceux qui se croient les plus forts, les meilleurs ( comme notre fameux roi Hérode) ; ceux qui ont soif de pouvoir personnel ne sont pas ceux à qui la bonne nouvelle va être tout d’abord confiée. Ceux qui se croient purs devant Dieu, avec une vie bien conforme , comme les scribes et les pharisiens qu’Hérode va convoquer et qui vont « vendre la mèche » ne seront pas non plus ceux par qui le message de salut va arriver.
Tous ceux qui se croient irréprochables devant Dieu n’auront pas besoin de Dieu, venu en personne pour les malades, et non pour les bien-portants.

La Bonne Nouvelle va être confiée pour être annoncée à des orientaux savants la tête dans les étoiles, et à des pauvres hères rejetés par la société à cause de leur super-réputation de voleurs !!!

Voilà un double message : à ceux qui se croient trop dignes et purs devant Dieu, et risquent de se prendre pour une référence, l’auto-satisfaction risque de leur faire perdre de vue ce pourquoi Christ est venu : pour nous sauver parce que nous ne pouvons pas par nous-mêmes nous sauver !!!
A ceux qui ne se croient pas dignes d’être en face du Seigneur, pour quelque raison que ce soit, qui ne vont pas à sa table de peur d’un jugement, qui ne se croient pas à la hauteur, il faut ne jamais oublier que le message de la naissance du salut fait chair a été annoncé à des gens vraiement pas dans la lignée irréprochable !!

Alors, vous me direz : « oui, mais quand même, le péché, tout ça, il faut se repentir , faire profil bàs… ».
Non…moi, je dis qu’il nous faut d’abord accepter le salut ; ce n’est pas un Dieu de peur qui s’approche de nous ; ce n’est pas un Dieu de jugement qui se fait nourrisson ; c’est d’abord un Dieu d’amour.

La preuve ? Quand les bergers voient les anges, avant d’aller voir le petit enfant, le texte de Luc nous dit : « ils furent saisis de crainte ».
Et savez-vous ce que le texte de Matthieu nous dit quand les mages voient , oui voient de leurs propres yeux Dieu fait chair ? « Ils furent saisis…de joie ».

La voilà la grande nouvelle : Avec la venue de jésus-Christ, Dieu nous invite à passer de la crainte à la joie !!!
Alors, la crainte, c’est quoi ? La crainte, c’est ne jamais se croire à la hauteur ; toujours se chercher la petite bête dans sa vie pour tenter d’être parfait ; la crainte, c’est avoir peur d’un châtiment de Dieu ; la crainte, c’est ne pas pouvoir trouver le repos de son âme en tombant sans cesse dans la mortification, la flagellation morale, l’emprisonnement permanent.

Passer de cette crainte-là…à la joie. Pourquoi ? mais parce que le Dieu d’amour vient en personne pour prendre sur lui le poids de nos péchés !!!
Si nous sommes sans cesse perturbés pour savoir si notre vie nos actes nos paroles du jour ont été exactement ce que Dieu attendait de nous…dans ce cas-là, nous n’avons plus besoin d’un sauveur !!!! Nous nous sauvons nous-mêmes !!!

Cette joie-là, elle est merveilleuse ! C’est un sentiment merveilleux qui peut envahir chacun de nous, avec nos vies pleines de soucis ou plutôt calmes, avec nos passés plutôt sombres ou nos histoires mornes.
Dieu nous parle avec ce qui nous touche dans le seul but de nous apporter la joie !
Et c’est alors à nous de passer de la crainte, d’un Dieu lointain et punissant, à la joie d’un Dieu de proximité qui sauve l’humanité entière !!

Enfin, dans ces deux rencontres, celle des mages, et celle des bergers avec Jésus, ceux qui ont des richesses vont les apporter au nouveau-né, nous dit le texte ; tandis qu’il n’est rien dit sur les bergers : ils voient mais n’apportent rien.
En cela, Dieu ne nous demande pas ce que nous n’avons pas. Mais que ce soit les mages ou les bergers, ils prennent de leur temps ; de leur temps pour l’adoration ; de leur temps pour être avec le sauveur de l’humanité.

Je crois réellement que si chacun de nous prend conscience de ce Dieu d’amour qui est venu pour que nous passions de la crainte à la joie, et de la mort à la vie ; oui, si nous prenons conscience que c’est le même qui veut une rencontre personnelle avec nous, je crois pouvoir dire qu’avec ce que nous sommes, avec nos erreurs et nos manquements, avec nos lâchetés et nos mauvais chemins, c’est une grande joie qui nous attend, pour les bons moments de notre vie, comme pour les moins bons.
AMEN.

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25 décembre 2006

Culte de Noël à Gap

Textes bibliques:
- Esaïe 62, v. 11 & 12
- Hébreux 1, v. 1 à 6
- Matthieu 2, v. 1 à 12

Culte de Noël à GAP

Il nous arrive parfois de pester, même silencieusement, en regardant l’état du monde ; ou même certaines situations de notre vie ; oui, il nous arrive de pester en nous demandant peut-être ce que fait Dieu.
Et chacun d’entre nous échafaude une théorie là-dessus, sur Dieu qui est tout-puissant mais qui n’a pas les mêmes réponses que celles que nous attendons…ou sur Dieu qui nous laisse maintenant être les seuls acteurs de ce monde…
Et on se prend parfois à rêver en se disant qu’au moins, si Dieu venait sur terre, ou encore si Jésus revenait, ce ne serait plus pareil…
Oui, on se prend à réver de quelque chose de grandiose, d’un monde où Dieu serait le patron… d’un monde où Il serait aussi présent que du temps d’Abraham, Moïse…ou Jésus…
Mais lors de ce type de rêves, n’est-on pas totalement en train de refaire l’histoire ?
Parce que Noël est la fête de l’abondance, la fête des retrouvailles, la fête de la lumière, on peut vite oublier que nos noëls sont loin d’être les conditions de la naissance de Jésus ; et que le monde contemporain de Jésus a vécu l’horreur.

Mon tableau de ce matin peut paraître noir ! pourtant, je crois qu’il est bon à Noël de se remémorer tout le ministère de Jésus, de sa naissance à sa résurrection, pour non seulement ne pas être déçu du décalage entre nos attentes et la réalité, mais encore pour mieux vivre ce que le Dieu de Jésus Christ peut et veut réellement nous apporter.

Je développerai avec vous deux points.
Le premier sera : Jésus, né quel roi dans quel monde ?
Le second sera : Jésus, quel roi pour nos vies, quel roi pour le monde ?

Nous refaisons parfois l’histoire ; notre mémoire trahit parfois nos envies, nos rêves. Le passé a toujours été meilleur que le présent !!
Pourtant , réfléchissons. Le contexte religieux, mais surtout politique de l époque contemporaine de Jésus n’était guère fameux.
Vous le savez, l’invasion romaine faisait que les juifs attendaient un libérateur ; un libérateur politique.
Ils attendaient quelqu’un de fort, avec un pouvoir guerrier, qui aurait le dernier mot sur tout ce qui les asservissaient…
Curieusement, mais avec un vrai sens théologique, ce ne sont pas des juifs qui vont les premiers rendre leurs hommages à Jésus !
Et ainsi , ce n’est pas exactement le roi des juifs que l’évangéliste Matthieu va présenter. En effet, ce n’est pas un hommage rendu par les chefs des juifs qui va être rendu à l’enfant ; Jésus est reconnu là par des étrangers, c’est-à-dire des idôlatres !!
Et ce n’est pas anodin. Le fameux roi des juifs est en fait celui qui vient pour tous, pour les nations païennes, pour un monde qui, dès le départ, va lui être hostile, mais pour lequel le Puissant va veiller, déjouant les projets criminels de ses adversaires.
Jésus, né quel roi pour quel monde ?
Ne refaisons pas l’histoire.

Jésus arrive dans un contexte politique extrémement tendu.
Va-t-il libérer ce peuple juif de l’oppression ? Non.
Va-t-il libérer tous ceux qui souffrent ? Non.
Va-t-il guérir alors tous ceux qui souffrent physiquement ? Non.
Va-t- il rétablir dans leur dignité tous ceux qui sont bafoués ? Non.
Va-t-il donner du pain à tous ceux qui ont faim ? Non.
Va-t-il guérir tous ceux qui souffrent psychiquement ? Non…
Le voilà, le fameux roi tant attendu
Alors, Jésus, quel roi dans quel monde ?
On peut dire un monde torturé. Un monde où l’insécurité est permanente.
Un monde douloureux où la mort est omniprésente, et où la peur est quotidienne.
Un monde où la culture juive est écrasée ; un monde où, si les nouvelles ne vont pas aussi bon train qu’aujourd’hui grâce à internet, la souffrance est monnaie courante, et où le désespoir est quotidien.
Un libérateur ferait du bien ; un bon coup de poing sur la table de la part de Dieu serait une bonne chose !!!
Voilà donc exactement ce qu’attendent les juifs ; un bon coup de gueule de Dieu qui balaiera toutes les douleurs et autres usurpations.
Le voilà, le monde de Jésus.
Et, voici la réponse de Jésus. Minuscule ; infimiment petite.
Un guéri par là ; un crouton de pain multiplié par ci ; une rencontre de ce côté ; une parole échangée de l’autre ; un lépreux guéri ; un démoniaque relevé ; une femme pardonnée…
Seigneur, par rapport à toute une humanité qui souffre, ce n’est pas un peu maigrelet ?
Ca fait petit quand même, pour Dieu qui vient lui-même se faire chair et os pour nous rencontrer !!
Alors, quel roi pour quel monde ?
Je dirais un monde de douleur, d’atrocités, de guerre et de violence, et un roitelet ; même pas un roi. Enfin…un roi qui écoute, un roi qui accompagne ; un roi qui a compassion ; un roi qui pleure…pas grandiose tout de même !
Et les conditions de sa venue ? Une mangeoire à bestiaux, on fait meiux comme trône.
Et comme palais royal : pas une pierre sur laquelle poser sa tête !!
Et comme moyen de transport ? Un ânon ; même pas un cheval.
Ah ! il est beau le roi ; et son royaume, excellent !!!
Ne refaisons pas l’histoire.Si Dieu s’était révélé tel qu’Il doit être, alors, il n’y aurait plus de place pour l’humanité.
Hans Joans, juif allemand, dit que si Dieu apparaissait dans toute sa grandeur, l’humain ne pourrait exister. Il serai étouffé.
Alors, Dieu-le roi se fait petit ; il laisse l’humanité exister. Avec ses qualités comme avec ses défauts. Avec ses joies comme avec ses souffrances.
Voilà donc les conditions de sa venue : venu semer quelqjues graines : celles de la réconciliation ; et non celles du droit du plus fort. Celles de l’amour, et non celles de la guerre. Celles de la paix , et non celles de la haine.
Alors, nous voilà dans le deuxième temps : Jésus, quel roi pour nos vies, quel roi pour le monde ?

Dieu, nous le percevons parfaitement avec cette fragile incarnation, ne se fait pas Dieu écrasant. Il se fait Dieu présent ; Dieu respectueux. Cherchez dans une autre religion une image de Dieu telle que celle-ci, vous ne la trouverez pas . Elle est quasiment blasphèmatoire.
Mais voilà Noël ; dans nos vies, pour nos vies, Dieu se fait Dieu de la rencontre en tête-à-tête. Dieu se fait Dieu du crouton partagé ; Dieu se fait Dieu du compagnonage, comme Jésus l’a fait sur le chemin d’Emmaüs ; Dieu se fait miracle d’un sourire ou d’un pardon ; Dieu se fait encouragement d’initiatives en faveur de l’humain relevé.
Si Dieu devait être Dieu, nous serions écrasé par sa puissance et sa grandeur.
Alors, pour notre monde, aujourd’hui, le Dieu de Jésus-Christ est Celui qui n’a pas encore le dernier mot ; l’humain ne pourrait subsister.
Mais…mais, je crois réellement que depuis le ministère terrestre de Jésus, depuis cette naissance un peu miteuse, c’est le courage qu’Il nous donne ; c’est sa présence qu’Il nous offre ; c’est son feu qui fait avancer qu’Il nous confie.
Moi, pourrait dire Dieu, si je venais sur terre, ma présnece écraserait tout de puissance. Mais vous, qui faites un tant soit peu confiance en moi, je vous confie des fruits, des clés, des solutions, des idées de partage ; des souffles de monde meilleur ; oh ! ne vous garagarisez pas trop vite ; c’est moi qui souffles sur vous ; et c’est vous qui mettez en œuvre !!! »

Alors, quel roi pour nos vies ?
Un Dieu qui, pour le monde, s’écrase, pour ne pas écraser l’humanité.
Un Dieu qui, dans notre vie personnelle, notre vie quotidienne, nous assure qu’un plan de paix, que des projets bons sont offerts pour chacun de nous .
Un Dieu qui, en Jésus-Christ, nous donne une force extraordinaire pour que nous devenions des artisans ; artisans de paix ; artisans de partage ; artisans de sourire ; artisans de vie.
Et c’est à chacun d’entre nous, dans nos vies, de décider de la taille du trône du roi.
C’est à chacun d’entre nous de réfléchir pour savoir quel espace de parole nous laissons au Christ dans nos existences .
Voilà alors le roi de Noël ; qui nous dit : toi, lève-toi ; l’amour que je te porte est immense ; ne le garde pas pour toi. Le monde a soif ; le monde a faim.
Si je suis le roi de ta vie, alors ta vie deviendra comme un jardin au milieu du désert. Et chaque pette victoire, et chaque humain relevé, et chaque femme qui sourira, et chaque homme qui reprendra courage, et chaque enfant qui rira à nouveau à gorge déployée, ce sera la vicotire du roi, le roi de paix, le roi d’amour né dans une mangeoire, monté sur un anon, mort sur une croix.
Mais n’oublie pas, quand ta vie te décourage ; n’oublie pas quand tout paraît desésepéré ; quand tout paraît mort : je suis ressuscité.


Ca aussi, c’est la bonne nouvelle de Noël.
Joyeux Noël ; Amen.

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24 décembre 2006

Veillée de Noël à St Laurent du Cros (photo)

Veillée de Noël au Temple de St Laurent du Cros le 24 décembre 2006 à 18h00.

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Culte de Noël à Trecléoux

Textes bibliques:
- Michée 5, v. 1 à 4a
- Hébreux 10, v. 5 à 10
- Matthieu 1, v. 18 à 25




Prédication de Noël à Tréscléoux





J’entends régulièrement cette affirmation, de la part de catholiques, ou d’incroyants : « ah ! oui, vous les protestants, vous ne croyez pas à Marie »….
Et j’entends aussi régulièrement des protestants me dire, avec un petit air goguenard : « Ouaih, le coup de Marie vierge, on me la fait pas ; Joseph, il y a bien été pour quelque chose !!! ».
Et voilà notre texte du jour : « Tout cela arriva afin que se réalise ce que le seigneur avait dit par le prophète : La vierge sera enceinte et mettra au monde un fils, qu’on appelera Emmanuel ».
Allons donc !!!
Marie est là…avec sa conception virginale !!!
Vais-je tranformer cette veille de Noël en cours d’éthique sur le thème : « a-t-on le droit d’avoir des rapports avant le mariage », ou pire, vais-je me lancer dans des considérations gynécologiques ?!!!!
Certains sourient ; je connais les noms !!!!
Bon ; rassurons tout le monde : bien sûr, Marie, on y croit !!! Marie, en tant que jeune fille de douze-treize ans, tout juste pubère, et qui, comme toutes les jeunes filles de son âge, va se marier, jeune parce que l’espérance de vie est loin d’être celle de nos pays occidentaux, mais se rapproche plus de celle des pays africains d’aujourd’hui…
Alors, oui, Marie, on y croit.
Marie, en tant que petite jeune femme du peuple juif, qui va accepter avec simplicité de porter cet enfant ( d’ailleurs, on remarquera que dans le texte de Matthieu, on ne lui demande rien ; on ne s’étend pas sur ses états d’âme de future parturiente !!!).
Et Joseph aussi, on y croit.
Un homme, fiancé, qui va, selon le récit, penser que Marie est aller courir le gueux et l’a trompé avant même qu’ils n’habitent ensemble.
Un homme bien ; qui aurait absolument le droit de faire un scandale ; qui aurait le droit de demander la lapidation ; mais, nous dit le texte, qui était un homme « droit »…
Mais justement, Joseph, le droit, la loi te permettent de la dénoncer ; les trainées, elles doivent finir sous les pierres…comme la femme adultère aurait dû l’être quand elle a été emmenée devant Jésus…



Qu’est-ce qu’être droit ?
On est déjà là dans la bonne nouvelle !!!
Avec Joseph, nous sommes introduits dans une dimension résolument nouvelle : non plus celle du « bon droit », la loi de Moïse, « mon bon droit », mais dans le droit de l’amour et du respect de l’autre, jusque dans sa faute.
Joseph doit quand même en avoir gros sur la patate… Il trouve quand même le sommeil puisque le texte nous dit qu’il rêve…. !
Et il voit dans son rêve un ange du seigneur qui lui dit : « Joseph, descendant de David, ne crains pas d’épouser Marie, car c’est par l’action du saint-esprit qu’elle attend un enfant ».
Joseph va contribuer à l’accomplissement de la venue du messie ; c’est lui qui va donner à Jésus sa lignée davidique…par alliance !!!
Exactement comme nous sommes appelés enfants de Dieu…par alliance !!
A partir de Joseph, les liens du sang ne sont plus premiers ; ce sont les liens d’amour qui vont être prédominants !!



Alors on en vient au fameux coup de la virginité de Marie…
Très souvent, lorsque j’entends des personnes dénoncer cette possible virginité, c’est pour une raison bien précise :
L’église, l’église romaine, a transformé ce récit en conception morale de la vie conjugale et sexuelle.
Et est allée encore plus loin avec le dogme de l’immaculée conception….On ne sait pas toujours ce qu’est ce dogme…. Et bien il concerne …la mère de Marie, vous entendez bien, la mère de Marie, qui a conçu Marie sans le péché…
Et le péché, c’est quoi ? c’est le sexe !!!!
Alors, oui, bien des protestants se gargarisent de cette virginité en disant qu’ils ont bien eu raison de « consommer », les deux tourtereaux !!!

Mettre une connotation sexuelle dans ce texte me semble être la pire des hérésies ; pourquoi ? Mais parce que dans le judaïsme, la sexualité n’était absolument pas vue comme mauvaise !!!!
Toute la Bible parle de la sexualité comme étant un don de Dieu ; l’expression merveilleuse de l’union de deux personnes !!!!
Ainsi, penser que Matthieu a arrangé le coup pour montrer une Marie pure, c’est faire de l’anachronisme et coller sur Matthieu une conception postérieure de la sexualité vue comme négative.
Si les textes nous rapportent, non pas le virginité de Marie, mais principalement le fait que la conception s’est faite par l’action du Saint-Esprit, c’est pour une seule raison : Jésus, le messie, n’est pas un prophète de plus ; il n’est pas non plus un homme que Dieu se serait choisi sur terre ; il est vrai homme, oui….mais aussi vrai Dieu !!!
La conception virginale, c’est uniquement, mais essentiellement la rencontre, la réunion, la réconciliation de Dieu avec l’humanité !!
Jésus, le Christ, est vrai homme, fils d’une petite jeune fille du peuple ; vrai homme, fils adoptif d’un homme droit. ET vrai Dieu, conçu de l’esprit de Dieu.

C’est théologique tout ça…pas sexuel. Et ça a son importance aujourd’hui pour nous.
Pourquoi ?
Parce que Jésus ne sera pas « que "un homme de bien". Ce ne sera pas « que » celui qui montre un chemin, à un temps donné. S’il ne fut qu’un homme, même choisi par Dieu, aujourd’hui, il ne peut pas être présent, près de nous, avec nous, sur notre route quotidienne.
Cette rencontre de Dieu et de l’homme, en un seul être, Jésus, c’est vraiment plus qu’une belle histoire : imaginez donc.
Dieu nous aime tellement, oui TELLEMENT, qu’Il vient se…mélanger inextricablement à l’humanité. Jésus le Christ est la plus merveilleuse des alchimies divines ; Jésus est vraiment la réconciliation !!
Alors, Noël, ce n’est pas qu’une fête un jour ou deux dans l’année !



Noël, c’est la naissance du fruit de la réconciliation de Dieu avec l’Homme ; le fruit d’un amour fou qui ira jusqu’à pardonner l’horreur : l’homme va essayer de faire mourir cette réconciliation ; l’Homme va essayer de donner le dernier mot à la mort.
Noël, c’est la réunion de Dieu et de l’Homme que rien, non, plus rien, ne saura séparer : ni nos tristesses ; ni nos petites morts ; ni nos mensonges ; ni nos erreurs ; ni le monde ; ni nos échecs…RIEN !!!
Noël , c’est Dieu qui a pris notre carcasse humaine ; et chaque jour, avec chacun d’entre nous, veut porter le poids mais aussi les joies de nos carcasses, et de nos âmes !!!
Alors, merci Marie, de ta simplicité ; merci Joseph, d’avoir été un homme droit et aimant.



Merci , Dieu, parce que ce geste fou d’amour, cette union, cette réunion du divin et de l’humain, tu l’offres à chacun, chaque jour, pour chaque joie, et chaque épreuve.


Tu es là, Dieu, pour toujours…et à jamais. Amen.

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10 décembre 2006

Préparez le chemin du Seigneur

Textes bibliques:
_____Psaume 126
_____Esaïe 40 versets 1 à 5
_____Luc 3 versets 1 à 6

Préparez les chemins du Seigneur

- Rélexions sur l'état de nos relations -
"Préparez les chemins du Seigneur"… En cette période de l'Avent qui guide nos pas vers Noël, nous allons réfléchir ensemble à notre façon d'être, celle qui est sans cesse à travailler pour devenir ce chemin par lequel le Seigneur va venir, va s'inviter.
Je vous proposerais au préalable une petite promenade au temps de Jean-Baptiste, notre prophète hirsute, dont notre texte de Luc ne dit pas d'ailleurs comment il était habillé ni quels étaient ses réjouissances culinaires, contrairement aux autre évangiles!!

Notre texte de Luc, vous l'aurez remarqué, commence par des détails d'ordre chronologique, inscrivant ce qui va suivre dans la réalité historique. Pas de début du genre "Il était une fois". Jean-Baptiste s'inscrit dans l'histoire, dans notre histoire. Nous ne sommes pas en plein domaine du mythe ou du conte.

Luc commence donc son chapitre 3 par une datation complexe, non du début du ministère de Jésus, ce qui pourrait être logique : en effet, notre calendrier démarre avec la date de naissance plus ou moins supposée de Jésus.
Jean-Baptiste, dans la tête de l'évangéliste, ne fait pas partie d'un passé révolu: au contraire, à partir de lui, Dieu inaugure une nouvelle ère, celle qui prépare les chemins, celle qui va connaître l'explosion d'amour de Dieu pour l'Homme!
Faire partir la chronologie de Jean-Baptiste, c'est aussi très certainement marquer l'importance cruciale de la renaissance de la prophétie!!
Souvent, il nous arrive de manifester notre incompréhension devant le silence apparent de Dieu ; nous avons l'impression que depuis Abaraham, Dieu n'a cessé de se révéler, de parler aux uns et aux autres, de manifester clairement sa volonté. Et il nous semble alors que son silence depuis le temps des apôtres est tout à fait inhabituel.
Pourtant, un long silence sans prophète a précédé le ministère de Jean-Baptiste. Un temps de silence où le peuple a parfois eu l'impression que Dieu les avait abandonnés… Plus exactement, que Dieu ne menait plus l'humanité vers un but . C'est peut-être un peu cette impression que nous avons parfois…Pourtant, nous sommes dans le même schéma que ce peuple en attente. Dans ce temps qui paraît bien silencieux, Dieu prépare les choses. Dieu prépare le retour en gloire du Christ. Dieu ne dort pas.
Nous voici donc entre 27 et 29 après Jésus-Christ. Et donc Luc donne bien des précisions historiques: que Ponce Pilate était gouverneur ( une inscription nous apprend qu'il était préfet); on sait que la Judée faisait partie de la région confiée par Hérode le Grand à Archélaüs, mais ce dernier fut si mauvais gouverneur que ses sujets adressèrent une pétition aux Romains pour qu'ils le révoquent, ce qu'ils firent en installant leur propre gouverneur , Pilate à ce poste de 26 à 36.
Luc nous parle aussi d'Hérode; c'est Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand. C'est lui qui gouvernait les territoires où Jésus vécut la plupart du temps.
Luc mentionne aussi Philippe, frère d'Hérode.
Voilà pour le cadre historique. Oui, Jean-Baptiste inscrit bien sa prédication dans l'espace ( même s'il est désert!!) et le temps.

Luc ajoute ensuite des renseignements particulièrement importants pour les juifs, en faisant référence aux souverains sacrificateurs. Hanne fut ainsi grand-prêtre de 6 à 15 après Jésus-Christ année où il fut destitué. Caïphe, son gendre fut alors grand-prêtre dans la période qui nous intéresse, de 18 à 36. Hanne pourtant, même destitué, est noté par Luc de manière judicieuse: en effet, souvenez-vous, il est significatif que Jésus, après son arrestation, ait été d'abord conduit devant Hanne!!
Voilà donc le cadre précis historique dans lequel; dit Luc, "la parole de Dieu fut adressée à Jean". Cette expression est tout à fait semblable à celle utilisée par la version grecque de l'Ancien testament, la Septante, pour indiquer la façon dont les prophètes reçoivent leur message!!
Luc place Jean dans l'authentique lignée prophètique!!

Nous en venons à Jean lui-même. Apparemment, il parcourait la vallée du Jourdain. Ici, donc, pas de détail vestimentaire ou alimentaire: Luc en vient directement à son message. Certainement estime-t-il que la phrase " la parole de Dieu fut adressée à Jean" suffit à faire comprendre que jean est vraiment un prophète. Pas un illuminé; pas un de ces farfelus comme notre monde en a toujours connu: un envoyé de dieu lui-même.
Alors, jean prêche de la part de Dieu un baptême de repentance, pour le pardon des péchés. Jean appelle les hommes à se détourner de leur péché, pour qu'ils obtiennent le pardon. Dans de nombreuses religions, le baptême (ce terme signifiant plonger) était un rite de purification.
Jean, dans son discours, reprend un passage d'Esaïe 40. Il ne semble se considérer lui-même que comme une voix qui prépare le chemin du Seigneur; et les images citées, les ravins comblés les sentiers aplanis décrivent clairement la préparation d'une route avant la venue d'un roi.
Cette préparation de la route culmine vers le but: "tous verront le salut - ou la gloire- de Dieu". Luc confirme son souci de mettre en évidence l'universalité de l'Evangile.
L'Evangile, la bonne nouvelle pour le monde entier: voilà bien ce que nous allons fêter avec Noël dans quelques jours.
"Préparez les chemins du Seigneur".

La question est alors de savoir si aujourd'hui encore, il nous faut préparer les chemins du Seigneur. A vue d'œil, tant que le ciel et la terre ne sont pas passés, cette préparation n'a rien de caduque!! Et elle n'a rien à voir avec les nids de poule qui jalonnent nos routes haut-alpines après les gelées de l’hiver !
Mais cette préparation a surement à voir avec les nids de poule de notre cœur!!
Jean met en relation cette préparation et le fait de se reconnaître pécheur.
Et deux mots importants sont dits: le mot repentance, et le mot pardon des péchés.

Voilà, me semble-t-il, une piste intéressante pour préparer les chemins du Seigneur.
Le péché, je le dis souvent, est synonyme de rupture.
Cette préparation des chemins nous amène certainement à une réflexion sur l'état de nos relations:
Ø Relation à Dieu
Ø Relation à soi-même
Ø Relation aux autres.

Le péché, c'est bien de se trouver en rupture avec Dieu, avec soi, avec les autres.
Et notre préparation des chemins du Seigneur va bien consister en un bilan de ces relations pour les travailler. Et là, un mot qui rejoint tous les autres peut être prononcé: le mot "réconciliation".

Lequel d'entre nous peut dire: "moi, avec Dieu, avec moi-même et avec tous les autres, tout baigne"?.
Lequel d'entre nous n'a jamais la tentation de tourner le dos à Dieu pour de multiples raisons? Lequel n'a jamais eu la tentation de se trouver nul, inintéressant, au point parfois de se demander ce qu'il fait sur terre? ne nous arrive-t-il pas aussi de ne plus arriver à communiquer avec d'autres et de ne pas tout mettre en œuvre pour tenter un dialogue? Ne nous arrive-t il jamais d'avoir l'impression de nous retrouver dans une impasse?

Je parlerai alors d'abord de notre relation avec Dieu; parce que je crois que de cette relation découlent des solutions pour toutes nos formes de relations.
Notre texte est réaliste sur la situation de notre monde: si déjà avec le texte d'Esaïe, repris par Jean le baptiste , on nous affirme qu' il y a des vallées, ces énormes fossés qui séparent les hommes, qui les séparent de Dieu; s'il est dit qu'il y a des montagnes et des collines qui représentent bien nos soucis qui nous paraissent parfois insurmontables; s'il est bien mentionné qu'il y a bien des choses tortueuses; si Jean nous rappelle bien qu'il y a des chemins raboteux, c'est bien que Dieu prend en compte ces réalités parfois si difficiles à vivre. Dieu ne se leurre pas sur nos problèmes, quels qu'ils soient. Et si Dieu envoie son propre fils pour combler les vallées de nos difficultés, pour abaisser toute montagne qui divise, pour redresser les moments tortueux de notre vie, pour aplanir les chemins raboteux de nos existences, comment peut-il aujourd'hui ne plus se préoccuper de nous?
C'est alors à nous de prendre, de reprendre contact avec Dieu. A nous d'accepter cette réconciliation qu'il propose à chacun d'entre nous. Être réconcilié avec Dieu, pouvoir lui parler librement; pouvoir espérer en lui, pouvoir compter sur la lumière de sa présence même au plus profond de nos désespoirs, voilà bien la première des choses que nous pouvons accepter dans nos vies. "Préparez le chemin du Seigneur" consiste certainement d'abord à lui tracer un chemin dans nos propres vies, à l'accueillir en croyant qu'Il conduit toujours l'humanité malgré tout ce que nous n'arrivons pas à comprendre.
Ouvrir sa vie au Dieu de Jésus-Christ, c'est alors s'ouvrir à des chemins jusqu'alors inconnus, des chemins d'apaisement jusqu'au plus profond de la souffrance; des chemins d'espérance même quand tout espoir semble perdu. Dieu est le Dieu de bien des possibilités, et cette préparation des chemins commence tout d'abord par une invitation véritable de Dieu dans nos vies.
De là découle une véritable espérance, faite de solutions qu'à vues humaines nous avons du mal à envisager; des solutions de réconciliation; de reconstruction même quand tout semble mort; des possibilités de renaissance de l'amour; des possibilités de pardon.

Alors, avec cette force qui nous vient de Dieu, nous sommes appelés, dans cette préparation des chemins du Seigneur, à nous réconcilier d'abord avec nous-mêmes.
On ne peut avoir de relations équilibrées, saines avec les autres si l'on se mésestime en permanence; si l'on n'a plus confiance en soi; si l'on a l'impression de louper tout le temps sa vie; ou si, au contraire, l'on se voile sans cesse la face en accusant les autres de notre mal-être parce qu'on est trop fier pour regarder la réalité en face. Dieu nous appelle à un amour de soi-même non pas égoïste ou égocentrique. Il nous appelle à prendre conscience que chacun d'entre nous est une de ses créatures; et se mésestimer, se trouver nul; se voiler la face sur ses propres problèmes, c'est offenser le créateur lui-même!!
Dieu peut nous aider à retrouver une dignité, une joie de vivre, un sens. Dieu peut nous aider aussi à accepter son pardon dans notre vie; à accepter nos difficultés réelles pour les dépasser; nous surpasser. Avec son aide. Avec l'aide des autres.

Alors, ayant fait chemin dans notre vie pour que Dieu y réside; assumant ce que nous sommes avec nos difficultés, nos faiblesses, nos égarements, nos incompréhensions, nous en arrivons à nos relations avec les autres.
Le sujet est vaste. Il touche chacune de nos journées. Il touche des sujets épineux. Des difficultés familiales, des souffrances de couple; il rappelle des échecs; il réveille des comportements incontrôlés. Il secoue là encore nos fierté et nos envies d'avoir sans cesse le dernier mot; nos fiertés de croire que dans les soucis nous n'avons besoin de personne et que nous allons trouver la meilleure solution qui sera souvent catastrophique.
L'amour de Dieu, sa présence, nous invitent à un comportement différent. A un changement d'attitude radical vis-à-vis de l'autre.
Tout d'abord, cet amour nous appelle à laisser tomber nos fiertés, nos égoïsmes, nos envies d'être le plus fort , le plus intelligent, le plus raisonnable. Celui qui doit toujours avoir le dernier mot. Et à découvrir le mot "pardon".

Faire confiance en Dieu, préparer son chemin dans nos vies, c'est changer radicalement tout cela. C'est arrêter de s'enfoncer dans les querelles familiales en croyant toujours qu'on a de bonnes raisons de bouder. C'est arrêter de croire que les solutions aux difficultés familiales ou conjugales sont dans la fuite plutôt que dans la discussion et la prière.
Faire confiance en Dieu et lui remettre sa vie, c'est arrêter nos jugements, nos persifflages, nos mesquineries; pour laisser place à l'amour; à la reconstruction; à la politesse vraie; au sourire engageant. Rétablir de vraies relations avec les autres, c'est arrêter de se croire le centre du monde en prônant un individualisme exacerbé. Nous sommes entourés de créatures de Dieu; à nous de les respecter comme telles; en se comportant correctement sur la route; en ayant une éthique de vie qui respecte les autres non plus avec les règles de la loi du plus fort, mais avec des règles de respect dùs à l'amour.
Chacun de nous doit se sentir concerné par cela. C'est à chacun d'entre nous d'ouvrir une porte à l'autre: porte d'écoute; porte de sympathie; porte d'encouragement; porte de réconciliation qui mettent à bas nos fiertés destructrices.

"Préparez le chemin du seigneur"; Croyez-vous que nous le pourrons? Croyez-vous que nous réveillerons notre intelligence d'enfant de Dieu pour mettre à bas notre égocentrisme et nous ouvrir à Dieu; nous ouvrir à nous-mêmes; nous ouvrir aux autres en tant que mutuellement nous pouvons nous apporter des choses merveilleuses?
C'est un pari à prendre. Vraiment, à la lumière de Jésus-Christ, il est grand temps de préparer le chemin du Seigneur. Pas demain, ni plus tard. Aujourd'hui.
AMEN.

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26 novembre 2006

L'Eglise est elle apolitique ?

Textes du jour

APOLITIQUE ?

- « Es-tu le roi des juifs ? »
- « Mon royaume n’appartient pas à ce monde ».


Ah ! voilà ! Jésus vient ; il bouleverse les choses, les valeurs ; et il répond que ce monde n’est pas son royaume…
Alors… doit-on déduire de cela, comme les témoins de jéhovah le font, que ce monde est mauvais, et que nous, chrétiens, devont nous abstenir de tout ce qui est de ce monde, nous abstenir donc de tout engagement pour un monde meilleur, ne pas aller voter, ne prendre part à aucune décision concernant la cité ?
J’en viens alors à cette question :
"Les Eglises doivent-elles être apolitiques?"

"Les Eglises doivent-elles être apolitiques?"
J'en sais certains qui tremblent de ce que j'ai pris ce sujet; certains peut-être se demandent bien par quelle belle pirouette je vais m'en sortir. D'autres peut-être se demandent pourquoi je viens mêler Diable et bon Dieu!!
J'ai toujours entendu cette phrase: "Si tu veux conserver de bonnes relations avec ta famille ou tes amis, parle de tout, sauf de religion et de politique"!!

Les Eglises doivent-elles être apolitiques?
Clairement, la formulation de la question appelle un NON; Non, nos Églises de la Réforme ne peuvent pas être apolitiques.
Mais avant d'en arriver là, il nous faut nous arrêter sur les deux mots qui font la question: l'Eglise…et la politique…Ou le politique.

Parlons d'abord de l'Eglise.
L'image classique qu'ont les gens de l'Eglise en général est souvent que c'est elle qui s'occupe des choses spirituelles; le rôle de l'Eglise, c'est bien de nous parler des hautes sphères célestes, des choses de Dieu… Oui, mais les choses de Dieu, aujourd'hui, on ne sait plus très bien ce que c'est. Alors, on limite les choses de Dieu aux guerres de religion, aux extrémistes de tous bords.
Aujourd'hui, l'Eglise dans l’imaginaire populaire, c'est Dieu, ringard, magouilleur, en qui on n'a absolument pas confiance et qui a assez traumatisé de générations comme ça avec son image de juegement!
Tiens!! Curieusement , quand on parle du domaine politique, on a les mêmes termes: les politiciens sont à côté de la plaque, ringards, magouilleurs; on n'a plus confiance en eux et ils nous ont assez cassé les pieds comme ça!!
Alors si je commence à mêler Eglise et politique…Aïe, aïe, aïe!!

Alors, devons-nous les uns les autres nous résigner? Devons-nous simplement constater que tout est "pourri", et nous désintéresser les uns des autres sous prétexte qu'il n'y a rien de bon à tirer?

Dans la théologie luthéro-réformée, c'est par la parole que l'Eglise est constituée; il s'agit bien sûr de la parole que l'Eglise reçoit, qui lui parvient, dont elle est destinataire, et non de celle qu'elle émet, qu'elle prononce, qu'elle adresse.

Ainsi, pour nous, la réalité de l'Eglise existe quand des gens se réunissent physiquement, se rassemblent en un endroit et en un temps donnés pour écouter la parole de Dieu et recevoir les sacrements. En accord avec l'étymologie grecque du mot, l'église est une réunion, une assemblée!

Ainsi comprise, l'Eglise ne représente qu'un des temps de la vie chrétienne et non sa totalité.
La réforme tente de se garder d'un impérialisme ecclésiastique qui voudrait absorber et régenter toute la vie chrétienne. Mon existence relève entièrement de Dieu, mais pas entièrement de l'Eglise. Car le domaine de l'Eglise ne se confond pas avec celui de l'Evangile.
Ainsi, au regard de cette vision de l'Eglise qui est d'annoncer la Parole, peut-on dire que les Eglises ont un autre choix que celui d'être apolitiques?
Il n'y a pas de doctrine politique ou de théorie politique spécifiquement chrétiennes. Il n'y a pas une éthique chrétienne unique, fixée une fois pour toutes, et gardant toujours le même contenu. Ceci est bien plus accentué en ce qui concerne la politique car s'il y a un enseignement éthique explicite dans la Bible, il n'en est pas de même pour la politique.
Il est impossible de tirer une Politique de l'Ecriture Sainte. Cela a été fait bien souvent, mais on peut constater que ces essais sont contradictoires parce qu'il s'agit toujours de justifier une prise de position politique antérieure: la Bible devient alors juste un moyen de légitimation!! D'où l'extrême diversité contradictoire de ce que l'on a pu tirer de l'Ecriture sainte. On a pu démontrer la Monarchie, l'aristocratie ou la démocratie; le capitalisme ou le socialisme et aussi la révolution comme autrefois le conservatisme, sans parler de l'apartheid!!

Ainsi, je pense qu'il peut seulement y avoir une recherche d'éthique politique pour des chrétiens: quel comportement la foi en Jésus-Christ provoque dans le monde politique, tel que nous le connaissons?
Voilà, je crois, la seule question possible.
L'absence de doctrine politique spécifiquement chrétienne pourrait conduire des chrétiens à se désintéresser de la politique, pour recentrer la vie chrétienne sur la vie privée. C'est ce qui a souvent été fait, et c'est aussi parfois ce que les pouvoirs politiques souhaitent ( enfermer la "religion" dans le cercle de la vie privée).Ceci est insoutenable! Tout d'abord parce qu'il est impossible dans la vie chrétienne de dissocier une vie privée et une vie publique!! La personne devant Dieu est un tout et on ne peut séparer la participation à la société ou à l'activité professionnelle ( qui est politique!!).

En second lieu, nous ne pouvons pas nous désintéresser du monde dans lequel nous sommes placés, et dont nous sommes responsables devant Dieu, ainsi que des hommes au milieu desquels nous vivons!!

Le protestantisme n'est pas un humanisme. En effet, si cela était, nous supprimerions les Églises au profit des partis, les cultes au profit des meetings, la prière au profit de la lutte, l'espérance au profit de l'espoir, l'amour au profit de la solidarité et la foi au profit de la seule science.
L’essai d'équilibre que vise précisément la foi protestante est une entité formée de deux dimensions qu'il faut tenir ensemble.
Nous parlons alors de double citoyenneté, spirituelle et séculière des croyants.

En ce qui concerne la citoyenneté spirituelle, c'est-à-dire l'orientation fondamentale de la personne, le sens dernier de sa vie, le chrétien se comprend et s'assume devant Dieu, Dieu tel qu'il s'est manifesté dans l'Evangile de Jésus-Christ. C'est là qu'il reçoit une réponse à sa quête de reconnaissance et d'identité: justifié par la foi, il se sait accepté, reconnu tel qu'il est. Luther disait: "C'est la foi qui fait la personne".
Fort de cette conviction, la société, l'histoire, le travail, l'action politique ou les œuvres ne constituent pas des sources de justification ultime. Les utiliser comme telles reviendrait à en faire des idoles. C'est dans cet esprit que le croyant aborde sa vie concrète et y assume ses tâches, y relève les défis quotidiens lancés à sa responsabilité.

Cela vaut évidemment aussi pour ses fonctions civiques. En effet, en même temps que citoyen du règne du Christ, le croyant est citoyen à part entière du monde. Le croyant prend en charge les responsabilités qui lui incombent selon les rôles et fonctions qu'il assume.
Et je crois qu'il faut ajouter que la fonction politique est une fonction fondamentale pour la coexistence humaine et il vaut la peine de l'exercer, sous quelque forme que ce soit, comme citoyen, comme électeur ou comme élu, comme fonctionnaire, comme magistrat.
Un adage dit que "la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires"…Je pousserai le bouchon plus loin encore en disant que la politique est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiciens!!
Autrement dit, nous sommes tous appelés à "faire de la politique" au sens le plus noble du terme.
Ce qui signifie qu'il faut lutter contre la tendance actuelle au désintérêt et à l'abstentionnisme pour accentuer l'exigence d'une participation active et créative.Comme nous avons à redire sans cesse le message premier de la Réforme: "Le sacerdoce, c'est vous croyantes et croyants", nous avons à redire sans cesse le message premier de la démocratie moderne: "Le souverain, c'est vous citoyennes, citoyens!"
Nous avons alors à porter le souci d'une société ouverte, c'est-à-dire qui instaure des lieux de débat, de rencontre et de convivialité créative, , permettant à tous de vivre ensemble égaux et différents.

Fondamentalement, le test décisif d'une société ouverte demeure celui de l'accueil et de l'intégration des exclus, chômeurs, pauvres, personnes sans domicile fixe, personnes sans papier, requérants d'asile, et c'est la tâche des citoyennes et des citoyens que de soumettre ainsi leur État constamment à ce test de l'accueil et de l'intégration des "petits". Comment, je fais de la politique?!!!
"J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger et vous m'avez recueilli; j'étais nu et vous m'avez vêtu; j'étais malade et vous m'avez rendu visite; j'étais en prison et vous êtes venus vers moi"…"En vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un ou l'autre de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites".

Le rassemblement des chrétiens qui constitue donc l'Eglise n'a pas à faire de discours politique. La prédication n'a pas à être une manipulation qui entreprend de dire pour qui les fidèles doivent voter, ou ce qu'ils doivent obligatoirement penser.
L'Eglise n'est pas le lieu de circulation de pétitions pendant le culte.
Les Eglises de la Réforme, leurs prédicateurs n'ont pas à délivrer du "prêt-à-penser" d'aucune sorte; ni dans le domaine de l'éthique conjugale et familiale, ni dans le domaine de l'éthique politique, ni d'ailleurs dans aucun autre domaine.
L'Eglise est le lieu du ressourcement, qui incite à la rencontre avec Dieu en compagnie d'autres personnes.
L'Eglise est le lieu qui peut me permettre de remonter mes batteries spirituelles, de recharger mon espérance, non pas pour affronter le monde, mais pour en être acteur responsable, selon la volonté de Dieu qui a un amour fou pour sa créature et sa création.

L'Eglise en tant qu'institution ecclésiale, n'a pas comme rôle de faire de la politique en l'imposant à ses fidèles. Loin de nous l'idée qu'une institution nous dicte une quelconque conduite, éthique, spirituelle ou politique; seules des pistes de réflexion peuvent être proposées!!
Mais l'Eglise qui se réunit le dimanche, l'Eglise assemblée, si elle est là pour se ressourcer spirituellement, ne peut entendre un message désincarné!! Dieu lui-même a bien pris notre condition humaine en Jésus-Christ pour nous rejoindre dans notre humanité. Alors, si dans la prédication, chacun retrouve le dimanche un sens profond à ces trois mots: la foi, l'espérance et l'amour, ces trois mots ne peuvent rester vains dans le quotidien des six autres jours!

Alors, c'est au chrétien de s'impliquer, fort de ces trois mots, fort de l'amour de Dieu.
Concrètement aujourd'hui, le chrétien ne peut laisser sans mot dire la CIMADE être déclarée indésirable dans les centres de rétention administrative.
Concrètement, le chrétien ne peut laisser certaines reconduites aux frontières abusives, sous prétexte que tout ça, c'est de la politique et que moins on s'en mèle, moins d'ennuis on a. Oui, parler de tout ça est génant. Mais l’Evangile est bien là pour nous bouleverser dans nos conforts personnels et bien objet de scandale…
Concrètement, le chrétien a à se préoccuper de l'autre, à manifester son mécontentement pour l'autre, lorsque par exemple son fauteuil roulant d'handicapé physique a tout le mal possible à se frayer un chemin jusque dans les services de l'Administration…

Oui, concrètement, celui qui place sa confiance dans le Dieu de Jésus-Christ ne peut faire l'autruche lorsque des abus se passent dans les prisons ou les commissariats; lorsque tout simplement les droits de l'homme ou de l'enfant sont bafoués. Ou lorsque des hooligans entendent faire la loi en France dans les stades.
Voilà bien qui s'appelle la politique au sens noble: celle qui mouille sa chemise pour les autres; celle qui ne cherche pas son propre intérêt mais voit en l'autre une image du Dieu qu'il aime.

Fatigués, peut-être parfois; mais comme le dit l'apôtre Paul: "Pressés de toutes parts, nous ne sommes pas écrasés; dans les impasses, mais nous arrivons à passer; pourchassés, mais non rejoints; terrassés mais non achevés".
Ainsi, nous sommes appelés à remettre sans cesse notre engagement politique sur le métier, résistant avec courage à la tentation de la résignation, à l'envie de dire "tout fout le camp" et de tout plaquer ou légitimer son inaction. La foi ne pousse pas à la capitulation, à la démission, mais appelle à ce courage, à cette persévérance nécessaire. Persévérance accompagnée, soutenue par Dieu qui, dit le psaume, gardera ton départ et ton arrivée.

"Les Eglises sont-elles apolitiques?"
Les chrétiens qui la forment n'ont rien compris à l'Evangile s'ils croient que l'Evangile n'est qu'une carotte de l'au-delà nous aidant à vivre du mieux possible individuellement l'ici-bas.
Mais si les Eglises, en partageant ressourcement spirituel, fraîcheur de la parole vivante, importance de l'individu et de l'universel,vivent vraiment cette réalité qu'elles ne sont que le lieu d'un instant pour mieux, chacun et ensemble, vivre dans ce monde en étant responsable;, alors, oui, si elles vivent vraiment cela, elles ne peuvent pas être formées de personnes apolitiques!!

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Photos St Laurent Du Cros


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12 novembre 2006

La ressurection, Temple de Trescléoux

Textes bibliques:
- Exode 3
- Marc 12/18-27


La resurrection

On dit des paraboles que ce sont des récits exagérés et imagés pour faire comprendre les choses à un interlocuteur…
Honnêtement, ce récit sous forme de parabole que racontent les sadducéens à propos de cette femme qui a eu sept maris qui étaient frères est invraisemblable!! Sept maris qui se débrouillent en plus pour ne laisser aucune descendance,c’est pour le moins exagéré!!
Et pourtant, sans aller jusqu'à ce cas-limite de la crédibilité, nous nous posons peut-être, sûrement même des questions concernant l'au-delà, concernant les modalités de la résurrection. La mort d'un proche, la maladie nous entraînent vers des questions au fonds assez proches de celle des sadducéens…Nous nous demandons comment nous ressusciterons; quel aspect aurons-nous? Retrouverons-nous les personnes que nous avons aimées? Et si nous avons eu plusieurs conjoints, devrons-nous faire les présentations là-haut, et tirer au sort le préféré?…!
Il arrive également que dans les enterrements, nous entendions ces petites phrases: "Nous nous retrouverons là-haut"; " Dieu réunira ceux qui se sont aimés"…

Ces questions, il est assez légitime que nous nous les posions: la religion chrétienne fonde son espérance sur la résurrection. Mais peut-être que ces questions masquent le sens-même de la résurrection, et ne sont que secondes si l'on prend réellement conscience de l'importance de la résurrection pour notre vie d'aujourd'hui.
Un peu comme si on vous annonçait que vous venez de gagner un château, et que votre première préoccupation est de poser des questions sur la couleur de la baignoire…!

Je vous propose alors dans un premier temps de partager les questions des sadducéens, pour ensuite nous arrêter sur le sens que peut prendre notre vie à la lumière de la résurrection .

Tout d'abord, qui sont ces sadducéens?
On trouve l'origine de leur nom dans celui du Grand prêtre Sadoq. Il fut un fidèle de David et, sous son règne, partagea le sacerdoce avec Abiathar. Puis Sadoq devint le prêtre principal de Jérusalem.
Au temps de Jésus, les sadducéens formaient un parti puissant; c'était le parti des prêtres, chez qui on recrutait les grands prêtres. Leur domaine était essentiellement le Temple.
Du point de vue religieux, les sadducéens étaient des conservateurs, s'en tenant aux Ecritures, mais quasiment uniquement au Pentateuque où ils trouvaient les lois sur le culte et le sacerdoce. Contrairement aux pharisiens, les sadducéens répudiaient absolument la tradition des Anciens.
Chose intéressante pour la compréhension de notre texte, ils rejetaient sans réserve ce qu'ils considéraient comme des croyances nouvelles ou importées, telles que les anges, les esprits ou la résurrection ainsi que la venue prochaine du messie.
On peut alors comprendre qu'ils étaient les ennemis déclarés des pharisiens.
Après la destruction du Temple en 70, on n'entendra plus parler d'eux.

Cette mention unique de leur nom s'explique alors bien en fonction du sujet qui va être abordé par eux: la résurrection. Et Marc spécifie bien que les sadducéens, contrairement aux pharisiens et aux scribes, nient la résurrection.
Ainsi, les sadducéens trouvent bon non pas de piéger Jésus mais plutôt de tenter de ridiculiser une croyance que Jésus partage avec leurs ennemis, les pharisiens.

Et ils partent donc d'une loi contenue dans le Pentateuque , qui est pour eux l'Ecriture par excellence. Cette loi est appelée loi du lévirat ( du latin levir: beau-frère).
Cette disposition légale faisait un devoir au frère d'un homme mort sans enfant ( entendons bien sans garçon…) d'épouser la veuve de ce dernier, le premier fils de cette union étant considéré comme le fils du mort. Cette loi du lévirat montrait une totale absence d'espérance concernant la résurrection. En effet, en Israël, l'idée était véhiculée que l'homme n'a qu'une vie, et qu'ainsi aussi longtemps que des êtres sortis de moi ou mes fils portent mon nom, ou le prononcent, je suis vivant en eux, et "mon nom n'est pas effacé d'Israël". Les juifs étaient également soucieux d'assurer leur descendance et la continuité du peuple élu.

Arrive alors la réponse de Jésus, qui n'utilise aucun texte de l'Ancien Testament qui pourrait être une affirmation de la résurrection; parce qu'il devait bien savoir que ces textes ne trouvaient pas d'écho en matière d'autorité pour les sadducéens.
La réponse de Jésus est alors surprenante, mais pleine de sens. Demander s'il y a une vie après la mort revient exactement à se demander s'il y a un Dieu!!
La méthode de Jésus est curieuse: Les sadducéens récusent les quelques textes de la Bible qui parlent de la résurrection? Et bien Jésus, lui, en fournira la preuve par le moyen d'un texte qui n'en parle pas!!
Et Jésus les attaque sur un fait: en niant la résurrection des morts, ils nient la puissance de Dieu. Et principalement , ils nient que Dieu ait le pouvoir de transformer dans son royaume les conditions de la vie d'ici-bas!!
Ils n'ont pas les moyens d'imaginer le Royaume autrement que comme en continuité exacte avec les cadres de vie qui sont ceux de la terre.
On ne leur jette pas la pierre; nous aussi , on a du mal à ne pas calquer dans le royaume nos conditions de vie sur terre. On entend bien parfois cette question: "Où est-ce que Dieu pourra loger tous les ressuscités?"!!
L'attitude des sadducéens a son parallèle dans celle des croyants de quelque religion qui se font une idée du fameux paradis!
Alors, Jésus dit que les ressuscités seront "comme des anges".C'est bien gentil , comme réponse, mais si on se réfère aux paroles de Jésus sur les anges , elles ne nous apprennent strictement rien sur leur vie céleste!! Alors, on peut dire que tout comme nous n'avons pas d'idée de la vie d'un ange, nous n'en avons pas non plus de la situation des ressuscités.
La réponse de Jésus n'apporte aucun détail sur le mode de la vie éternelle. Il n'avance rien qui soit une critique du fait du mariage dans la vie terrestre, mais il ne dit pas non plus que ce qui a été vécu dans le mariage et qui était signe de l'amour divin sera aboli. Apparemment, on ne vivra plus dans le même état de mariage. Mais parce que l'amour conjugal a été constitutif de l'identité de notre être, et que la résurrection certainement ne détruira pas cette identité, mais l'élèvera à une dimension autre, pourquoi craindrions-nous que Dieu nous l'ôte?
La résurrection n'est pas un moins par rapport à notre vie terrestre!!

Parlons maintenant du passage que cite Jésus: Exode 3. Dieu est le Dieu des patriarches, c'est-à-dire non seulement le Dieu en lequel ils ont cru, mais celui qui les a pris sous sa protection et qui les a reçus dans son amitié. Jésus, en faisant allusion à cela, ne fait appel à aucune doctrine philosophique ou religieuse, ni même à aucun texte de l'Ecriture sur la résurrection. Il fait appel à un fait de l'histoire d'Israël, l'événement fondateur de cette histoire: DIEU A AIME CES HOMMES. Il le leur a témoigné par des promesses extraordinaires et des actes d'amour puissants.
Comment alors imaginer que ce Dieu là trouve dans la mort une limite à son amour? Ce serait à la fois la négation de sa parole et l'abolition du sens de l'histoire d'Israël.
Alors vient cette parole de Jésus: "Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants!!"
Ce que Jésus annonce avec ce texte de l'Exode, c'est que Dieu ne peut pas se présenter à Moïse pour lui annoncer la délivrance de son peuple, en se réclamant des trois hommes qu'il a aimés, et n'a pu délivrer de la mort, de trois hommes à qui il n'aura donné la vie en se révélant à eux que pour les abandonner à la mort.
Cette argument qu'avance Jésus est d'une simplicité extrême et d'une puissance fulgurante.

Concrètement aujourd'hui, pour nous, cela veut dire que nous n'avons pas à nous soucier de la manière dont nous ou les nôtres ressusciteront. Là encore, c'est une question de confiance envers un Père qui connaît notre identité, notre cœur et nos pensées mieux que nous-mêmes.
Nous avons à lui faire confiance parce que la résurrection est un acte d'amour de sa part, et que cela ne peut être que bon, bien fait, au-delà même de la pensée de l'homme!!
La question qui me semble importante ne concerne pas les modalités de la résurrection pour lesquelles la Bible est silencieuse : l’assurance de la résurrection doit avoir un impact sur nos propres vies, sur notre manière de voir la vie et de gérer notre quotidien. Sinon, Dieu aurait gardé ça pour lui.
Il me semble que le point le plus important que peut nous apporter l'assurance de la résurrection, qui peut changer notre optique de la vie, c'est la peur de la mort qui est anéantie.
Savoir que la tombe n'est pas ma dernière demeure, ni celle de ceux que j'aime; savoir que Dieu m'aime tellement, moi, tel que je suis, avec mes défauts et mes qualités, avec mes réussites et mes échecs, qu'Il ne veut pas que je sois séparé de lui à cause de la mort, voilà qui peut nous donner une paix précieuse!!

Alors, le fait que ni la souffrance, ni la mort ne soient en aucun cas voulues par Dieu me pousse à me sentir responsable pour lutter, lutter pour que toute souffrance et toute mort qui pourrait être évitée ne soit plus sur terre.

Cette résurrection montre, comme le dit Jésus, la puissance de Dieu. C'est vrai que Dieu aujourd'hui ne se manifeste pas exactement comme nous l'attendons. Mais clairement, Dieu est le tout-Autre. Mais Dieu est aussi le puissant, qui peut aider l'humanité, parce qu'il aime l'humanité.
La peur est alors chassée; la peur de la maladie; la peur de la mort; la peur de ne pas y arriver; la peur de ne servir à rien; la peur de mal faire; rien, RIEN ne peut plus me séparer de l'amour de Dieu!!
Ma vie ne peut alors qu'avoir envie d'être un reflet de cet amour; vous vous rendez compte, quel témoignage de dire au monde: "Je n'ai pas peur de la mort; je ne crois qu'au pouvoir de l'amour"!!
Le monde aujourd'hui meurt de peur. Devant la mort, notre société soi-disant judéo-chrétienne tremble, et n'ose plus même prononcer le mot de "mort" tant la peur est grande. Ne serions-nous pas retournés au 16e siècle?
Nous avons peut-être à redécouvrir et faire découvrir le salut par la grâce!!
La résurrection, peu importe comment cela se passera. Je sais que ça, c'est la partie de Dieu et je lui fais plutôt confiance pour bien gérer l'affaire.
Mais c'est à moi , fort de cette foi, de prendre ma place dans la société, auprès des autres, débarrassé de cette peur de la mort, pour semer autour de moi cet amour et cette confiance. Pour semer la quiétude et l'amour de la vie. Voilà ce que la résurrection peut changer dans ma vie de tous les jours: m'apporter la paix pour moi et les miens; et ainsi m'aider à mieux vivre le quotidien en y cherchant un sens, aidé de la présence aimante de Dieu, sachant la mort ne sera pas le point d'orgue de ma vie.

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09 novembre 2006

Photos du Temple de Trescléoux

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(photos Joël PAQUEREAU nov. 2005)




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Vues Extérieures

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05 novembre 2006

Aimer, culte du 5 nov.06 à St Laurent du Cros (05)

Textes bibliques du jour:
- Deutéronome 6, vers. 1 à 9
- Hébreux 7, vers. 22 à 28
- Marc 12, vers. 28 à 34


Le commandement d'aimer

Vous savez mieux que moi que les automobilistes gapençais sont très disciplinés…Quand il y a un passage pour piétons, et une silhouette en vue, pas question de continuer ; on s’arrête , un point c’est tout. LA LOI, c’est LA LOI !!!
Mais allez donc dans cette rue semi-piétonnière qu’est la rue Carnot….Forcément, comme les piétons sont prioritaires, il n’y a pas de passage pour piétons…Et bien là, ne vous aventurez pas à traverser lorsqu’une voiture arrive : elle ne s’arrêtera pas !!!!!!!!!
Tout cela paraît illogique,contradictoire.

Notre texte des paroles de Jésus rapporté par Marc en est de même : à la question d’un maître de la Loi qui demande quel est le plus important des commandements, Jésus répond que c’est…l’amour !!! L’amour porté à Dieu ; l ‘amour porté au prochain.
Pourtant voyons, ces deux mots de commandement et d’amour ne vont pas ensemble !!!!
On parle de commandement à payer ; pas de commandement d’amour !!
Oui, mais l’homme a besoin de cadre. Comme l’automobiliste gapençais a besoin de voir les traits blancs sur la route pour que son cerveau lui dicte « stop », nous les hommes nous marchons bien souvent avec des cadres et des lois.

Je m’arrêterais ce matin sur quatre points :
-Le premier sera l’amour comme commandement.
-Le second sera « pourquoi aimer » ?
-Le troisième sera « qui aimer » ?
-Le quatrième sera « comment aimer » ?

L’amour en tant que commandement.
Si ce n’est pas un comble !! Mais voyons, tout le monde aime. Tout le monde aime quelqu’un, quelque chose. Tout le monde saît bien ce que c’est que l’amour. C’est le sujet le plus banal ! Pourquoi alors en parler comme d’un commandement ? Un souhait, une invitation à, ce serait mieux !
Chacun ce matin sait à quel point il y a d’amours différents : » j’aime les glaces » n’a pas grand chose à voir avec « j’aime mes enfants » ou « j’aime mon conjoint » avec « j’aime le soleil »…
L’amour…
Si Dieu nous commande d’aimer, c’est qu’Il sait parfaitement que dans notre cœur d’homme, de femme, d’enfant, ce n’est pas si évident que cela d’aimer ; d’aimer vraiment. D’aimer bien au sens de bien aimer.
Et si l’apôtre Paul a écrit tout un chapitre sur l’amour, l’amour fraternel, c’est que ça ne coule pas forcément de source que d’aimer « de la bonne manière ».
Un commandement, c’est une exigence, c’est un préalable nécessaire avant de continuer quoi que ce soit.
Là, Jésus se retrouve devant un maître de la loi. Le maître de la loi connaît toutes les lois. Pas seulement les dix commandements. Mais plus exactement les 600 commandements contenus dans le premier testament !!!
Alors, Jésus connaît-il son catéchisme ?!!! Si l’on s’en tient aux 10 commandements, Jésus ne va pas donner le 1er ( « tu n’auras pas d’autre dieu devant ma face ») ; il ne donnera pas non plus le…5e sur le respect des parents ou le 6e qui interdit le meurtre…
Les commandements d’amour ( ou plus exactement le commandement d’amour) que Jésus donne ne se trouvent nulle part sous cette forme dans le premier testament.
On glisse donc de la « règle toute faite », la chose à suivre à la lettre, du commandement-loi, à l’attitude toute entière de son être.
Avec ce texte fondateur du christianisme, on va effectivement passer de la loi à la grâce.
Non, nous n’aurons plus un catalogue des 600 choses à faire pour être quelqu’un de bien. Désormais, nous n’aurons « plus qu’à »…aimer !!!!
Laquelle de ces deux choses est la plus facile ? Obéir à une liste…ou aimer ?
On comprend alors mieux le mot de « commandement ».

Alors j’en viens au second point : pourquoi aimer ?

Nous l’avons vu, Aimer n’est pas un choix, possible, envisageable parmi d’autres choix.
Mais pourquoi aimer ? On ne peut vivre sans aimer.
Aimer est la clé de tout : de la relation possible avec Dieu.
De la relation possible avec les autres.
De la relation possible avec soi-même.
Pourquoi aimer ? parce que l’amour est porteur de vie ; la haine ou même l’indifférence sont porteurs de mort.
Un bébé qui ne croisera dans ses premiers mois aucun regard d’amour sur lui se laissera mourir.
Un enfant qui ne recevra pas d’amour dans son enfance aura bien du mal à se construire.
Vivre sans amour est impossible.
L’amour est bien cette pulsion de vie qui porte vers l’autre. C’est ce lien fort, unique, source de joie, de bonheur, de sens.

Alors vient immédiatement le troisième point : « qui aimer » ?
Tout le monde à peu près sait répondre à la question « qu’est-ce qu’aimer ? »
Mais là vient une différence fondamentale entre ceux qui se désintéressent du Dieu de Jésus-Christ et ceux qui lui font réellement confiance.
Qui aimer ? voilà la réponse de Jésus :
Tu dois aimer le seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. Tu dois aimer ton prochain comme toi-même ».

Aimer Dieu…oh ! pas comme ça de temps en temps le dimanche, ou quand on se dit que ça pourrait arranger notre petite cause….On ne peut pas aimer par intermittence. Soit on aime, pleinement. Soit on n’aime pas vraiment.
Là, on ne peut faire dans la demie-mesure. Nous sommes appelés à aimer Dieu de tout notre être ( cœur, âme , intelligence , force).
Et là, cet amour-là s’apprend. Je serais prête personnellement à donner ma vie pour mes enfants. Je crois. Mais serais-je prête à donner ma vie pour Dieu ? j’en suis beaucoup moins sûre.
Et pourtant, c’est cet amour-là, inconditionnel, intolérable pour les non croyant, que nous sommes appelés à vivre !!
Aimer son prochain.
C’est certainement aussi dur, si ce n’est plus encore, que d’aimer Dieu de toutes ses cellules.
Aimer celui qui ne pense pas comme moi. Aimer le bourreau. Aimer celui qui sent mauvais. Aimer le musulman ; aimer celui qui vote front national ; aimer le communiste ; Aimer mon concurrent. Aimer la rébellion adverse. Et celle qui a tué son enfant. Aimer le violeur. Aimer celui que tout me pousse à ignorer.
Vous comprenez mieux pourquoi c’est un commandement ?!!!

Vient alors le dernier point : comment aimer ?
A vues humaines, je vous le dis tout de suite, c’est impossible.
Mais si Dieu nous commande d’aimer, c’est qu’Il est aussi là dans cette entreprise d’amour.
Et tout d’abord, Il nous en donne lui-même l’exemple : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».
Dieu a en Lui une force d’amour inimaginable ; à tel point que le nouveau testament nous dit que Dieu « est amour ».
On ne peut certainement se rendre compte à quel point Dieu aime chacun d’entre nous ; du plus nati au plus pauvre ; du plus crasseux au plus propre ; du plus pur dan son cœur au plus ignoble.
La première des choses pour apprendre à aimer ( parce que c’est un apprentissage) est certainement de se rendre compte de la manière dont Dieu nous aime personnellement. Là, on peut vraiment sentir une vague d’amour se déverser sur nous. C’est indescriptible. Dieu m’aime à la folie. Mais qui suis-je ?
Petit bonhomme, petite bonne femme….petite fourmi humaine dans cet océan d’humanité…
Il faut certainement avant toute chose expérimenter l’amour de Dieu pour soi.
Et il faut lui demander, simplement : « Dieu, tu m’aimes comment ? ». Réponse assurée !
A partir de là, chacun peut cheminer sur le « comment aimer », parce que le Dieu de Jésus-Christ nous donne des « outils ».
D’abord, Il nous donne son Esprit, ce souffle d’amour qui vient faire sa demeure en nous.
Alors, cet Esprit nous appelle à changer notre regard. Cet autre que j’ai bien du mal à aimer, il est autant aimé par Dieu que moi-même. Et celui qui m’indiffère, celui qui me dérange, je suis appelé à le regarder comme si c’était le Christ lui-même en face de moi.
Et je vous lis les versets de Paul sur l’amour, et sur ce que l’Esprit qui habite en nous peut faire.

" L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne s'enfle pas pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son interêt, il ne s'irrite pas, il n'entrtient pas de rancune, il se réjouit pas de li'njustce, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout , il croit tout, il espère tout , il endure tout."

Alors, oui, si on prend conscience, réellement, de l’amour dont chacun d’entre nous est aimé ; si on se gorge de cet amour ; on peut faire chaque jour des pas d’amour de plus. Et le regard qu’une Mère Thérésa, qu’une Sœur Emmanuelle, ou que tous ces gens bien moins connus ont sur l’humanité, ne sera plus quelque chose d’exceptionnel, mais deviendra notre propre regard. Et changera enfin notre propre vie…et la face du monde.
Amen.

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29 octobre 2006

Culte de la Réformation



Textes bibliques:
- Essaïe 55 vers.1 à 11
- 1 Cor. 3 vers.11 à 23
- Marc 11, vers. 15 à 18


Nettoyage d'automne


Pour un nettoyage de printemps, c’est un vrai nettoyage de printemps !
La pâque juive approche, puisque Jésus vient d’arriver à Jérusalem…Pâque juive qui imposait à chaque famille un nettoyage en profondeur de chaque maison, ainsi que de jeter tout ferment hors de chez soi ; symboliquement, de jeter le vieux, l’ancien, pour partir du des bases saines.

En ce dimanche de la réformation, où nous nous souvenons que Martin Luther a affiché ses 95 thèses à Wittenberg, nous n’allons pas nous tourner vers le passé et soupirer avec nostalgie…
Ce texte rapporté par Marc, tout comme l’attitude et les convictions du réformateur Luther, nous invitent à un véritable nettoyage ( d’automne !) dans notre vie.
Pour cela, je vous propose un cheminement ce matin avec cinq verbes :
Les verbes CHOISIR ; NETTOYER ; puis CROIRE, DEMANDER et enfin PARDONNER.

CHOISIR :
Nous pouvons tous vivre sans faire de choix. J’entends des choix fondamentaux. Pas des choix de moindre importance comme ce qu’on mangera à midi ou encore quel prochain vêtement on va s’acheter.
Nous pouvons tous vivre ( et bien de nos contemporains le font) au jour le jour, en laissant les événements, les autres, l’habitude, la résignation nous guider. Un peu le « Inch’allah », sorte de fatalisme.Ce n’est certianement pas dans la vision de Dieu, du Dieu de Jésus-Christ, de faire de nous des moutons de panurge ( ou des moutons de notre société occidentale qui suit bêtement le « Dieu consommation »).
Si nous ne faisons pas de choix, il arrivera forcément un moment de notre vie où nous ferons le point, et où nous serons frustrés, ou aigris, ou emplis de regrets.
OUI, Dieu nous appelle à des choix ; des choix de vie ; des choix relationnels ; des choix quant à nos engagements ; des choix quant à la manière dont nous voulons orienter nos vies.
Dieu nous invite à nous arrêter, et à nous demander, qui que nous soyons, quel que soit notre âge : « est-ce que j’ai la conviction, profonde, véritable, que ma vie a du sens ? » .
Là, forcément, si l’on se pose véritablement, profondément, intensément , honnêtement la question, des choix, parfois douloureux, vont s’imposer comme essentiels.
Nous ne sommes pas appelés à remplir juste notre estomac trois fois par jour.
Le sens de notre vie n’est pas « juste » de rapporter une paie à la maison.
Les Proverbes l’annoncaient déjà : « Mieux vaut une maison sans pain , avec la paix, qu’une maison triste pleine de viande ».
Nos choix ne sont pas à faire avec le seul critère économique. Certes, nous avons besoin de manger, de faire manger nos familles. Mais le travail, et son fruit, ne sont que des moyens, pas des fins.
Des choix sont donc à faire dans nos vies pour devenir de véritables acteurs, actifs de nos vies.

Vient alors le deuxième verbe : « NETTOYER ».
Jésus se met en colère…pas beau, n’est-ce pas ?!!
Pourtant, cette colère est porteuse de vie. Ce temple de Jérusalem n’était pas destiné au commerce ; ce n’était pas le marché du samedi ou la halle au grain !!
Le temple, c’était le lieu de la relation à Dieu ; le lieu où l’Homme venait se ressourcer ; le lieu où la créature venait remercier le Créateur et prendre sa nourriture spirituelle…
Ce temple-là était devenu un mélange de tout et de rien… peut-être un peu comme nos vies…
Paul, l’apôtre, nous dit que maintenant, c’est nous le Temple de Dieu, de son Esprit.
Alors, oui, il y a un nettoyage à faire dans nos vies. Oh ! absolument pas à la manière culpabilisante du style « Il y a des choses dans votre vie qui ne sont pas « conformes »…bla bla bla »…
Quand on fait le ménage dans sa maison, c’est parfois difficile ; il faut trier, jeter ce qui encombre, ce qui est devenu trop veiux, trop poussièreux…mais à la fin, quel bonheur de meiux circuler, mieux respirer, meiux vivre tout simplement !
Là, ce nettoyage de nos vies est pareil : il consiste à faire le tri dans nos activités, dans nos choix personnels, dans nos manières de vivre, dans notre façon d’envisager nos relations aux autres ; dans ce que nous avons parfois dans les tripes mais qui se laisse envahir par tout autre chose ( la peur ; le raisonnable ; le quotidien…)
Nettoyer, et orienter nos vies vers nos priorités, c’est vraiment mettre le cap sur un sens à notre vie.
Alors viennent les deux verbes suivants, ceux qui sont capables de nous mettre en marche, et de nous dire : oui, mes choix de vie, le sens de ma vie, il est réalisable.

Ce sont les verbes CROIRE et DEMANDER.
Mais n’est-ce pas retomber en enfance ? Je vous ai dit juste auparavant qu’il nous faut faire nos choix, nos choix responsables de vie, pour un sens, pour un monde meilleur, pour un monde de sens, et on a alors l’impression de retomber dans le spirituel, celui qui n’agit pas, celui qui demeure statique et nous maintient dans un état puéril…

C’est mal comprendre.
L’affaire du figuier que Jésus a maudit,et qui est rapporté juste avant les deux verbes « croire » et « demander », est bien là pour nous secouer, nous remuer :
Ce qui ne porte pas de fruit est mort, sec. Lève-toi, choisis de porter du sens, choisis de sortir de ton train-train protecteur et suffisant, debout pour porter du fruit, même si ce n’est pas la saison.
…Et pourquoi pas la saison ? Vous trouvez, vous, que c’est la saison, dans notre société, de faire vraiment ce qu’on a au plus profond de notre cœur ? Vous trouvez que c’est dans l’air du temps de vouloir laisser une belle planète à nos enfants ? vous trouvez que c’est à la mode de vouloir apporter aux autres, que ce soit au travers des arts, au travers d’une main tendue, au travers d’un sourire ou d’un pain partagé… ?
CROIRE et DEMANDER, c’est avoir la folie de penser qu’un changement est possible ; et que ce sens profondément inscrit dans nos tripes est envisageable…parce qu’il y a un Dieu, un Dieu de vie, un Dieu de sens, un Dieu qui aime l’homme et veut des hommes, des femmes qui aiment ce monde et arrêtent d’être frileux, renfermés et concentrés sur leur liste des courses…
Alors, oui, je peux vous certifier que si on fait un tant soit peu confiance à Dieu ( confiance ayant même racine que croire), en se disant qu’Il a voulu un monde beau, solidaire, agréable à vivre, alors, je pense vraiment qu’on peut compter sur Lui, sur sa présence quand on baisse les bras ; sur son action quand on se met debout ; sur sa force quand on se décide à aimer les autres et non plus son seul nombril. Et là, on peut DEMANDER .
Alors, certains vont dire : « mais moi, j’ai demandé et j’ai rien reçu ! ».
Mais on demande quoi à Dieu ?!!! Est-ce qu’on ne Le prend pas pour la tirette à bonbons, ou le dispensateur de nos quatre volontés ?. Nos demandes, elles sont pour les autres, pour un sens, pour nous donner la force de nos choix, ou bien pour un frigo rempli, pour gagner au loto, et pour avoir une vie bien tranquille ?!!!

Alors, vient le dernier verbe, qui peut sembler curieux au milieu des autres : le verbe « PARDONNER ».
Le pardon, étymologiquement, c’est le don au-dessus de tous les dons.
Je crois que c’est le verbe de la relation à l’autre par excellence.
Pardonner, c’est accepter que l’autre, comme moi, se trompe. C’est lui redonner sa chance.
Mais que vient faire ce verbe dans l’histoire ?
Je crois qu’on ne peut trouver le, LE sens de sa vie, qu’on ne peut se mettre debout pour mettre en œuvre ce qu’on a dans le cœur, si on a ce même cœur rempli d’amertume, de rancœur et de vieilles histoires qui nous pourrissent la vie. On ne peut en même temps vouloir aimer les autres, aimer la terre, aimer le monde, aimer « en grand » et en même temps en vouloir à son voisin, à son conjoint – ou ex-conjoint-, à ses parents, à ses enfants…
On doit certainement là aussi faire du ménage dans nos sentiments, dans nos envies de vengeance, dans nos regrets et nos échecs. Donner un grand coup de balai dans ce qui nous enchaîne pour être libre. Enfin, libre ; et arrêter de tout calculer. L’amour ne se calcule pas.
Alors, c’est parti pour nous : à nous de choisir ; à nous de nettoyer ; à nous d’y croire ; à nous de mander ; à nous de pardonner. Et je vous le dis, si vous le faites, vous connaîtrez le bonheur. Le vrai.
Amen

Libellés :

24 octobre 2006

Culte Noël St Laurent du Cros

Libellés :

08 octobre 2006

Dimanche 8 octobre, temple de Gap

La prédication n'est pas encore en ligne car elle a été écrite manuellement et le temps me manque pour la rédiger... patience .
Vous pouvez aussi me proproser votre aide ponctuelle en saisissant sur votre ordinateur le texte que je peux vous envoyer par courrier postal !

Joël

Libellés :

02 octobre 2006

Article Dauphiné Libéré rentrée ERF

Voir aussi le Blog du Groupe de jeunes sur http://jeunesgapencais.blogspot.com/

01 octobre 2006

Dimanche 1er Oct. 2006 à Gap-Romette (journée de rentrée)


Textes bibliques:
- Romains 15, verset 13 à 16
- Matthieu 5, verset 1 à 16
- Jérémie 1, verset 1 à 12

Notre appel, notre vocation...



Jérémie!! Voilà le prophète au surnom terrible: "prophète de malheur"!! On comprend que le tome 2 du livre de Jérémie se nomme "lamentations de Jérémie"!!
Annoncer des bonnes nouvelles, vous me direz que c'est facile…plus facile que d'annoncer des mauvaises nouvelles, des catastrophes et autres paroles qui provoquent des larmes, ou de la colère!!
Voilà Jérémie, qui tente tout devant l'Eternel pour sauver sa peau; plus exactement pour ne pas faire ce que nous appellerons le sale boulot… Après tout, le Seigneur, si c'est pour tout dévaster, il n'a qu'à en faire lui-même l'annonce!
Quelques mots tout de même de Jérémie et son fameux ministère avant d'en arriver à notre propre appel, notre vocation.

Jérémie, dont le nom signifie probablement "celui que l'Eternel a établi", fut appelé à son minsitère environ après le ministère d'Esaïe. Et il fut appelé au moment où le roi Josias venait de déclarer la guerre à l'idôlatrie régnante et de mettre la main au rétablissement du culte de l'Eternel.
L'Assyrie, cet antique ennemi de Juda, était alors sur son déclin,: sous les belles apparences de la réforme opérée par Josias, Jérémie voyait certainement l'état d'impiété et d'immoralité qui s'était installé.
On peut dire que pendant les 22 années qui suivirent sa vocation, son ministère ne fut marqué par aucun grand événement. On voit bien, en général, qu'il subit partout l'inimitié de son peuple ,des gens de son village et des membres de sa famille, d'où un rapprochement du texte de Luc où Jésus annonce que "nul n'est prophète en son pays"…
Jérémie n'eut pas une vocation facile: il était seul; seul pour supporter ces haines, ces paroles violentes, d'autant que le chapitre 16 nous apprend qu'il avait renoncé à se marier pour être plus libre dans le service de Dieu…!

Seul. Et pourtant, il est difficile de trouver dans l'histoire d'Israël une figure aussi attachante et en même temps un plus grand caractère que cet homme-là. Jérémie, on peut dire que c'est la foi debout au milieu des ruines. Il désespère de tout ( Ah! Jérémie, comme nous te comprenons!!) et en même temps il agit comme espérant tout!! Il ne domine pas son temps, comme Esaïe; il le subit et le porte, un peu comme son fardeau assigné.
Accepter tout pour Dieu, pour sa tâche, pour ses concitoyens ingrats et aveugles, voilà sa vie. Non qu'il soit insensible aux douleurs, aux difficultés de cette situation; non; Jérémie a aussi eu des moments de doute; des moments où son âme était submergée de cette douleur; des moments de défaillance et d'angoisse; mais jamais d'amertume ou de colère. Et Jérémie était un homme vrai, au langage fier et hardi, parce qu'il sentait que sa mission n'était pas de se défausser; parce qu'il sentait qu'il était l'homme de Dieu, l'instrument d'une vérité supérieure à lui-même, capable de l'abattre comme de le relever…
D'autre sont surpassé en puissance l'action de Jérémie. En éclat de parole aussi, comme Elie ou Esaïe…Mais je dirais qu'une gloire lui appartient: celle d'avoir offert au monde l'admirable exemple…de l'amour qui sert…
Souvenez-vous, le texte de Paul aux Corinthiens: l'amour est patient, l'amour croît tout, l'amour supporte tout…
Jérémie…C'est surement ici que se révèle le secret de la force nécessaire pour traverser les crises d'un temps de dissolution et de transformation universelles; c'est peut-être aussi un peu avec lui que l'homme apprend à croire sans voir…

Que peut aujourd'hui nous apporter ce récit de vocation de Jérémie?

Tout d'abord, que l'Homme est appelé par Dieu.
Tout homme reçoit vocation , mission de la part de Dieu. Aucune vie est inutile. Aucune. Et chacun est appelé, différemment de son voisin, parce que nous ne sommes pas tous appelés aux mêmes tâches, mais complémentairement.
Nous sommes appelés à devenir acteurs, au sens inverse du mot "passif", actifs, acteurs de notre vie, la menant vers un but; et acteurs de notre communauté d'église; pas passif; actif. Non pas pour servir l'église; c'est l'église qui est servante: elle n'a pas en tant que structure à être servie. L'Eglise, c'est nous tous, serviteurs de Christ!!

Mais nous avons, que ce soit pour nos vies ou pour la vie d'église, nos réticences. Nous avons nos bonnes excuses pour être plutôt des victimes de nos vies, subissant les événements et ne vivant que pour notre subsistance souvent; nous avons de bonnes excuses pour ne pas nous engager, non pas au service de l'église, mais au service de Dieu qui pourtant nous appelle.
Jérémie aussi a eu de bonnes excuses: je suis un enfant… Appelé certainement vers 22 ou 23 ans, Jérémie n'avait plus rien d'un enfant si ce n'est qu'il n'avait pas la sagesse des anciens, ceux qui parfois savent tout, ont tout vu, et font mieux que tous!!
Je ne sais pas parler, dit aussi Jérémie. Ah! Moïse aussi a eu cette argumentation…Mais à chaque fois, les arguments tombent : "Attends, tu crois que ce que tu prends pour des faiblesses, ou des obstacles pour vivre ce pourquoi je t'ai appelé vont avoir le dernier mot?" pourrait dire Dieu.
Ces obstacles aussi sont multiples pour nous…Et très convaincants: je n'ai pas le temps de mener tout de front; je ne me sens pas capable "pour l'instant" de prendre une "charge " quelconque…; je n'ai plus le temps de faire le point dans ma vie; j'ai plutôt l'impression que ma vie doit se vivre au jour le jour, sans projet, juste en gérant le quotidien…C'est vrai, à chaque jour suffit sa peine!!
Et puis, …il y a le doute.
Jérémie aussi à des moments de sa vie a douté. Non pas de Dieu réellement, mais de sa mission.
Nous, nos doutes sont parfois trop forts pour penser à un quelconque projet: projet de vie, projet d'église. Et si Dieu dans tout cela n'était que vaste filet sur lequel l'humanité se raccrochait comme à une bouée de sauvetage, pour ne pas désespérer? Et si Dieu n'existe pas, quel sens cela aura si je bâtis ma vie, ma vie personnelle et son sens comme s'Il était là, pour me guider, me soutenir, m'éclairer?
Et si Dieu n'existe pas, comment donner du temps, de mon temps, pour faire que l'Evangile, la soit-disant bonne nouvelle soit annoncée?
Tout cela sans Dieu devient ridicule, folie, perte de temps.
Nous avons tous nos excuses, et nos peurs. Nos peurs aussi de ne pas être à la hauteur. A la hauteur, dans la vie; à la hauteur, dans les engagements que je peux prendre.
Croire en Dieu est un pari!! Un pari sans preuve scientifique. Mais l'amour doit-il toujours se prouver, ou doit-il se vivre?
Dieu nous appelle à vivre avec son impulsion de vie, d'amour, dans notre monde difficile et plein de souffrances, d'échecs, comme l'était aussi le temps de Jérémie. Et Dieu, comme pour Jérémie, nous dit: "Ne crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel".
Te délivrer de la peur; te délivrer de tes doutes quant au sens de ta vie; de délivrer de ton manque de confiance.
"Vois-tu une branche d'amandier, dit le seigneur?" à Jérémie. Et pourquoi donc une branche d'amandier? Parce que l'amandier est couvert, en sa saison, de fleurs blanches…Comme les cheveux blancs sur la tête d'une personne mûre…donc sage!!
Ce n'est ni l'âge, ni le manque de temps, ni le manque de confiance en soi, ni les blessures de la vie qui doivent nous détourner de ce à quoi Dieu nous appelle.
l'Eternel dit à Jérémie: "Ceins-toi"; c'est-à-dire "prépare-toi pour partir, pour partir en mission". Dieu nous dit, à nous tous, et à chacun d'entre nous: "prépare-toi; prépare-toi, j'ai gravé dans ton cœur un plan pour ta vie, un chemin de vie! Avec mon aide, suis-le , et ta paix et ta joie seront grandes!"
Avec Jésus-Christ, voilà une parole certaine: Dieu dit aussi à Jérémie: "Lève-toi"; lève-toi qui donnera la résurrection. "Ressuscite!"
Nous sommes appelés à ressusciter; pas seulement dans la vie éternelle, après notre mort; mais aujourd'hui, pour une vie nouvelle en compagnie de Dieu, avec plus de confiance, en dieu, en nous-mêmes!
Et Dieu dit à Jérémie: "Va, car je suis avec toi".
Va, je suis avec toi, veut peut-être nous dire aujourd'hui le Dieu de Jésus-Chrit. Va, écoute ton cœur, et ne mets jamais de frein à l'amour. Va, écoute ma parole en méditant la Bible, et prends confiance dans la vie. Va, en comprenant que la relation avec moi est vivante, et si je te dis que je suis avec toi: Je suis avec toi.
A chacun d'entre nous de prendre ce temps, malgré nos réticences, nos peurs, nos manques de temps, nos doutes, de prendre ce temps pour dire aussi , comme le prophète Samuel: "Parle Seigneur ,ton serviteur écoute". Et enfin, il nous faudra entrer en action!

Amen!

24 septembre 2006

Dimanche 24 Sept.06 à Gap


Textes bibliques: Jérémie 11, v.18 à 20
Jacques 3, v.16 à chap.4, v.3
Marc 9, v.30 à 37

La langue...




Dans cette loi donnée à Moïse, seulement cinq commandements parlent des relations entre humains ! Seulement 5 !
Et dans ces cinq, il y en a un qui annonce : « Tu ne porteras pas de faux témoignage ».
Dans ces seulement 5 commandements, Dieu met déjà en garde l’humanité contre les méfaits de la langue.
Et voilà un chapitre entier de l’épître de Jacques qui traite des méfaits de la langue
Peut-être vous frottez-vous déjà les mains en vous disant que je vais remonter les bretelles de certains qui ont la langue bien pendue…Pourtant, j’aurais envie de faire comme Jésus l’a fait lors de l’accusation de la femme adultère : nous demander lequel d’entre nous n’a jamais mal utilisé sa langue ? Lequel d’entre nous ne s’est jamais laissé déborder par ses propres paroles ? Lequel d’entre nous n’a jamais menti ? Si un seul d’entre nous se lève et dit « moi », j’ai une bonne nouvelle alors à vous annoncer : « Christ est de retour parmi nous !! »

Si Jacques consacre tout un chapitre aux méfaits de la langue, c’est que ce problème existait déjà dans les premières communautés. Ainsi, Jacques met en garde cette communauté pas même seulement contre le mensonge. Le mensonge, c’est vrai, il le dénonce au verset 14.
Seulement 5 chapitres pour cette épître…Et un tout entier pour l’usage de la langue.
Cette mise en garde n’est effectivement pas nouvelle dans la Bible ; déjà les proverbes annoncent , parmi tant de versets parlant de la langue et de la bouche : « Les lèvres du juste connaissent la grâce, et la bouche du méchant la perversité ; Les lèvres fausses sont en horreur à l’Eternel ».

Cette épître parle de l’articulation entre la foi et les œuvres ; parle de l’amour fraternel ; du danger des richesses ; de l’écoute mutuelle… N’est-ce pas toujours d’actualité ?
Et concernant les dangers de la langue, on peut tout à fait rapprocher cela des paroles de jésus disant : « si ton œil est occasion de chute, arrache-le ». Là, en l’occurrence, c’est la langue que Jacques conseille de s’arracher.
Autant que les proverbes, Jacques a su donner de bons exemples sur les dangers de la langue.
Pourquoi des exemples ? C’est vrai qu’à première vue, on pourrait se dire qu’un si petit bout de chair n’est rien en comparaison du reste de notre corps !
Jacques va montrer que ce ne sont pas forcément les grosses choses qui dirigent .
Ainsi prend-il l’exemple des chevaux, ces animaux lourds, fougueux, puissants, à qui il suffit de mettre un mors, cette partie métallique et tirer dessus pour que toute la bête obéissent.
Ou encore l’exemple des bateaux, qui peuvent être si grands, si majestueux, mais qui ne sont rien sans ce si petit gouvernail qui donne la bonne direction.
Et tous ces animaux que l’homme peut dompter ; qui ne résistent pas à la domination humaine.
Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu. La parole de Dieu est créatrice ; Dieu a donné à l’homme la parole qui fait de lui une création à l’image de Dieu ; parce que c’est bien la parole qui fait que nous sommes totalement différents des autres créatures.
Mais autant la parole de Dieu est créatrice, autant la parole de l’homme peut être destructrice.

Alors, quelles sont les différentes manières, pour la langue, d’être destructrices ?
Il y a d’abord le faux témoignage. C’est cette parole qui, en général, accuse quelqu’un sans en avoir la preuve.
ça ne vous est jamais arrivé ?!!!
Le faux témoignage pourtant englobe aussi la rumeur.
La rumeur, tout le monde sait ce que c’est.
Prendre part à une rumeur, faire courir un bruit que l’on a entendu sans même le vérifier!!
Et juger quelqu’un sur une rumeur, c’est un acte grave.

Il y a aussi le non-discernement de ce qui doit être dit. Rapporter à une personne quelque chose qu’elle a entendu sans que la personne ne puisse se défendre, par exemple.
Du style : « je te le dis parce que je l’ai entendu et ça te concerne. Mais ne va pas dire que je te l’ai dit, j’aurais des ennuis ; et c’est pour ton bien que je te l’ai dit ».
Ca, c’est un usage terrible de sa langue ; rapporter les ragots et autres bruits à une personne.

Dans nos églises, il y a une manière subtile de rapporter des ragots ou de faire preuve de non-discernement dans ses paroles. Il y a …la prière !!
Ca existait déjà dans la Bible : « seigneur, je te remercie de ce que je ne suis pas comme cet homme »…
Aujourd’hui, ce serait peut-être plus : « seigneur, je te prie pour mon frère Untel qui a fait ceci ou cela( bravo, maintenant tout le monde est au courant !!) ; aide-le à revenir dans la vérité ». BRAVO !! Sous des petits airs charitables ( tu vois mon frère, j’ai prié pour toi), on vous déballe devant tout le monde votre vie et en plus on se permet de vous juger avec un grand sourire !!!

Il y a aussi plus classiquement la parole blessante, celle qui met par exemple en lumière l’état de l’autre sans pour autant lui donner les possibilités de sortir de cet état : « Il n’y a que les feinéants qui ne trouvent pas de travail …Ah au fait, tu n’as toujours pas de travail ?… »
Ou encore : « Les enfants qui bougent sont des enfants qui n’ont pas reçu d’éducation ; tiens, tes enfants, qu’est-ce qu’ils sont remuants !!! »

Des exemples comme ceux-là, chacun pourrait en raconter des tas ; et si chacun était honnête, il pourrait peut-être chercher dans sa mémoire et trouver une parole blessante qu’il a prononcée.

Il y a également le secret non gardé.
Le Conseil presbytéral , dans la liturgie de reconnaissance, s’engage à garder secrètes les confessions. C’est bien parce que la discrétion est un élément essentiel de la confiance que peuvent porter les gens à des institutions ou à des personnes.
Très vite, vous savez, vous êtes catalogué si vous racontez à d’autres ce que des personnes vous ont confié ; très vite plus personne ne vous fera confiance. Même si les gens continuent à vous sourire et à vous saluer, il viendra un moment où vous vous rendrez compte que vous n’êtes plus au courant de rien et que plus personne ne vous fait réellement confiance ( sauf s’il s’agit de faire passer un message à tout le monde en s’économisant les frais de téléphone !!!!)

Enfin, je garde une terrible utilisation de la langue pour la fin : la manipulation.
Ne croyez pas qu’on ne trouve pas ça dans les églises…

La manipulation, c’est aller voir des personnes avant une réunion pour leur dire quoi voter, qui voter ; c’est faire la réunion avant la réunion avec les personnes que l’on souhaite…
La manipulation, c’est aussi précher le faux pour savoir le vrai ; c’est en définitive bien souvent semer la zizanie pour mieux régner ; monter discrétement les personnes les unes contre les autres pour être la personne centrale dont tout le monde croit avoir besoin…Oui, diviser pour mieux régner…
La langue est un feu. L’homme a toujours eu du mal à dompter ce feu. Et Jacques dit bien que par la langue nous bénissons Dieu , donc étymologiquement disons du bien de Dieu, et par la même bouche nous maudissons les hommes…
Personne n’est à l’abri de cette perversion. Personne.
Jacques montre bien que cette langue que nous avons est merveilleuse quand elle est utilisée avec sagesse, mais qu’elle devient instrument du diable quand elle devient parole blessante, rumeur qu’on fait circuler, faux témoignage, secret non gardé ou manipulation.
Je rajouterais à ce que dit Jacques que nous devons tous être conscients dans nos églises et dans nos familles que notre langue est un véritable couteau qui peut poignarder.

Rien de nouveau sous le soleil depuis Jacques ; entre frères et sœurs, entre humains, il y a ce petit instrument qui peut permettre la louange, la joie, le partage, l’amour déclamé. Qui peut hélas permettre aussi la méchanceté, la manipulation, la blessure, la peine, la haine.

Jacques nous met en garde. TOUS. Pas un d’entre nous ne peut se permettre de penser aux autres dans ce que j’ai dit sans d’abord s’examiner lui-même dans ses paroles.
C’est un exercice difficile que de garder sa langue, ou de la tourner sept fois dans sa bouche avant de parler.
Mais c’est à ce prix que l’Eglise peut rayonner, seulement à ce prix-là. C’est à ce prix qu’une famille peut rester unie.

Notre langue gouverne notre corps ; corps humain et corps qu’est l’Eglise. Le vent aura beau souffler dans nos voiles ; l’esprit aura beau souffler, si notre gouvernail qu’est notre langue est mal utilisée, nous nous échouerons ; nous échouerons.
Amen.

Libellés :

17 septembre 2006

Dimanche 17 Sept. 06 à Lourmarin

Textes bibliques:
- Esaïe 50, v.4 à 10
- Jacques 2, v.14 à 26
- Marc 8, v.27 à 35


Allez donc dans ce texte rapporté par Marc…chercher la Bonne Nouvelle…Ah ! les listes œcuméniques sont parfois troublantes ! j’aurais préféré ce matin un sympathique récit de guérison ; une petite multiplication des pains ; et même une petite discussion avec les pharisiens…
Mais là !!! Une dispute entre Jésus et Pierre ; une annonce de crucifixion, et cette frémissante exhortation : « si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix »…. Comme le disait la pub de la Poste : « pour une bonne nouvelle….c’est une ….bonne nouvelle ? ».
Et effectivement, ce texte contient une bonne nouvelle que nous allons partager ce matin.
Dans un premier temps, nous naviguerons dans le texte pour mettre en lumière les idées centrales.
Puis nous nous arrêterons devant cette interrogation de Jésus : « qui dites-vous que je suis ? ».
Enfin, nous verrons en quoi nous sommes exhortés….à porter notre croix.

Le texte.
Avec ces versets, nous entrons dans un cadre beaucoup plus intime que précédemment. L’enseignement, la proximité avec les disciples vont apparaître comme nécessaires et urgents.
Après avoir nourri dans ce même chapitre 8 une foule de 4000 personnes, et refusé un signe du ciel aux pharisiens, Jésus va éprouver le besoin, la nécessité de l’isolement, en allant sur l’autre rive.
Et il aura bien du mal à être quelques temps juste avec ses disciples…
C’est en territoire principalement peuplé de païens que Jésus va pouvoir …souffler un peu…enfin, pas vraiment !
Tout en marchant, Jésus va faire un large sondage d’opinion ; l’air de rien, il demande à ses disciples qui il est selon la populace… Question bien générale.
Ce qu’on peut dire, c’est que les suppositions vont bon train ; certains disent : « Elie », d’autres Jean-Baptiste et d’autres encore l’un des prophètes… ».
Ce qui est certain, c’est qu’il ne passe pas inaperçu !! On comprend alors que la venue de Jean le baptiseur n’est pas passée inaperçue non plus, et que la croyance en le retour possible des anciens prophètes était réelle.
Cette possible identité de Jésus sera totalement effacée dans le récit qui suivra, celui de la transfiguration, où Jésus sera avec Moïse et Elie…
Bien…après ce large sondage, vient la question » qui tue » ! plus exactement, la question toute personnelle : « Et VOUS…qui dites-vous que je suis ? ».
Au fonds, que la population ait différentes opinions sur son statut, ce n’est pas bien grave ; ces opinions pourront changer au fil du temps… Mais pour ceux qui, très bientôt vont prendre son relais, il ne s’agit pas de se louper !
Seule la réponse de Pierrenous est rapportée : « Tu es le Christ ». Apparemment, bonne pioche, puisque Jésus va leur recommander de se taire, du moins pour l’instant.
C’est alors que Jésus fait là la première annonce de sa passion et de sa résurrection. On sent que le temps presse. Il n’y a plus de temps à perdre, et les disciples ont maintenant intérêt à être…comment dire…opérationnels. Pierre va réagir affectivement ; Jésus va le remettre non plus dans le domaine de l’affect, mais le situer dans sa fonction missionnaire.
Cette fonction missionnaire, elle va être celle-ci : « si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera ».
Bon…pour les disciples…d’accord. Et encore, on se souvient du pas très courageux Pierre reniant Jésus trois fois…alors…
Jésus n’aurait-il pas eu vis-à-vis de l’homme de trop hautes exigences ?

J’en viens alors au second point annoncé : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? ».
Et vous ? qui dites-vous qu’il est ?.... ouh ouh ! je vous parle !!!!
La voilà, la question première qui nous est posée ce matin : D’abord, effectivement en communauté, qui dit-on qu’il est ?...
Mais surtout, surtout, cette question s’adresse à chacun d’entre nous…
Qui dit-on soi-même qu’il est ? On est souvent loin d’une unanimité …
Les perceptions de Jésus sont souvent variées ; on peut alors entendre qu’Il a été un grand pacifiste ; qu’Il était un grand prophète, mais quand même pas Dieu lui-même ; cette histoire d’incarnation en gêne certains ; ce récit de résurrection en embête d’autres …
Avant toutes choses, c’est la question que Jésus nous pose ce matin : qui dites-vous que je suis ? je suis qui, pour vous ? et donc, je suis quoi ? je représente quoi ? Un personnage du passé ? un prophète d’il y a deux mille ans ? quelqu’un qui a fait du bien autour de lui ?
Pourquoi cette question est-elle primordiale ?
Parce que de sa réponse dépend notre audace, notre petit grain de folie, notre façon d’envisager notre vie, notre monde, notre vie dans ce monde…
S’il est le fils de Dieu, Dieu lui-même incarné dans un nourrisson, alors, clairement, au jour d’aujourd’hui, sa promesse « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde « est valable.
S’il est un prophète, même grand, il est un temps déterminé dans l’Histoire, et moi je me débrouille un peu seul dans ma petite vie de tous les jours…avec ses belles paroles…
Avant toutes choses, avant de tenter de comprendre les paroles qui nous exhortent à porter sa croix, il nous faut être clair sur notre confession de foi personnelle. Ce qui n’interdit pas les doutes et autres questionnements, bien évidemment ; mais conditionne notre manière d’envisager la vie : si Dieu a pris la peine de s’incarner ; s’Il s’est abaissé jusqu’à prendre notre propre peau ; s’Il a vêcu, en tant que Dieu, la croix elle-même, ma perception de Dieu ne sera pas la même que si Dieu s’est choisi un gars sur terre pour aller, à la suite des autres prophètes, annoncer de belles choses…

Alors, une fois que nous sommes vraiment en marche pour chercher qui Il est pour nous, nous pouvons réfléchir à notre façon de suivre Jésus.
« Qu’il prenne sa croix ».
Dans notre Histoire, que d’exemples de personnes ayant pris leur croix, jusqu’au bout…Que de martyrs depuis 2000 ans…La liste est longue. De ces premiers chrétiens persécutés ; de ces catacombes à Rome ; de ces Pierre et Marie Durand ; de ce disant, en cellule : « ils m’ont tout pris, sauf mon baptême » ; de ce martin Luther King, figure emblématique de la résistance à un système inique de castes, arraché au confort de vie de famille dans une paroisse accueillante…De ces familles qui, pendant la guerre, ont, au nom de leur foi au Christ, ont caché, au péril de leur vie, des enfants juifs…
Je pense aussi à ces pays où encore aujourd’hui, être chrétien peut conduire à la mort….
Nous, nous ne sommes absolument plus dans tous ces cas de figure, fort heureusement.
Mais alors, porter sa croix, perdre sa vie à cause de Jésus et de l’Evangile, a-t-il encore un sens pour nous ?

Deux pistes me paraissent intéressantes et très complémentaires :
La première est l’annonce de Jésus :
c’est en paroisse et dans sa vie personnelle que nous devons nous poser la question.
Dans notre société qui n’en a pas grand-chose à faire de Dieu, comment, moi, est-ce que j’annonce la Bonne Nouvelle ? Ah ! la fameuse phrase du libre-choix, qu’est-ce qu’elle nous donne bonne conscience ?
Quand, pour la dernière fois, avons-nous dit à quelqu’un ce que le Dieu de Jésus-Christ a changé dans notre vie ? ( mais s’il n’a rien changé, se conférer au second point : « qui dites-vous que je suis ? »). Quand avons-nous osé offrir une Bible à nos petits-enfants, ou à notre voisin ? ( non, ce n’est pas réservé aux seuls témoins de Jéhovah !!)
En paroisse, avons-nous fait passer dans les journaux quotidiens nos activités de catéchèse pour tous ? et nos études de la Bible, osons-nous en diffuser largement dates et contenus ?
« car si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le fils de l’homme aura aussi honte de lui ».
Je suis d’accord avec vous, il faut se faire sacrément violence pour aller vers les autres, avec une Bible, avec une proposition d’accompagnement au culte, pour voir…
N’est-ce pas…porter sa croix que de se faire ainsi violence ?!!!
Enfin la deuxième piste : je crois que porter sa croix, aujourd’hui, c’est aussi espérer quand tout nous porte à desésperer.
Aujourd’hui, on entend un discours ambiant tellement morose….On a tous des envie de démission ; le contexte est dur….on a envie, comme les autres, de se désinvestir… Alors, comme on ne voit rien venir, on se désinvestit. De la paroisse ; de la vie de la cité ; de son rôle de grand-parents ; de l’engagement associatif…De toutes façons, ça ne change rien…
Porter sa croix d’une certaine manière, c’est œuvrer dans un monde de ténèbres. Perdre sa vie aujourd’hui, c’est croire dans le noir.
Perdre sa vie aujourd’hui, c’est oser aller à contre-courant, sans plus jamais se dire : « oh, ce que je pourrais faire, c’est une tellement petite goutte d’eau dans cet océan de malheur.
Porter sa croix, c’est arrêter de se prendre pour le nombril du monde que nos magazines veulent nous faire croire : se décentrer de son petit égo, relever ses manches, et croire que Dieu aime ce monde, et nous veut acteurs, acteurs actifs.
Porter sa croix, c’est annoncer le Dieu de la réconciliation dans ce monde qui tend plutôt vers un monde sans Dieu qui se déchire .
Porter sa croix, c’est, oui, se faire violence pour s’engager, pour les autres, en faveur du bien-être de l’homme, image de Dieu.
Ainsi, en ce début d’année scolaire, de rentrée, de reprise, ce texte nous invite tout d’abord à nous poser et à nous demander : « qui dis-je qu’il est ? »
Ensuite, noter croix, notre violence, notre scandale sera de devenir de vrais témoins de Celui que nous aurons reconnu, autour de nous, avec notre paroisse pour une plus grande ouverture, une plus grande visibilité. Enfin, notre croix, notre violence sera de nous mettre en marche, chacun, chacune, avec nos capacités, nos dons, nos talents, pour un monde plus juste, meilleur ; même si nous avons l’impression que les ténèbres sont gagnantes.
Car n’oublions pas : celui que nous sommes invités à identifier comme le Christ, le fils de dieu, c’est bien celui-là même qui a vaincu les ténèbres et est ressuscité.
AMEN.

01 janvier 2006

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