Retrouvez les prédications de Nathalie PAQUEREAU sur www.paquereau.fr
Poursuivez votre chemin en allant découvrir les prédications de Nathalie Paquereau sur http://paquereau.fr/
Ce Blog rassemble une partie des prédications rédigées et annoncées par Nathalie PAQUEREAU, Pasteur de l'Eglise Réformée de France, actuellement en poste à Gap, dans les Hautes-Alpes.
Poursuivez votre chemin en allant découvrir les prédications de Nathalie Paquereau sur http://paquereau.fr/
Textes bibliques:
Amen.
Libellés : Gap
Textes bibliques:
Qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ?
L’étranger, pour nous qui connaissons ce texte, et qui connaissons des choses sur Jésus, est bien évidemment cette samaritaine, cette femme aux mœurs légères, issue d’un territoire ennemi de la Palestine, vraie terre du vrai judaïsme.
Elle, c’est l’étrangère, la différente. Lui, c’est le familier, le compagnon, le connu.
Pourtant, avec ce merveilleux récit d’une rencontre, je voudrais ce matin partager avec vous trois pistes inspirés de ce texte :
Tout d’abord l’étrangeté de la différence ; puis la rencontre ; et enfin le partage.
Ainsi l’étrangeté de la différence.
Je reprends ma première question : qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ? Et bien, l’étranger, le différent…c’est Jésus !!!
Tout d’abord, c’est lui qui est en territoire étranger ! C’est lui qui traverse un territoire où juifs et samaritains ne peuvent cohabiter. C’est lui qui foule une terre qui n’est pas la sienne !
Ensuite, c’est encore lui qui viole en quelque sorte la bienséance, les bonnes manières.
En effet, c’est bien lui, homme seul, qui va adresser la parole à une femme. Et ça, ça ne se fait pas !!! Non seulement ça ne se fait pas chez lui, mais je dirais encore moins chez les autres.
C’est donc Jésus qui a là un comportement étrange.
Etranger donc ; violant les règles comportementales ; demandeur de surcroît ( c’est bien lui qui demande de l’eau à la femme).
Et si on pratiquait sur lui les fameux tests ADN qui font tant débat ces derniers temps, il n’est vraiment pas sûr du tout que l’ADN de Jésus et celui de Joseph auraient un quelconque lien !!!!
L’étrangeté de la différence, c’est bien Jésus qui la porte sur lui, en lui.
Et pourtant, cet étranger, il ne nous est pas étranger ! il nous est familier.
Ce récit nous montre alors bien qu’une situation, une personne, une attitude, des coutumes, des modes de vie nous apparaissent étranges, étrangères, différentes lorsque nous ne les connaissons pas. Et engendrent la peur, l’agressivité et le repli sur soi.
Et je ne parle pas là seulement de nationalité. La différence, quelle qu’elle soit, nous fait peur lorsqu’on ne sait pas comment fonctionne ce différent.
Le Sans Domicile Fixe nous fait peur, parce qu’il a parfois un look particulier, parce qu’il ne fonctionne pas comme nous qui recherchons dans nos maisons un sentiment de sécurité.
La femme battue nous fait peur, parce que la violence, nous ne sommes pas forcément psychiatres pour la comprendre.
La femme violée nous fait peur, parce qu’elle réveille des craintes pour nos enfants, et qu’après tout on ne connaît pas les raisons de ce viol.
La famille roumaine arrivée sur Gap, sans papier, nous fait peur ; parce que nous ne savons rien de leurs coutumes, de leurs habitudes, de leurs façons de vivre.
L’homme sans travail nous fait peur ; parce qu’il est l’image de nos propres craintes de perdre notre travail. On préfère le classer comme fainéant, c’est plus simple, plus rassurant.
Le handicapé physique, mental nous font peur, parce que derrière un corps abimé, derrière un esprit fonctionnant différemment, nous ne savons pas quelle personne se « cache » réellement.
Le malade nous fait peur ; et si sa maladie était contagieuse…
Deux attitudes devant nos peurs :
Soit nous nous enfermons dans nos réflexes protectionnistes, et ne fréquentons que des clones de nous-mêmes, soit nous nous ouvrons à ces personnes, ces situations, en surmontant notre peur de l’autre.
Nous en venons alors à la rencontre.
Le différent du récit, nous l’avons dit, c’est Jésus. Dans sa simplicité d’homme fatigué, c’est lui qui va déclencher la rencontre.
Et tous les deux, étrangers l’un à l’autre, vont oser. Oser la rencontre. Oser une parole. Même si cette parole peut comporter une pointe d’ironie de la part de la femme.
Mais cette femme, elle a une histoire. Et son histoire pourrait la rendre muette, peureuse.
Cette femme, elle a eu plusieurs hommes dans sa vie. Une femme de mauvaise vie pourrait-on dire.
Elle a déjà une réputation qui lui colle à la peau, forcément. C’est bien pour cela qu’elle va puiser son eau à un moment, midi, où elle ne rencontrera personne.
Au moins, on ne l’accusera pas de s’intéresser aux maris des autres, et elle ne subira aucune réflexion désagréable.
Vraiment, elle a tout intérêt à garder sa langue dans sa poche et à éviter toute rencontre. Avec la réputation qu’elle a, si elle veut garder l’homme sur qui elle a mis le grappin en dernier, mieux vaut se détourner de tout représentant de la gente masculine !!!
Et pourtant, la rencontre va avoir lieu ; et cette rencontre va être possible, envisageable parce que chacun des deux a besoin de l’autre !!!
J’en viens alors au partage.
Cette samaritaine, cette femme que tout un chacun doit éviter, est surprise, déconcertée. En effet, quelqu’un vient de lui demander …quelque chose !!!
Ca fait certainement bien longtemps qu’on ne lui demande plus rien, si ce n’est peut-être de ne pas s’approcher à moins de 50 mètres des hommes mariés !!!!!
Cette femme, elle est enfermée dans un rôle que seule son histoire explique, et que même Jésus ne critiquera pas. La situation est là.
Et au milieu de cette situation, Jésus va être en position de demandeur.
Demander quelque chose à quelqu’un, n’est-ce pas parfois une façon de le valoriser, de reconnaître qu’il a quelque chose à donner. N’est-ce pas parfois tout simplement le faire exister ?
Une relation à sens unique est-elle vraiment une relation ?
La suite de l’histoire, de la rencontre, montre que le désir de Jésus, sa soif physique d’eau, va réveiller progressivement un autre désir chez la femme samaritaine.
Et cet échange est surprenant. Jésus a-t-il besoin de quoi que ce soit ? Jésus fils de Dieu a-t-il besoin des autres ? a-t-il besoin de recevoir quelque chose de qui que ce soit ?
Il est tout de même intéressant de constater que Jésus demande. Il attend quelque chose de cette femme qui n’a rien…qui n’est rien aux yeux des hommes.
Alors, si jésus lui-même attendait d’une autre, peut-on encore croire que nous, nous n’avons rien à recevoir de ceux que nous voulons aider ?
Demander, c’est vraiment dans un premier temps réhabiliter l’autre dans sa capacité à être, dans sa dimension d’être qui a du sens.
Alors Jésus lui-même va pouvoir lui proposer maintenant, à son tour, une eau, une eau vive, une eau vivante, une eau qui donne la vie.
Partager. Partager ce que l’on a , même quand on pense ne rien avoir. Recevoir ce que l’on n’a pas, même quand on pense tout avoir !!
Cette rencontre entre Jésus et la samaritaine, ce sont autant de pistes pour nous et notre perception des autres.
Tout d’abord, souvenons-nous que nous-mêmes sommes étranges, étrangers aux yeux d’autres.
Parce que différents. Nous aussi, nous sommes différents ; et quelle souffrance d’être vus comme étranges par les autres. Quelle souffrance, quand on est âgé, d’être évités. Quelle souffrance, quand on est malade, d’être abandonnés …
Nous ne sommes pas la norme ; nous sommes tous étranges ! Mais à partir du moment où nous prenons conscience que la rencontre avec l’étranger, celui qui est différent, avec moi qui suis aussi étrange, étranger, est une mutuelle richesse, parce que rencontre, parce que partage, que ce soit d’une main tendue, d’un sourire, d’un merci, d’un encouragement, d’une fleur ou d’un morceau de pain, là, je crois que nous comprenons notre mission, celle d’être ensemble plus humains, plus fraternels.
Et là, nous qui croyions donner, c’est alors que nous pouvons recevoir.
Mettons alors à bas nos aprioris sur les autres, et nous aurons la surprise d’être enrichis de ces rencontres ; et le Christ lui-même sera au milieu de ces rencontres.
amen
Libellés : Gap
Libellés : Gap
Textes bibliques: LUC 16
Ce matin, je voudrais vous présenter quelques dieux.
Ce sont des dieux très TRES puissants. Je dis bien très puissants parce que beaucoup de personnes leur sont liés ; beaucoup de personnes se tournent vers ces dieux comme vers la plus digne des bouées de salut ; oui, beaucoup de nos contemporains occidentaux, et nombre d’entre nous ont placé non seulement leur confiance et leur espérance en eux, mais encore en sont presque…non, pas presque…totalement esclaves.
Je vous les présente : voici le grand dieu Cofinoga ; et puis le dieu Cételem ; et les très puissantes divinités Cofidis et Médiatis.
En tapant sur internet « organisme financier crédit », attention, 1 210 742 sites internet de propositions sont répertoriés!!!
Et en tapant « Dieu de Jésus-Christ », j’obtiens 1 990 000 réponses…
Bonne nouvelle, sur le web, le Christ dépasse de 700 000 propositions de sites les organismes de crédit !!!
Alors oui, ce matin, pour ce culte de rentrée, la question est clairement posée : Qui est votre Dieu ?
En qui placez-vous votre confiance ?
Mais aussi, quel est votre rapport à l’argent ?
Et encore comment gérez-vous votre vie ?
Comment gérez-vous la confiance que Dieu a placée en vous pour être intendant de votre vie et intendant de la mission qui vous a été confiée ?
Bonne source de réflexion. Parce qu’en ces temps de rentrée, forcément, l’argent n’est pas absent de nos réflexions : la rentrée scolaire, les multiples activités au coût élevé, les impôts, les voilà, nos préoccupations, celles qui peut-être nous minent, nous empêchent de dormir la nuit, nous obnubilent …
On dit que l'argent mène le monde. La Bible en parle, et je le crois, sans le condamner, mais dénonçant le danger d'en faire un maître et non plus un serviteur.
Le mot araméen « Mamon » qui personnifie l'argent provient de la même racine que l'hébreu « amen ». Ce qui est « digne de confiance » et « véritable ». Ce sur quoi on s'appuie, ce à quoi on donne sa confiance. Ainsi, la fin du texte rapporté par Luc est bien : « On ne peut servir deux mâitres, Dieu ou Mamon »…
Et Il s'agit bien ici de n’avoir qu’un Dieu, un seul Dieu digne de confiance, et à qui seul on doit rendre un culte. Et il s’agit dans le même temps de réfléchir aux incidences sur nos existences concrètes en ce monde .
Notre foi au Christ se traduit-elle dans des choix de vie cohérents , puisque notre éthique doit découler de notre foi. Nos choix de vie découlent-ils réellement de notre foi ?
Ce matin, nous allons y réfléchir.
Le Seigneur fait dire par le prophète Amos qu'il condamne ceux qui exploitent les pauvres pour s'enrichir et Jésus propose d'être aussi habile pour gérer les vrais biens que d'autres le sont pour préserver leurs intérêts personnels.
Et c’est bien vrai, l'argent n'éveille-t-il pas la cupidité et l'avarice qui poussent l'être humain à employer tous les moyens pour en avoir toujours plus ? ACCUMULER, pourquoi ?
Si les hommes employaient autant d'astuce et d'ingéniosité pour servir les bonnes causes, ( et quand je dis bonne cause, c’est au sens d’élévation de l’humanité) que pour boursicoter, spéculer, faire fructifier leurs propres intérêts, oui, le monde serait bien différent…
Jésus semble dire : « Quel dommage que les enfants de lumière ne sachent pas aussi habilement utiliser leur matière grise pour la bonne cause ! ». Problème numéro un de tous les temps, rien de nouveau sous le soleil !
Quels choix prioritaires opérons-nous dans nos vies ? Choix impératif entre Dieu et l'argent.
Mamon est , sous sa parure de toutes les possibilités, véritable concurrent de Dieu et ennemi public numéro un d’une société juste.
Et à cause de ce Mamon, notre société s’emballe, ne sait plus où elle va et pourquoi elle va…
Pourquoi l'utilisation des OGM des farines animales ? Pourquoi des films stupides ou violents ? Pourquoi la drogue ? Pourquoi la publicité déferlante flattant les instincts les plus primaires ? Pourquoi la corruption à tous les niveaux, les paradis fiscaux ? Pourquoi les cadences infernales dans les entreprises chinoises,ou l'exploitation des enfants dans les usines du Tiers-Monde, main d'œuvre à bon marché ? Ne cherchez pas : l'argent ! Le dieu Mamon.
Mamon, un dieu terrible qui fait payer cher la dévotion qu'on lui porte : combien de milliers de milliards engloutis dans des guerres, dans la course aux armements ou les armes de dissuasion nucléaire, alors qu'on ne trouve que quelques millions pour aider ceux qui sont les plus miséreux du monde.
Alors, vous me direz : mais c’est simpliste comme raisonnement. Je ne sais si les millions de morts de chaque conflit où l’argent, par le biais du pétrole ou des pierres précieuses, est au centre, ont pensé, eux aussi, que c’était simpliste…
Choisir son dieu…
Le Christ, me semble-t-il, nous invite à faire une utilisation intelligente de cet argent trompeur. Cet argent, qui aujourd’hui est de malheur, ne pourrait-il pas servir à soulager les grandes souffrances planétaires ?
En continuant dans les discours peut-être trop simplistes, mais militant pour une humanité relévée, Un avion-mirage de moins, ce peut être un hôpital de plus dans un pays qui en est privé.
L'économie d'un sous-marin nucléaire permettrait de donner de l'eau potable à 48 millions de personnes.
Avec le prix de 11 bombardiers furtifs, on pourrait scolariser pendant 4 ans 135 millions d'enfants.
800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, alors que rouillent dans tous les pays du monde des milliers de chars démodés, des millions d'armes en tout genre.
Mais vous allez me dire : moi qui suis sur mon banc, je ne me sens pas vraiment concerné !!!
A grande ou à petite échelle, c’est à nous de nous demander comment, avec l’argent que nous gagnons, on peut la changer, cette fameuse face du monde…
Tous, nous sommes appelés à cette réflexion ; non pas pour nous serrer la ceinture, ne plus partir en vacances et vivre comme Jean le Baptiste, de quelques sauterelles !!!!
Soyons d’accord, on en veut toujours plus ; on veut du toujours mieux ; et on vit dans une ère de la superficialité qui nous a détourné de l’essentiel !
Est-ce que parfois vous vous demandez pourquoi vous êtes sur terre ?
Pour payer pendant 50 ans ( parce que maintenant, les crédits sur 50 ans, ça existe !!!) votre belle maison ? Dieu vous a placé sur terre rien que pour ça ?!!!
Notre éthique est très souvent directement liée à notre relation à l’argent.
Oui, le prix d’un paquet de cigarettes, c’est le prix d’un traitement anti-palud qui tue des millions d’enfants chaque année.
Oui, le prix d’une bouteille de wisky, c’est le coût d’un mois de scolarité pour un enfant du tiers-monde.
Oui, le prix d’un ticket de loterie à gratter pour en avoir plus, toujours plus, c’est le prix de 100 affiches de prévention contre le SIDA.
Oui, une fois de moins au PMU, c’est 6 kilos de riz pour un orphelinat…
Parce que les petits dieux « tabac », « alccol », « jeux à gratter » et autres jeux de courses et de hasard sont des dieux grand amis de Mamon, et grands ennemis des projets de Dieu pour l’humanité.
Au début du texte, c'est le maître qui avait qualifié son gérant de trompeur. Ce qui montre qu'il n'approuvait pas ses façons de faire. Maintenant c'est l'Argent que Jésus qualifie de trompeur. On le comprend mieux en lisant les dernières phrases : l'argent peut devenir un maître, rival de Dieu, dans la vie des êtres humains.
Alors, ce matin, sans culpabilité, mais avec une volonté d’être dans la volonté de Dieu, débarassés de tous ces faux dieux qui nous empêchent de dormir, nous empêchent de partager, nous empêchent de vivre pleinement les vraies valeurs d’amitié, de fraternité, comme nous y invite l’Evangile en son entier, oui, ce matin, il y a urgence dans cette invitation au discernement entre les biens qui en valent la peine, ceux qui assurent la vie éternelle et ceux que l'on sert inutilement parce qu'ils passent.
DISCERNEMENT de l'essentiel et de l'accessoire et aussi le DETACHEMENT.
Choisir Dieu en premier, c'est mettre l'argent au service de tous ceux qui, dans le monde, œuvrent pour la paix, pour la santé et, bien sûr, pour la Bonne nouvelle. GENEROSITE.
C'est donc à 4 choses que nous sommes appelés : le DISCERNEMENT, le détachement, la générosité, la responsabilité dans nos choix de vie qui doivent découler de notre foi !
Bonne rentrée !
Nathalie PAQUEREAU
Textes bibliques: LUC 13: 22 à 30
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Textes bibliques: Marc 21
Textes bibliques: Matthieu 25
Textes bibliques:
Libellés : Gap
Libellés : Gap