05 février 2008

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21 octobre 2007

Prier, agir, espérer: le bon combat

Gap (05)

Le Bon combat


Textes bibliques:
Luc 18:1 à 8
................................2timothée 3/14- 4/2
................................Exode 17/8-13


Voilà le récit d’un combat ; un combat à priori tout à fait inégal !
Un combat perdu d’avance, comme on en connaît tous ; comme le monde en connaît ; comme le dit bien l’expression : « c’est le pot de terre contre le pot de fer ».
Trois dimensions se trouvent dans ce texte ; trois dimensions qui me semblent inséparables pour justement gagner certains combats qui, à vues humaines, semblent effectivement ne jamais trouver d’issue favorable.
Dans ce texte, il y a certes la prière, mais il y a aussi l’action, et il y a l’espérance.

Tout d’abord la prière.
C’est bien vrai que le préambule de la parabole de ce matin nous dit : « Jésus leur adressa unr parabole pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne pas se relâcher ».
Alors je m’arrêterais quelques instants sur la prière.
La prière, c’est quoi ?
La prière, je dirais que c’est ce lien avec le Dieu de Jésus-Christ ; c’est ce qui peut permettre une relation avec Dieu. C’est une parole adressée à Dieu, avec nos mots, qui nous permet de ressentir la proximité de Dieu, de réveiller en nous cette fibre spirituelle qui a tendance à très vite s’endormir.
Prier, c’est au fonds déjà croire que nous ne sommes pas dans un monde cyclique où tout se répète à l’infini, mais dans un monde linéaire, où les choses peuvent avancer, où les situations peuvent bouger.
Prier, c’est aussi se décentrer de soi, de son individualisme, de ses propres préoccupations, pour remettre à Dieu des situations difficiles, et puiser des forces pour devenir acteur dans le monde. Avoir la force de Dieu dans son cœur, dans ses bras, dans sa tête !
Prier enfin, c’est parler à Dieu simplement, avec nos petits mots et nos grands silences, avec nos balbutiements et nos doutes ; mais c’est en tous cas replacer Dieu à sa place de Dieu, et non pas croire que nous sommes de puissants petits dieux.
La prière parabolique de la veuve est imagée ; sa prière à elle, c’est cette demande faite à un juge …injuste.
Elle demande. Elle n’a de cesse de demander : « fais-moi justice de mon adversaire ». Et il refuse. Et il refuse ; et il refuse encore. On nous dit même qu’il refuse pendant longtemps…De quoi baisser les bras.
En effet, que peut espérer une veuve (qui n’a donc plus d’homme pour aller intimider le juge !!) considérée comme une faible ?
Je pense à ces mères de la place de mai en argentine qui allaient chaque semaine pour brandir les photos de leurs fils ou maris disparus ; chaque semaine ; pour réclamer justice…
Cette veuve, elle ne lâchera pas le morceau.

Et j’en viens à l’action.
Cette veuve, elle se déplace. Elle va ; elle va régulièrement jusqu’au juge . Elle ne reste pas tranquillement chez elle en se disant : « maintenant que les choses sont dites, j’attends ». Pas d’attente passive. De l’action.
Je me souviens d’un enseignant en théologie qui nous disait : « arrêtez de prier pour la conversion d’untel ou untel si vous-même n’allez pas leur parler du Christ ».
Il nous faut certainement arrêter de prier ces prières du style « donne du pain à ceux qui n’en ont pas « ; ou encore « fais que mon couple aille mieux », si on n’est pas capable de partager son pain, et si on ne fait aucun effort pour communiquer avec son conjoint.
La prière n’est pas un défouloir vers Dieu de tout ce qu’on ne veut pas faire soi-même.
La prière est la force de l’action encouragée, soutenue, validée par Dieu !!!
La prière sans l’action, c’est comme la parole donnée sans l’engagement qui va avec !!!
Alors, cette veuve va.
Lorsque je disais que le combat était tout à fait inégal, et perdu d’avance à vues humaines, c’est bien parce que le texte nous montre deux protagonistes inégaux :
D’un côté, une femme sans plus de mari, qui demande que justice lui soit rendue.
De l’autre, un juge injuste dont on nous dit qu’il ne craignait pas Dieu et n’avait d’égard pour aucune personne.
Et bien, cette veuve, elle est remarquable parce qu’elle y va, elle y retourne, elle fait entendre sa petite voix , petite voix qui va devenir insoutenable au bout d’un moment pour ce juge.
Elle relève les manches, notre veuve, et elle y croit ; dur comme fer.
N’est-ce pas un peu ce qui nous manque parfois, la constance ? La constance dans nos projets, constance dans nos choix, constance dans nos combats ?

J’en viens alors au troisième point, qui est l’espérance.
Je crois qu’avec le Christ, il nous est donné, je dirais même offert, de ne jamais désésperer. JAMAIS. Même quand une situation semble sans issue ; même quand la souffrance est de la partie. Espérer ; contre toute espérance.
Y croire, même quand tout paraît mort.
Ne pas s’enfermer, comme les disciples l’ont fait après la crucifixion et la mort de Jésus ; mais croire, toujours croire en la résurrection, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort ; la victoire de la justice sur l’injustice ; la victoire de la réconciliation sur la déchirure ; la victoire de la reconstruction sur l’échec.
Croire que le Dieu de Jésus-Christ ne nous laisse pas en plan, mais nous assure de sa présence et aussi de son action qui nous accompagne.
Voilà l’espérance chrétienne, qui doit toujours accompagner notre prière et notre action.
Espérer et croire que le pot de terre peut avoir raison du pot de fer.

J’en reviens à « ma » veuve et à « mon » juge inique.
La veuve représente donc les faibles, ceux qui n’ont pas grand droit ; ceux qui sont vulnérables. Elle aura pourtant gain de cause par sa petite voix qui ne se lassera jamais.
Le juge, on dit de lui qu’il ne craignait pas Dieu et ne s’intéressait à personne qu’à lui…
Symboliquement, cette veuve, ce sont tous ceux qui veulent un monde plus juste ; qui veulent un monde où l’humain passera avant les richesses. Qui veulent un monde où l’homme, la femme, et l’enfant pourront vivre en paix, librement. Cette veuve, elle représente toutes les personnes et les organismes de bonne volonté qui croient que les gouttes d’eau font les grandes rivières et les océans.
Et qui puisent leur force, leur courage, leur espérance dans le Christ qui a vaincu la mort !
Ce juge qui ne craint pas Dieu et ne s’intéresse à personne, c’est bien le symbole du monde tel qu’il est !!! Ne craignant pas Dieu, se prenant même parfois pour un dieu tout-puissant, et ne s’intéressant à personne, avec l’ère de l’individualisme forcené.
La voilà, cette petite veuve et son combat contre le juge injuste !!!
La petite veuve, c’est nous !! nous avec nos envies d’un monde meilleur ; nous avec nos envies de mettre Dieu au centre ; nous avec nos envies d’un pays où plus personne n’aurait faim ; où chacun pourrait vivre en paix avec l’autre .
Nous avec nos envies de donner des valeurs de respect et d’amour à nos enfants quand d’autres leur apprennent à se battre dès la maternelle pour ne pas « subir les coups des autres ».
Nous avec nos envies de reconstruire nos couples au moment où le divorce s’est banalisé et où le mariage n’est plus une valeur.
Nous avec nos envies d’avoir un sens à notre vie.
Nous voilà, avec nos envies démesurées de petite veuve en face d’un grand, très grand juge inique, sans Dieu ni respect, qui veut faire sa loi dans le monde et dans nos vies ; ce juge qui divise ; ce juge qui torture ; ce juge qui guerroie ; ce juge qui fait se renfermer les gens sur eux-mêmes ; ce juge qui pourrait bien nous faire baisser les bras si nous n’entretenons pas l’espérance.
Cette veuve qui, a la fin, a son dû parce qu’elle a « cassé la tête » du juge, on la retrouve régulièrement avec par exemple l’ACAT, qui prie, et qui agit pour dénoncer la torture.
Et bien…ça marche !!! Et des gouvernements qui ne craignent ni Dieu et n’ont d’égard pour aucun humain en ont régulièrement marre de se faire casser la tête !!!
Prière, action, et espérance.
Si nous décidons de faire de ces trois mots des réalités quotidiennnes pour gérer notre vie, oui, prier, agir et espérer, non seulement nos vies en seront bouleversées, mais encore, à la question « le fils de l’homme, quand il trouvera la foi sur la terre », nous répondront « oui Seigneur ».

Amen.

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14 octobre 2007

L'étrangeté de la différence

Gap, Culte animée par l'Entraide Protestante du Gapençais (05)

L’étrangeté de la différence


Textes bibliques:
Jean 4 : 5-42

Qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ?
L’étranger, pour nous qui connaissons ce texte, et qui connaissons des choses sur Jésus, est bien évidemment cette samaritaine, cette femme aux mœurs légères, issue d’un territoire ennemi de la Palestine, vraie terre du vrai judaïsme.
Elle, c’est l’étrangère, la différente. Lui, c’est le familier, le compagnon, le connu.
Pourtant, avec ce merveilleux récit d’une rencontre, je voudrais ce matin partager avec vous trois pistes inspirés de ce texte :
Tout d’abord l’étrangeté de la différence ; puis la rencontre ; et enfin le partage.

Ainsi l’étrangeté de la différence.
Je reprends ma première question : qui donc est l’étranger dans cette histoire de samaritaine ? Et bien, l’étranger, le différent…c’est Jésus !!!
Tout d’abord, c’est lui qui est en territoire étranger ! C’est lui qui traverse un territoire où juifs et samaritains ne peuvent cohabiter. C’est lui qui foule une terre qui n’est pas la sienne !
Ensuite, c’est encore lui qui viole en quelque sorte la bienséance, les bonnes manières.
En effet, c’est bien lui, homme seul, qui va adresser la parole à une femme. Et ça, ça ne se fait pas !!! Non seulement ça ne se fait pas chez lui, mais je dirais encore moins chez les autres.
C’est donc Jésus qui a là un comportement étrange.
Etranger donc ; violant les règles comportementales ; demandeur de surcroît ( c’est bien lui qui demande de l’eau à la femme).
Et si on pratiquait sur lui les fameux tests ADN qui font tant débat ces derniers temps, il n’est vraiment pas sûr du tout que l’ADN de Jésus et celui de Joseph auraient un quelconque lien !!!!
L’étrangeté de la différence, c’est bien Jésus qui la porte sur lui, en lui.
Et pourtant, cet étranger, il ne nous est pas étranger ! il nous est familier.
Ce récit nous montre alors bien qu’une situation, une personne, une attitude, des coutumes, des modes de vie nous apparaissent étranges, étrangères, différentes lorsque nous ne les connaissons pas. Et engendrent la peur, l’agressivité et le repli sur soi.
Et je ne parle pas là seulement de nationalité. La différence, quelle qu’elle soit, nous fait peur lorsqu’on ne sait pas comment fonctionne ce différent.
Le Sans Domicile Fixe nous fait peur, parce qu’il a parfois un look particulier, parce qu’il ne fonctionne pas comme nous qui recherchons dans nos maisons un sentiment de sécurité.
La femme battue nous fait peur, parce que la violence, nous ne sommes pas forcément psychiatres pour la comprendre.
La femme violée nous fait peur, parce qu’elle réveille des craintes pour nos enfants, et qu’après tout on ne connaît pas les raisons de ce viol.
La famille roumaine arrivée sur Gap, sans papier, nous fait peur ; parce que nous ne savons rien de leurs coutumes, de leurs habitudes, de leurs façons de vivre.
L’homme sans travail nous fait peur ; parce qu’il est l’image de nos propres craintes de perdre notre travail. On préfère le classer comme fainéant, c’est plus simple, plus rassurant.
Le handicapé physique, mental nous font peur, parce que derrière un corps abimé, derrière un esprit fonctionnant différemment, nous ne savons pas quelle personne se « cache » réellement.
Le malade nous fait peur ; et si sa maladie était contagieuse…

Deux attitudes devant nos peurs :
Soit nous nous enfermons dans nos réflexes protectionnistes, et ne fréquentons que des clones de nous-mêmes, soit nous nous ouvrons à ces personnes, ces situations, en surmontant notre peur de l’autre.

Nous en venons alors à la rencontre.
Le différent du récit, nous l’avons dit, c’est Jésus. Dans sa simplicité d’homme fatigué, c’est lui qui va déclencher la rencontre.
Et tous les deux, étrangers l’un à l’autre, vont oser. Oser la rencontre. Oser une parole. Même si cette parole peut comporter une pointe d’ironie de la part de la femme.
Mais cette femme, elle a une histoire. Et son histoire pourrait la rendre muette, peureuse.
Cette femme, elle a eu plusieurs hommes dans sa vie. Une femme de mauvaise vie pourrait-on dire.
Elle a déjà une réputation qui lui colle à la peau, forcément. C’est bien pour cela qu’elle va puiser son eau à un moment, midi, où elle ne rencontrera personne.
Au moins, on ne l’accusera pas de s’intéresser aux maris des autres, et elle ne subira aucune réflexion désagréable.
Vraiment, elle a tout intérêt à garder sa langue dans sa poche et à éviter toute rencontre. Avec la réputation qu’elle a, si elle veut garder l’homme sur qui elle a mis le grappin en dernier, mieux vaut se détourner de tout représentant de la gente masculine !!!
Et pourtant, la rencontre va avoir lieu ; et cette rencontre va être possible, envisageable parce que chacun des deux a besoin de l’autre !!!

J’en viens alors au partage.
Cette samaritaine, cette femme que tout un chacun doit éviter, est surprise, déconcertée. En effet, quelqu’un vient de lui demander …quelque chose !!!
Ca fait certainement bien longtemps qu’on ne lui demande plus rien, si ce n’est peut-être de ne pas s’approcher à moins de 50 mètres des hommes mariés !!!!!
Cette femme, elle est enfermée dans un rôle que seule son histoire explique, et que même Jésus ne critiquera pas. La situation est là.
Et au milieu de cette situation, Jésus va être en position de demandeur.
Demander quelque chose à quelqu’un, n’est-ce pas parfois une façon de le valoriser, de reconnaître qu’il a quelque chose à donner. N’est-ce pas parfois tout simplement le faire exister ?
Une relation à sens unique est-elle vraiment une relation ?
La suite de l’histoire, de la rencontre, montre que le désir de Jésus, sa soif physique d’eau, va réveiller progressivement un autre désir chez la femme samaritaine.
Et cet échange est surprenant. Jésus a-t-il besoin de quoi que ce soit ? Jésus fils de Dieu a-t-il besoin des autres ? a-t-il besoin de recevoir quelque chose de qui que ce soit ?
Il est tout de même intéressant de constater que Jésus demande. Il attend quelque chose de cette femme qui n’a rien…qui n’est rien aux yeux des hommes.
Alors, si jésus lui-même attendait d’une autre, peut-on encore croire que nous, nous n’avons rien à recevoir de ceux que nous voulons aider ?
Demander, c’est vraiment dans un premier temps réhabiliter l’autre dans sa capacité à être, dans sa dimension d’être qui a du sens.
Alors Jésus lui-même va pouvoir lui proposer maintenant, à son tour, une eau, une eau vive, une eau vivante, une eau qui donne la vie.
Partager. Partager ce que l’on a , même quand on pense ne rien avoir. Recevoir ce que l’on n’a pas, même quand on pense tout avoir !!

Cette rencontre entre Jésus et la samaritaine, ce sont autant de pistes pour nous et notre perception des autres.
Tout d’abord, souvenons-nous que nous-mêmes sommes étranges, étrangers aux yeux d’autres.
Parce que différents. Nous aussi, nous sommes différents ; et quelle souffrance d’être vus comme étranges par les autres. Quelle souffrance, quand on est âgé, d’être évités. Quelle souffrance, quand on est malade, d’être abandonnés …
Nous ne sommes pas la norme ; nous sommes tous étranges ! Mais à partir du moment où nous prenons conscience que la rencontre avec l’étranger, celui qui est différent, avec moi qui suis aussi étrange, étranger, est une mutuelle richesse, parce que rencontre, parce que partage, que ce soit d’une main tendue, d’un sourire, d’un merci, d’un encouragement, d’une fleur ou d’un morceau de pain, là, je crois que nous comprenons notre mission, celle d’être ensemble plus humains, plus fraternels.
Et là, nous qui croyions donner, c’est alors que nous pouvons recevoir.
Mettons alors à bas nos aprioris sur les autres, et nous aurons la surprise d’être enrichis de ces rencontres ; et le Christ lui-même sera au milieu de ces rencontres.

amen

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07 octobre 2007

Seigneur, merci de n'être pas comme eux...

Gap (05)

Seigneur merci de n'être pas comme le reste des hommes, Merci de n'être pas comme tous ces gens-là…

Textes bibliques: Luc 18 vers. 9 à 14

Dans cette parabole deux hommes en prière, un pharisien et un collecteur d'impôts.

Tout semble opposer ces deux hommes et il semble difficile d'y voir clair dans la leçon de Jésus. D'un côté un homme honorable, mais méprisant, va se retrouver au banc des mauvais. De l'autre un homme à la vie plus que discutable, méprisé, se trouve propulsé au rang des justifiés.

Ne jetons pas trop vite la pierre à notre pharisien. Je crois qu’on pourrait facilement le critiquer, le mépriser. Mais qu'est-ce qui le rend si imbuvable à nos yeux ?

au départ un homme remarquable. Il a une vie intérieure, il prie, il médite, il va au temple. Il ne porte pas particulièrement l’image du méchant de l'histoire. Est-ce mauvais de jeûner deux fois par semaine ? Est-ce mauvais de donner une cotisation de dix pour cents de ses revenus ? Est-ce mauvais enfin d'être honnête, intègre, scrupuleux, rigoureux ?

Non. Ce sont plutôt des comportements dont nous sommes admiratifs. Alors qu'est-ce qui cloche chez ce pharisien ?

Et notre collecteur d'impôts ? qu’a-t-il pour se retrouver le bon de l'histoire ? Si l'on y regarde de plus près ce n'est tout de même pas un modèle. C'est un collaborateur de l'occupant romain que l'on déteste.. Le système fiscal de l'époque lui permet de s'enrichir de façon scandaleuse au détriment du petit peuple. Bref il est peu recommandable et l'on pourrait le comparer à un collaborateur. Et puis sa façon de prier… Très théâtral vous ne trouvez pas ? Il ne passe pas inaperçu en se frappant la poitrine avec douleur et en gémissant à haute voix. Ne joue-t-il pas un peu la comédie ?

Si nous devions aujourd'hui tendre la main à l'un des deux, lequel choisirions-nous ?

Vraiment, avec Jésus, nous perdons nos repères avec ce bon qui n'est pas si bon et ce mauvais qui n'est pas si mauvais. Bref on s'embrouille un peu avec ce bon pharisien qui devient finalement le mauvais de l'histoire et ce mauvais péager qui devient le bon. Alors reprenons au début.

Si le pharisien se trouve sur la sellette, s'il reçoit une gifle en pleine figure, ce n'est pas parce que Jésus lui reproche d'être vertueux. Il l'est et c'est tant mieux. Qu'il ne cesse pas de l'être… Son tort n'est ni dans sa fidélité à la loi, ni dans ses actes de piété ou de charité qui sont bien réels. Ce qui cloche chez cet homme c'est qu'il est trop parfait, trop pur et qu'il en devient trop dur. Son comportement est si remarquable qu'il en devient remarqué. Il l'affiche, parade, “voyez comme je suis obéissant aux commandements de la loi de Dieu”… Il est tellement vertueux que les autres sont cloués sur place, paralysés, disqualifiés d'avance. Il est si bien de sa personne qu'il en est décourageant pour les autres. Être vertueux oui, mais discrètement, sans que cela se sache, sans que cela accable l'entourage.

Le pharisien, c'est celui qui est “séparé”. Son idéal est d'être toujours séparé et séparable. Il veut avoir une manière spécifique d'être, de vivre, de prier. Il veut pouvoir être repéré, distingué. Lorsqu'il s'adresse à Dieu c'est la tête haute, et s'il a un œil pour Dieu, il a aussi un œil pour son prochain. Et celui-là est très clair, prêt à jauger, apprécier, mesurer la différence entre lui et les autres qui ne lui arrivent pas à la cheville.

Cet homme s'est mis sur un piédestal et c'est bien là que tout s'est détérioré. Dans sa relation à lui-même et dans sa relation à l'autre, Il est en rupture, et c’est bien là le péché !. Bref il veut tellement se justifier par ses actes qu'il en oublie l'essentiel. Il devient méprisant vis-à-vis de son prochain. Sa valeur il veut trop la gagner au détriment de l'autre, il veut se hisser plus haut grâce à ses vertus. En voulant se justifier, être mieux que l'autre, il s'est séparé de lui et il l'écrase. Il prendrait même Dieu à témoin contre son prochain. Et c'est bien là qu'il n'a rien compris. Il ne sera jamais valeureux aux yeux de Dieu en critiquant sur les autres. Au contraire il construit un mur entre Dieu et lui, comme il l'a construit entre lui et le collecteur d'impôts. Et c’est curieux, il emploie 4 fois le mot « je ». je je je…

Quant à notre péager, il ne nous appartient pas de dire s'il est vraiment sincère dans son repentir, ni s’il arrétera son métier incorrect par la suite.

Il est loin d'être innocent, mais il le sait. Il n'a rien à attendre des hommes et rien non plus à faire valoir devant Dieu. Il n'a que des mains vides qui n'ont rien à perdre mais tout à recevoir. Lui aussi en quelque sorte a pris de la distance vis-à-vis du pharisien et vis-à-vis de Dieu en se tenant en retrait, bien séparé par ses imperfections. Mais ce qui le distingue du pharisien ce n'est plus à cet instant précis leurs écarts de conduite.. Non ce qui fait du péager un homme bien différent c'est qu'il ne parle pas des autres, ne les critique pas, n'éprouve pas le besoin de les égratigner pour se justifier. Il se présente nu, tel qu'il est, et c'est sans doute en cela qu'il trouve grâce aux yeux de Dieu. Et contrairement au pharisien, le péager demande à Dieu, attend de Dieu son apaisement.

Alors que retenir de cette parabole ?

Tout d'abord que nous sommes justifiés par Christ et par Christ seulement. De même que les erreurs des autres ne nous rendent pas plus justes, nos mérites, nos bonnes œuvres n'y sont strictement pour rien. Cela ne nous invite pas à mener une vie de désordre, mais nous sommes rassurés, nous n'avons pas à faire nos preuves. Seulement parce que nous nous savons graciés, nous avons envie d'emboîter le pas au Christ.

Ensuite que dans la vie rien n'est jamais fermé, perdu définitivement. Il y a toujours un avenir, un devenir possibles. On peut toujours renaître de ses échecs. C'est vrai pour le péager qui s'est ouvert à Dieu et rentre chez lui justifié. C'est vrai aussi pour le pharisien, égaré dans son autosuffisance et à qui il est donné un prochain à aimer, à rejoindre.

Je verrai ensuite un panneau “Attention Danger !”. Ce qui est reproché avant tout au pharisien est de se croire juste mais pas les autres. De voir le péager avec des à priori négatifs, avec des lunettes déformantes. De penser qu'il gagnera le ciel tout seul, sans l'autre. Dans un registre parallèle, lorsque nous présentons les Pharisiens comme étant des êtres tortueux et vantards, nous devenons à notre tour des pharisiens. Si nous maintenons une distance avec les autres, quels qu'ils soient, si nous les méprisons, nous tenons le rôle du pharisien. De même le péager qui rentre chez lui justifié, ne sera-t-il pas tenté de dire “Merci, Seigneur, de m'avoir justifié, moi plutôt que l'autre” ? Il deviendrait alors le pharisien, celui qui se croit mieux que les autres, qui se prend pour ce qu'il n'est pas.

Nous sommes toujours guettés par le besoin de nous justifier, par l'envie de nous sentir supérieurs aux autres. Nous ressentons si souvent le besoin de nous sentir admirés par les autres ou par nous-mêmes…

La porte de justice n'est fermée à aucun d'entre nous. Ni au pharisien, ni au péager, ni à qui que ce soit, car nous sommes bien tous concernés par cette parabole, à condition de nous laisser conduire par une autre logique. À condition de ne pas nous placer au-dessus des autres. À condition de ne pas nous croire justes.

N'avons nous pas si souvent la certitude que nous détenons seuls la vérité ? Aussi bien dans notre vie personnelle qu'en Église ou en politique, n'avons-nous pas trop souvent tendance à disqualifier le choix de l'autre ? Pourquoi est-il si difficile de présenter nos positions, avec force certes, mais sans pour cela jeter le discrédit sur ceux qui pensent autrement ?

Le grand message de ce texte, c'est qu'il nous faut rester ouverts aux autres, savoir les respecter, les aimer et n'exclure personne. Ce que nous faisons, ce que nous sommes, ne nous donne en aucune façon le droit de mépriser ceux qui nous entourent. Ce qui nous est redit ici c'est que nous ne sommes pas sur terre pour une recherche de la perfection, immobile et glacée, mais pour nous aimer les uns les autres. De même que Dieu nous aime, nous sommes appelés à un élan, à un regard d'amour pour nos frères. L'amour est la vraie nourriture du cœur humain. Être aimé vaut mieux que d'être respecté.

Dans notre prière, sachons, comme ce pharisien avec qui nous avons fait un bout de chemin, remercier Dieu, lui rendre grâce, non pas de ce que nous sommes des gens exceptionnels, bourrés de qualité. Non remercions-le plutôt de ne pas être seuls, enfermés dans une tour d'ivoire, mais entourés de prochains, de prochains à aimer, même si ceux-ci ont le visage d'un péager. Le visage du Christ n'était-il pas à chercher parmi les exclus ?

Amen !

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23 septembre 2007

Qui est votre Dieu ?

Culte de Rentrée ERF du Gapençais à St Pons - Barcelonnette (04)

Qui est votre Dieu?


Textes bibliques:
LUC 16


Ce matin, je voudrais vous présenter quelques dieux.

Ce sont des dieux très TRES puissants. Je dis bien très puissants parce que beaucoup de personnes leur sont liés ; beaucoup de personnes se tournent vers ces dieux comme vers la plus digne des bouées de salut ; oui, beaucoup de nos contemporains occidentaux, et nombre d’entre nous ont placé non seulement leur confiance et leur espérance en eux, mais encore en sont presque…non, pas presque…totalement esclaves.

Je vous les présente : voici le grand dieu Cofinoga ; et puis le dieu Cételem ; et les très puissantes divinités Cofidis et Médiatis.

En tapant sur internet « organisme financier crédit », attention, 1 210 742 sites internet de propositions sont répertoriés!!!

Et en tapant « Dieu de Jésus-Christ », j’obtiens 1 990 000 réponses…

Bonne nouvelle, sur le web, le Christ dépasse de 700 000 propositions de sites les organismes de crédit !!!

Alors oui, ce matin, pour ce culte de rentrée, la question est clairement posée : Qui est votre Dieu ?

En qui placez-vous votre confiance ?

Mais aussi, quel est votre rapport à l’argent ?

Et encore comment gérez-vous votre vie ?
Comment gérez-vous la confiance que Dieu a placée en vous pour être intendant de votre vie et intendant de la mission qui vous a été confiée ?

Bonne source de réflexion. Parce qu’en ces temps de rentrée, forcément, l’argent n’est pas absent de nos réflexions : la rentrée scolaire, les multiples activités au coût élevé, les impôts, les voilà, nos préoccupations, celles qui peut-être nous minent, nous empêchent de dormir la nuit, nous obnubilent …

On dit que l'argent mène le monde. La Bible en parle, et je le crois, sans le condamner, mais dénonçant le danger d'en faire un maître et non plus un serviteur.

Le mot araméen « Mamon » qui personnifie l'argent provient de la même racine que l'hébreu « amen ». Ce qui est « digne de confiance » et « véritable ». Ce sur quoi on s'appuie, ce à quoi on donne sa confiance. Ainsi, la fin du texte rapporté par Luc est bien : « On ne peut servir deux mâitres, Dieu ou Mamon »…
Et Il s'agit bien ici de n’avoir qu’un Dieu, un seul Dieu digne de confiance, et à qui seul on doit rendre un culte. Et il s’agit dans le même temps de réfléchir aux incidences sur nos existences concrètes en ce monde .

Notre foi au Christ se traduit-elle dans des choix de vie cohérents , puisque notre éthique doit découler de notre foi. Nos choix de vie découlent-ils réellement de notre foi ?

Ce matin, nous allons y réfléchir.

Le Seigneur fait dire par le prophète Amos qu'il condamne ceux qui exploitent les pauvres pour s'enrichir et Jésus propose d'être aussi habile pour gérer les vrais biens que d'autres le sont pour préserver leurs intérêts personnels.
Et c’est bien vrai, l'argent n'éveille-t-il pas la cupidité et l'avarice qui poussent l'être humain à employer tous les moyens pour en avoir toujours plus ? ACCUMULER, pourquoi ?

Si les hommes employaient autant d'astuce et d'ingéniosité pour servir les bonnes causes, ( et quand je dis bonne cause, c’est au sens d’élévation de l’humanité) que pour boursicoter, spéculer, faire fructifier leurs propres intérêts, oui, le monde serait bien différent…

Jésus semble dire : « Quel dommage que les enfants de lumière ne sachent pas aussi habilement utiliser leur matière grise pour la bonne cause ! ». Problème numéro un de tous les temps, rien de nouveau sous le soleil !
Quels choix prioritaires opérons-nous dans nos vies ? Choix impératif entre Dieu et l'argent.

Mamon est , sous sa parure de toutes les possibilités, véritable concurrent de Dieu et ennemi public numéro un d’une société juste.

Et à cause de ce Mamon, notre société s’emballe, ne sait plus où elle va et pourquoi elle va…

Pourquoi l'utilisation des OGM des farines animales ? Pourquoi des films stupides ou violents ? Pourquoi la drogue ? Pourquoi la publicité déferlante flattant les instincts les plus primaires ? Pourquoi la corruption à tous les niveaux, les paradis fiscaux ? Pourquoi les cadences infernales dans les entreprises chinoises,ou l'exploitation des enfants dans les usines du Tiers-Monde, main d'œuvre à bon marché ? Ne cherchez pas : l'argent ! Le dieu Mamon.

Mamon, un dieu terrible qui fait payer cher la dévotion qu'on lui porte : combien de milliers de milliards engloutis dans des guerres, dans la course aux armements ou les armes de dissuasion nucléaire, alors qu'on ne trouve que quelques millions pour aider ceux qui sont les plus miséreux du monde.

Alors, vous me direz : mais c’est simpliste comme raisonnement. Je ne sais si les millions de morts de chaque conflit où l’argent, par le biais du pétrole ou des pierres précieuses, est au centre, ont pensé, eux aussi, que c’était simpliste…

Choisir son dieu…

Le Christ, me semble-t-il, nous invite à faire une utilisation intelligente de cet argent trompeur. Cet argent, qui aujourd’hui est de malheur, ne pourrait-il pas servir à soulager les grandes souffrances planétaires ?

En continuant dans les discours peut-être trop simplistes, mais militant pour une humanité relévée, Un avion-mirage de moins, ce peut être un hôpital de plus dans un pays qui en est privé.
L'économie d'un sous-marin nucléaire permettrait de donner de l'eau potable à 48 millions de personnes.
Avec le prix de 11 bombardiers furtifs, on pourrait scolariser pendant 4 ans 135 millions d'enfants.
800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, alors que rouillent dans tous les pays du monde des milliers de chars démodés, des millions d'armes en tout genre.

Mais vous allez me dire : moi qui suis sur mon banc, je ne me sens pas vraiment concerné !!!

A grande ou à petite échelle, c’est à nous de nous demander comment, avec l’argent que nous gagnons, on peut la changer, cette fameuse face du monde…

Tous, nous sommes appelés à cette réflexion ; non pas pour nous serrer la ceinture, ne plus partir en vacances et vivre comme Jean le Baptiste, de quelques sauterelles !!!!

Soyons d’accord, on en veut toujours plus ; on veut du toujours mieux ; et on vit dans une ère de la superficialité qui nous a détourné de l’essentiel !

Est-ce que parfois vous vous demandez pourquoi vous êtes sur terre ?

Pour payer pendant 50 ans ( parce que maintenant, les crédits sur 50 ans, ça existe !!!) votre belle maison ? Dieu vous a placé sur terre rien que pour ça ?!!!

Notre éthique est très souvent directement liée à notre relation à l’argent.

Oui, le prix d’un paquet de cigarettes, c’est le prix d’un traitement anti-palud qui tue des millions d’enfants chaque année.

Oui, le prix d’une bouteille de wisky, c’est le coût d’un mois de scolarité pour un enfant du tiers-monde.

Oui, le prix d’un ticket de loterie à gratter pour en avoir plus, toujours plus, c’est le prix de 100 affiches de prévention contre le SIDA.

Oui, une fois de moins au PMU, c’est 6 kilos de riz pour un orphelinat…

Parce que les petits dieux « tabac », « alccol », « jeux à gratter » et autres jeux de courses et de hasard sont des dieux grand amis de Mamon, et grands ennemis des projets de Dieu pour l’humanité.

Au début du texte, c'est le maître qui avait qualifié son gérant de trompeur. Ce qui montre qu'il n'approuvait pas ses façons de faire. Maintenant c'est l'Argent que Jésus qualifie de trompeur. On le comprend mieux en lisant les dernières phrases : l'argent peut devenir un maître, rival de Dieu, dans la vie des êtres humains.


Alors, ce matin, sans culpabilité, mais avec une volonté d’être dans la volonté de Dieu, débarassés de tous ces faux dieux qui nous empêchent de dormir, nous empêchent de partager, nous empêchent de vivre pleinement les vraies valeurs d’amitié, de fraternité, comme nous y invite l’Evangile en son entier, oui, ce matin, il y a urgence dans cette invitation au discernement entre les biens qui en valent la peine, ceux qui assurent la vie éternelle et ceux que l'on sert inutilement parce qu'ils passent.

DISCERNEMENT de l'essentiel et de l'accessoire et aussi le DETACHEMENT.

Choisir Dieu en premier, c'est mettre l'argent au service de tous ceux qui, dans le monde, œuvrent pour la paix, pour la santé et, bien sûr, pour la Bonne nouvelle. GENEROSITE.

C'est donc à 4 choses que nous sommes appelés : le DISCERNEMENT, le détachement, la générosité, la responsabilité dans nos choix de vie qui doivent découler de notre foi !

Bonne rentrée !

Nathalie PAQUEREAU

Photo du culte de rentrée à St Pons

Photo de l'accueil de catéchumème, prise à l'occasion du culte de rentrée, dans l'église de St Pons (04)

26 août 2007

Dieu punit il ?

Le villard La Beaume (05)

Dieu punit il ?

Textes bibliques: LUC 13: 22 à 30


On peut être effaré de ces textes bibliques; ils ne correspondent en effet pas exactement avec l’image du Dieu « tout-amour » que nous concevons souvent.Voilà maintenant que le Dieu d’amour mettrait des gens à la porte, et en plus Il punirait !!!Allez, si on prenait un autre texte que celui proposé par la liste pour aujourd’hui ?!!!!
Et pourtant…Et si, dans ces textes-là aussi, il y avait une bonne nouvelle ? …Justement…ces textes sont peut-être là pour nous rappeler notre relation avec Dieu.
En effet, avez-vous déjà vu une quelconque relation d’amour durable où seulement l’une des deux parties aime sans condition l’autre ?Avez-vous déjà vu un couple qui tient solidement alors que seul l’un des deux travaille à entretenir cet amour ; parle à l’autre ; dit des mots d’amour et de tendresse à son conjoint ; cajole et prend soin de sa compagne ou son compagnon, tandis que l’autre est muet, absent, lointain ou distant ?
Avez-vous déjà seulement imaginé un père qui aime tendrement, profondément son enfant ; et cet enfant ne parle jamais à son père ; fait bien souvent le contraire de ce que son père pense être bien, n’en fait qu’à sa tête avec les autres ; et ce même enfant s’étonnerait de la tristesse et de l’éloignement de son père ?
Voilà alors bien le centre de nos textes de ce matin, qui peut sembler contraire à nos fondements protestants, mais ne l’est en aucun cas : l’amour, ça coûte !!!!!
Ah mais non, me direz-vous ! Le salut, c’est gratuit ! Alors si tu nous dis que ça coûte, on va tomber dans le salut par les œuvres !!!!Non !!!Quand vous dîtes à votre épouse, à votre compagnon « je t’aime », est-ce une œuvre ?Quand vous menez à bien avec celle, celui avec qui vous partagez votre vie, un projet, sont-ce des œuvres pour « acheter » votre couple ?
L’amour que nous sommes appelés à partager avec Dieu a, tout comme une histoire d’amour terrestre, des conséquences ; conséquences sur notre façon de penser ; conséquences sur nos actes , nos paroles. Oui, parfois, ça nous « coûte » ; parce que ça nous oblige à certains efforts, à certains choix, à certaines orientations.Mais toute relation nous oblige à cela ; à des choix, et parfois à des renoncements !!!J’aime mon conjoint ? Je renonce à me lier à d’autres personnes.J’aime mes enfants ? Je renonce à penser que je les ai « faits » pour moi, ou à ne penser qu’à moi et mes centres d’activité pour prendre du temps avec eux !!! Sont-ce pour autant des œuvres ? non !!
Alors je dirais que ces textes sont la suite tout à fait logique du 1er commandement, qui est exigeant : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de Tout ton cœur, de Toute ton âme et de toute ta pensée ».Si ce commandement-là n’est pas exigeant… lequel le sera ?!!!!
Venons-en alors directement à notre texte rapporté par Luc .
Une question : « Seigneur, n’y a t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »On sent une angoisse, une peur dans la question.Certainement un peu comme cette peur qui traversa le 16e siècle, peur de l’enfer, de ses flammes, du jugement de Dieu, de sa condamnation…
La réponse de Jésus peut paraître légaliste : « efforcez-vous… ».S’efforcer, mais sans être sûr ? S’efforcer…avec la peur au ventre ? revenir aux peurs de fin de moyen âge ?S’efforcer, c’est puiser sa force. …souvenez-vous : « de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta FORCE et de toute ta pensée ». De toute ta force !!!!Aime Dieu ; aime –le vraiment. Mets en œuvre ( il faut le dire !!) autant de force qu’il en faut que pour celle, celui qui partage ta vie et que tu ne veux pas perdre !Aime ; mais aime vraiment ; ne te contente pas d’un petit coucou de temps en temps uniquement quand tu en as envie ou quand ça te fait du bien. Efforce-toi ; même quand, parfois, tu as autre chose à faire ; même quand, parfois, tu n’en as pas trop envie ; même quand, parfois, tu as quelque chose à lui reprocher…ou à te reprocher !!Parle-lui ; dis-lui ; partage-lui.
Un détail me marque dans ce récit rapporté par Luc ; Jésus dit : « alors vous commencerez à dire : nous avons mangé et bu devant toi, et tu as ensiegné dans nos rues ».
Voilà certainement la clé de compréhension de ce texte : « Nous avons mangé et bu devant toi ». on est exactement dans la même situation que dans la parabole des noces, où l’un des invités reste à la porte et se retrouve dehors…Le texte dit bien : « nous avons mangé et bu DEVANT toi », et non pas « nous avons mangé et bu AVEC toi ».« DEVANT toi », et nous sommes au spectacle !! c’est à dire spectateur, et non pas acteur. On regarde, mais on ne s’investit pas ; on jette un œil, mais on ne bâtit pas .Au fonds, boire et manger devant lui, c’est rester en dehors des événements ; rester en dehors des choix nécessaires. Pourtant, Dieu nous veut acteurs ! acteurs de nos vies ; acteurs de cette merveilleuse, magnifique histoire d’amour. Pas juste « voyeur », passif, regardant juste par le trou de la serrure!!!Et la suite du texte : « tu as enseigné dans nos rues ».Oui, chaque dimanche, à chaque étude biblique, à chaque partage de sa Parole, le Dieu de Jésus-Christ enseigne, encore aujourd’hui, dans nos rues, dans nos bâtiments… est-ce pour autant que toute la ville de Gap en entend le message ?!!!Si le message du Dieu de Jésus-Christ n’entre dans nos cœurs et dans nos âmes, alors l’enseignement tombe à l’eau !!! Si le message de Jésus-Christ ne s’adresse qu’aux rues, alors il retourne sans effet vers celui qui l’a délivré !!!!Il y a donc un fossé, un fossé d’amour entre : « nous avons bu et mangé DEVANT toi et tu as enseigné dans nos rues » d’avec « nous avons bu et mangé AVEC toi et tu as enseigné dans nos cœurs ».Dans la relation avec Dieu, devenir acteur, et non spectateur : Voilà ce à quoi nous devons nous efforcer ; en prenant le temps de la relation.
La 2e question sous-jacente, claire dans l’épître aux Hébreux, est la question d’un Dieu, un Père punissant .Dieu punit-il ?…Il est sûr que moi, en tant que parent, je punis mes enfants ; parce que je les aime, et je veux pour eux une éducation qui leur permettra, en rectifiant les erreurs majeures tout du moins, de vivre du mieux possible leur vie, avec les autres et avec Dieu.Oui, je punis mes enfants ; par amour. Alors, Dieu nous punit-il, puisqu’Il nous aime, et plus encore que je ne peux aimer mes enfants ?Je le dis, cette question me gène.Pourtant, grâce à cette prédication, j’ai dû réfléchir à cette question génante !!!Pour mes enfants, il n’y a qu’une seule « punition » qui porte ses fruits. Pourtant, j’ai un peu tout essayé quand il y a une grosse bêtise : rouspéter ( peine vaine !) ; suspendre l’argent de poche ( les marraines ont tôt fait de pallier au manque !) ; mettre au coin ( ils comptent les petits carreaux ou jouent avec le chat) ; la fessée n’a jamais semblé pour moi un moyen ; …Le seul moyen portant quelques fruits, c’est de les isoler dans leur chambre. Plus de contact avec moi jusqu’à ce qu’ils aient réfléchi à ce qu’ils ont fait et aient pris toute l’ampleur de leur bêtise et aient pris la décision de changer…Parfois, ça prend des heures…j’appelle de temps en temps : « tu as fini de réfléchir ? » et souvent j’entends « non ». !!!Je crois alors que la punition de Dieu, c’est son absence. Le péché, c’est bien la rupture. La rupture avec Dieu, c’est vouloir se passer de Lui. Et Dieu accepte.Ok ; tu veux te passer de moi ? je t’enlève mon Esprit-saint ; débrouille-toi ; réfléchis ; et choisis ; la vie avec Moi, mais elle comporte des choix, choix de vie, choix d’amour ; ou la vie sans Moi… je me retire de ta vie.
J’ai toujours eu l’impression que l’enfer éternel, c’était ça : non pas des flammes et une chaleur intolérable, mais l’absence de Dieu.
Alors en ce début d’année d’église, de rentrée, de reprise, c’est à nous à nous demander où nous en sommes dans notre relation avec Dieu… est-ce que nous mangeons de temps à autre en face de Lui, ou prenons-nous le temps de manger AVEC lui ?Son message est-il enseigné dans notre temple…ou dans notre cœur ?Notre vie est-elle en adéquation avec l’exigence évangélique qui est de vivre pleinement cet amour dont nous sommes aimés avce les autres, tous ceux qui nous entourent ?Au fonds, la question est toute simple : Nous qui sommes aimés d’un amour fou qui est allé jusqu’à la folie de la croix, sommes-nous prêts à nous investir dans une relation d’amour, qui demande de l’attention, qui demande à être nourrie, ou sommes-nous prêts à nous passer de Dieu ?Nos choix sont dans nos mains…et dans notre cœur ! AMEN.

21 août 2007

Envoi des 70

Gap(05)

Envoi des 70

Textes bibliques:


Combien Jésus avait-il de disciples ? Souvent, on répond, un peu vite : « 12 ».Et on s’imagine que 12 disciples seulement ont annoncé la Bonne Nouvelle !C’est faire porter sur leurs épaules un mission bien lourde…Et c’est aussi les transformer en super-hommes, ce qu’ils n’étaient pas…En tous cas pas plus que vous et moi !!!
Ce texte de l’envoi de 70 disciples deux par deux est un texte très parlant pour nous aujourd’hui. Et j’en développerai avec vous quelques points :Tout d’abord l’envoi de ces personnes ; puis la préoccupation de Jésus pour eux ; et enfin la gestion de l’echec.L’envoi donc : Avez-vous remarqué qu’il n’est aucunement spécifié que ces 70 disciples avaient un Bac+ 7 en théologie…ni même en autre chose d’ailleurs ?Avez-vous seulement eu l’impression que ces personnes avaient bénéficié d’une longue préparation avant d’être envoyés ?Il y a une grande simplicité dans l’envoi de ces personnes.D’abord, on ne nous dit rien, strictement rien sur elles. Ces personnes sont des personnes Lambda ; pas des personnes méritantes de par leur attitude, leurs œuvres ou leur savoir. Juste des personnes dont on dit qu’elles sont disciples !!! Ca peut sembler maigre pour partir sur les jouer faire l’évangéliste !!Alors, elles qui n’ont pas la Bible, elles qui n’ont pas fait de grandes et savantes études, que vont-elles faire ?J’en viens alors à cet autre texte de Matthieu : « c’est vous qui êtes le sel de la terre ; c’est vous qui êtes la lumière du monde ».Jésus n’envoie pas ces 70 personnes pour faire de grands, beaux et convaincants exposés et éventuellement défendre les idées de leur gourou.Jésus envoie ces personnes pour témoigner de ce choc de la rencontre ; le choc de leur rencontre avec Dieu. Et ce que cette rencontre a changé dans leur vie.Jésus envoie ces personnes pour donner du goût à la vie des gens ; pour annoncer dans les vies quotidiennes, les vies fatiguées ou lassées, les vies mornes, les vies tranquilles, les vies sans sens, les vies solitaires : « Eh ! tu sais quoi ? Dieu, c’est pas quelque chose de lointain, de méchant, de silencieux ; Dieu, c’est une présence chaleureuse, c’est l’ami qui vient à ta rencontre, c’est le compagnon de tes souffrances et de tes joies, c’est Celui qui ne veut pas te laisser seul et veut mettre de la lumière sur ta route. Je te dis ça parce qu’il l’a fait pour moi !!! ».Oui,Jésus envoie ces personnes pour leur faire relever la tête ; après le sel de la terre, de la terre, du terrestre, ce qui donne du goût au terrestre, ces personnes sont envoyées pour que celles et ceux qu’ils croiseront relèvent la tête ; relèvent la tête vers la lumière.Relèvent la tête ; se relèvent.Il les envoie dire juste : « eh ! moi, j’étais en train de pécher, et dans mon quotidien bien banal il m’a dit : va » ; ou encore : « Et moi, je me demandais bien pourquoi j’étais en vie, quel sens tout cela pouvait avoir, et Il m’a dit : toi, Dieu t’aime et te montre un chemin ».Alors, Jésus n’a pas envoyé sur le terrain de grands savants qui ont étalé leur science. Il a envoyé dans le monde des hommes et peut-être des femmes, comme vous et moi, pour rencontrer les gens et leur dire ce bouleversement ; et leur dire que ce bouleversement est à portée de tous. C’EST TOUT.Nous sommes ces 70. Pas tous appelés au même service. Mais appelés tout de même à montrer, dans notre travail, dans notre vie, dans notre quotidien, ce que Dieu a changé. S’il n’a rien changé, c’est à nous de réfléchir au sens de la foi.Mais s’il a changé quelque chose, c’est ce quelque chose qui doit devenir contagieux. C’est ce quelque chose qui doit donner un sens et devenir goûteux comme un plat salé ; lumineux comme un paysage d’été.Et il les envoie deux par deux.A l’époque, et le premier Testament le dit, dans des affaires de droit commun, c’est le témoignage de deux personnes qui était valable. Surement est-ce une des raisons qui pousse Jésus à les envoyer deux par deux.Mais il y a aussi une autre raison. Une personne qui dit : « Le Dieu de Jésus Christ a bouleversé ma vie « , on peut penser qu’elle est illuminée… « mais bien sûr ; allez passe ton chemin ». Deux personnes qui témoignent de la même chose, c’est différent. Et vous savez comment ça s’appelle ? Ca s’appelle l’Eglise ! « Là où deux ou trois…je suis au milieu d’eux ». Pas 50 ou 300. 2 ou 3. Eglise pas enfermée dans des murs. Eglise appelée à marcher pour rencontrer. Pour aller vers, et non attendre que les autres se déplacent s’ils en ont envie.Et être à deux, ça permet aussi d’en discuter, de se corriger mutuellement dans sa pensée. Ca permet de cheminer ( faire chemin avec) un frère, une sœur en Christ.
Venons-en alors au 2e point, qui est la préoccupation de Jésus pour ceux qu’il envoie. On sent dans ces paroles un souci de ce que ces 70 vont devenir. Il se préoccupe de leur réception, de leur nourriture, des lieux où ils vont être reçus.Oui, Dieu se préoccupe de notre vie. C’est vrai, ils doivent partir sans rien ; ne pas avoir leur esprit occupé à la préparation, au transport de biens matériels… » Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes choses vous seront données en plus »…Oh ! tout ne tombe pas tout cuit. Mais il est des maisons qui les recevront et qui pourvoieront à leurs besoins.Il y a une légèreté vis à vis des biens et des besoins qui est loin de ce que nous vivons et de ce que notre société de consommation nous dicte ! Partir comme ça, sans rien…D’accord, il y a l’hospitalité orientale, mais quand même !!!Compter sur Dieu. Compter sur Dieu pour les grandes choses, et replacer ses priorités là où elles doivent être : le sens de la vie ; la relation à Dieu ; la joie de le connaître et de cheminer avec lui ; le bonheur d’être sur terre , et pas fruit d’un quelconque hasard, mais fruit de l’amour de Dieu. Le reste est second.Nécessaire, puisque Jésus lui-même leur en parle. Mais secondaire. L’estomac ne doit pas prendre la place de l’âme ou du cœur.C’est certainement pour nous lepoint le plus difficile. Compter sur Dieu. Compter sur Lui quand on veut témoigner de ce qu’Il a changé dans notre vie ; compter sur Lui pour ne pas faire de la consommation notre nouveau Dieu ; compter sur Lui pour vivre chaque instant dans l’essentiel et non dans le faux bonheur du veau d’or.Vient le troisième point : la gestion de l’echec. Ce n’est pas parce que c’est Jésus-Christ lui-même qui les envoie que tout se passera comme avec une baguette magique. Jésus lui-même a tout de même connu la croix.Il y a, c’est clair, une part de mal dans notre monde ; et ce n’est pas parce que nous sommes accompagnés que tout va se passer comme dans un rêve. Nous ne sommes pas dans un rêve ; nous sommes dans la réalité. MAIS je trouve ce passage extraordinaire : un échec ? vous n’êtes pas reçus dans une maison, dit Jésus ? secouez la poussière de vos sandales, et continuez la route.Je trouve cette gestion de l’echec extraordinaire. Et je la crois valable pour bien des situations.Des échecs, nous en connaissons tous. Et hélas souvent ils nous paralysent ; ils nous clouent sur place ; avec parfois de la culpabilité ; souvent une remise en cause de nos compétences, de la pertinence de notre place, quel que soit le domaine dans lequel se situe l’échec.Secouer la poussière de nos sandales, c’est arr^ter de ruminer nos échecs qui nous empêchent de repartir, nous rendent frileux dans nos projets et dans nos relations.Des échecs, nous en connaissons tous. Nous avons certainement à tirer des leçons de certains échecs. Mais pas pour rester cloué sur place. Pour mieux repartir. Il arrive un moment où nos échecs, échecs professionnels, échecs de couple, échecs éducatifs, échecs relationnels, etc…ne doivent plus nous paralyser.Secouer la poussière de ses pieds. Repartir. Recommencer avec un élan renouvelé, renouvelé par Dieu. Ce n’est pas l’échec qui est grave ; c’est la paralysie qu’il peut entraîner.Ne pas rester sur ses échecs ; ne pas remâcher ses loupés ; ne pas s’aigrir de ses ratés ; mais aller de l’avant ; repartir ; se relever et reprendre la marche de la vie.Belle leçon de reconstruction et d’impulsion de vie que Dieu nous offre.
Alors, ce texte de ce matin nous apprend certainement que dans la vie, pour être sel de la terre et lumière du monde, il ne faut ni attendre d’être surdiplomé, ni sûr de soi ; mais y aller. Aller, au gré de nos rencontres, au gré de notre vie, et rayonner de cette lumière, et être goûteux pour l’entourage. Simplement.Mais pas seul ; avec Dieu ; et avec le soutien de la communauté ; c’est bien là l’un des sens du culte ; se regonfler les batteries de la foi pour se regorger de sel et se redorer de lumière!!!!Enfin, ces paroles de Jésus nous disent que l’echec, quel qu’il soit, ne peut nous paralyser. Repartir. Repartir dans la vie. Ne pas tomber dans la fadeur du statique et la ténèbre de la paralysie du cœur. Repartir. Repartir dans la vie avec la joie du Christ, avec la paix du Christ.Vous rendez-vous vraiment compte de tout ce que le Christ veut nous apporter ?Sens ; soutien ; joie ; paix sur nos échecs. Alors, qu’attendons-nous ? AMEN.

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Le Paralytique

Textes bibliques: Marc 21

Ne sommes-nous pas en parfait décalage entre ce Jésus guérisseur et le Jésus auquel nous voulons accorder notre confiance?Ou bien encore voyons-nous ces textes comme un idéal qui ne sera plus jamais atteint, sinon peut-être dans le Royaume?…
Les église issues de la Réforme ont plus sûrement insisté sur les Ecritures en tant que parole qui transforme. Les églises issues de la mouvance évangélique auront plutôt accentué leur théologie sur la foi qui guérit en Jésus. Enseignement et guérison sont-ils compatibles? Ce texte concernant le paralytique est là pour nous montrer cette possibilité, et peut-être alors peut-il rafraîchir notre foi, de redonner un petit coup de fouet à notre foi en recevant personnellement ce message: "Lève-toi"!
En reprenant ce texte de Marc, la première allusion marquante est "Il leur disait la Parole". Voilà bien le ministère de Jésus: annoncer, dire la parole, cette parole de Dieu qui ne veut pas la rupture, ne veut plus se souvenir de nos péchés, mais veut la réconciliation, à tout prix Voilà la parole que Jésus leur dit. On peut alors se demander si cet envahissement de la foule dans une petite maison est vraiment un bon cadre pour dire la parole. On peut plus encore se demander si la survenue des quatre hommes portant leur ami sur un grabat ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe, ou comme une attitude irrespectueuse devant un enseignement certainement important…
Quelle drôle d'expédition d'ailleurs! Marc nous donne bien des détails de cette scène peu classique: de cet homme paralytique, on ne sait rien d'autre, sinon que c'est le seul épisode où Marc et Matthieu emploient ce terme de "paralytique", et qu'il ne se trouve nulle part ailleurs dans tout le Nouveau Testament!On sait aussi qu'il est sur un "grabat"; c'est le mot qu'emploie Marc, et ce mot est vulgaire!! Plumard serait plus noble! Le grabat était bien l'horrible lit puant de celui qui y passait ses journées et ses nuits entières…Malgré ce détail peu appétissant, ce paralytique a quatre ami; du genre "vrais amis", ceux qui ne vous lâchent pas dans le besoin ! Et ces amis vont faire un acte qui restera gravé dans la mémoire de milliards de chrétiens depuis deux mille ans: faire passer leur ami paralysé par le toit!Luc, curieusement, parlera de tuile qu'ils déplacent, comme s'il s'agissait d'une maison grecque ou romaine. Marc sera sûrement plus proche de la réalité, sachant pertinemment que les maisons galiléennes ont des toits en terrasses faits de branches et de terre battue, de torchis!Voilà donc nos quatre amis que l'on verrait bien, si la situation n'était pas si dramatique, faire un pari: "allez , pas cap' de le faire! Eh! Les gars, vous êtes pas chiche d'aller là-haut pour passer au travers du toit et nous rapporter un p'tit autographe de ce fameux Jésus!!" Là, on est plutôt dans une situation tellement désespérée qu'il n'y a plus trente six mille choix: soit couler de désespoir, soit être poussé par un espoir fou, grandiose!Voilà donc l'entreprise acrobatique de la dernière chance.Et Jésus VOIT leur foi! C'est la seule occasion où les évangélistes nous disent que Jésus a VU la foi de quelqu'un!Mais vous me direz que la foi ne se voit pas; si elle se voit, c'est que vous êtes soit illuminé, soit témoin de Jéhovah…Mais vingt siècles de christianisme nous ont bien appris que la foi ne fait pas appel au sens qu'est la vue!!Pourtant, Jésus nous apprend là que la foi est une chose qui se voit: la foi , ce sentiment mystérieux qui nous lie à Dieu, consiste à trouer le toit!!Ces hommes trouent le toit…Et pourtant, ils ne savent rien de ce que nous , nous savons: rien de la croix, de la résurrection, de l'incarnation; rien de l'Evangile, sauf…sauf peut-être ce que nous avons oublié et pourtant sans quoi la foi ne saurait se voir: que ce Jésus porte en lui la puissance divine qui sauve et qui guérit.Alors, c'est vrai que la foi ne peut se réduire à la confiance en une puissance; sinon, cette confiance pourrait se porter sur d'autres, semblant puissants; ou encore le risque serait de ne chercher en Jésus lui-même, que ce que l'homme désire et non l'Evangile dont il a besoin.La vraie foi se manifeste à ce qu'elle croît et non pas seulement à la force avec laquelle elle croît. C'est pour cela que Jésus commence ce récit en disant la parole, celle qui ancre dans la foi.Il reste que la foi n'est la foi que si elle veut avec force les choses promises, c'est-à-dire le salut, et si elle les cherche avec confiance en Jésus.Voilà donc bien l'articulation qui nous manque souvent entre actes et paroles, entre enseignements et guérisons: ce n'est que par ceux qui croient en la puissance et non pas seulement en l'exactitude de sa Parole, oui, ce n'est que par ceux qui croient en la vérité de sa parole, que des actes sont posés avec audace et persévérance, comme toujours quand la volonté et la fougue jouent. Alors, à travers eux, en eux, la foi se voit. Dieu la voit, les hommes aussi!!La foi dans notre texte est probablement celle des amis du paralytique, mais aussi celle de ce dernier qui a consenti à cette sorte d'entreprise. La foi là n'est pas attente individuelle; elle est, en quelque sorte, un climat social, l'attente commune d'un secours.Mais aussi, la foi est une démarche: ces hommes font un effort bien concret; certes, cet effort n'a de sens que parce que Jésus l'a rendu possible et urgent par sa présence.La foi n'est pas stricte acceptation! Elle met en mouvement les hommes vers celui qui est d'abord venu vers eux!!
La foi n'est pas toujours mentionnée dans les récits de guérisons; on le comprend aisément quand il s'agit de démoniaques, mais on trouve des cas différents, comme ceux de l'homme à la main paralysée, du sourd-muet, ou de l'aveugle de Bethsaïda…Alors, la foi n'est pas la condition sine qua non des guérisons; mais elle est souvent présente explicitement, par un détail ou une action.Mais la foi n'est ni le prix de la guérison, ni son moyen, ni sa condition. Il n'y a pas de guérison par la foi, comme il n'y a pas de salut par la foi!! Parce que ce n'est pas la foi, mais Jésus qui sauve; parce que ce n'est pas la foi, mais la grâce qui sauve!!Le lien alors entre foi et guérison est que la guérison n'a de sens que comme et pour rétablissement d'une relation.Pour Jésus, il est inconcevable de guérir les maladies des hommes sans guérir la maladie qui est l'absence de Dieu.Jésus, et c'est un point important, a récusé l'idée d'un lien direct entre le péché d'un homme et sa maladie. La maladie n'est qu'un signe du péché qui est dans le monde et là comme ailleurs "il n'y a pas de justice"!!Même si cela peut paraître insupportable, injuste à ceux qui souffrent dans leur corps, la seule libération physique d'un homme, ou bien encore une guérison où l'homme n'apparaîtrait que comme un objet, seraient d'un mépris suprême. L'appel à la foi n'est pas la rançon nécessaire pour être guéri, mais signe du respect que Jésus porte à l'homme, en son intégralité, corps, âme, esprit!!Voilà en quoi Jésus diffère d'un thaumaturge, d'un faiseur de miracles: chaque miracle de Jésus concerne l'homme total et s'attaque à la totalité du drame qu'il vit, comme malade ET comme pécheur.Que signifierait le rétablissement de la santé d'un homme s'il n'était aussi le rétablissement de sa relation avec Dieu, avec les autres et avec lui-même?Ainsi, dans notre texte, c'est le pardon qui est d'abord annoncé. Pas de raccourcis faciles, du genre: "lève-toi, prends ton lit et laisse-moi continuer mon enseignement".Plutôt, à partir de cette vision d'ensemble du drame humain, Jésus offre les chemins d'une vraie libération. Cette libération consiste en la guérison des maladies de l'individu et de la société, et nous pouvons voir dans sa guérison la promesse d'autres guérisons, d'ordre politique et social, pour une société paralyséeMais ces guérisons ne seront réelles que si elles sont attendues à la fois comme la conséquence et le signe de cette guérison fondamentale qu'est le PARDON, seule , unique source du rétablissement de la relation entre Dieu et les hommes et donc entre l'homme et son frère.Les maladies des sociétés ne sont qu'un signe: celui de la rupture de tout un faisceau de relations.La guérison du paralytique sera le signe de ce qui est réellement le miracle: le pardon.
Plusieurs pistes sont éclairantes pour nous grâce à ce texte:Tout d'abord, il y a cette parole première, celle qui nous enracine, qui nous transforme, qui nous annonce le bouleversement total. C'est cette "simple" phrase: "Tes péchés te sont remis".Cette parole, qui est posée sur chacune de nos vies, est la parole de pardon de Dieu.Ainsi, à ceux qui culpabilisent en permanence pour des motifs souvent vagues, et qui se minent le quotidien avec le poids de leur culpabilité, voilà une parole sure : Dieu te remet tes péchés, et c'est à toi d'accepter la force de cette parole sur ta vie. A toi d'accepter que tu ne peux rien par toi-même, mais que la force du pardon de Dieu qui te relève est totalement reconstructrice!
A ceux qui ont l'impression que le mot "péché" ne les concerne pas, ce texte montre que c'est pourtant là l'essentiel: l'Evangile ne peut rien apporter à quelqu'un qui se voile la face en relativisant ses actes manqués et ses ruptures. Mais l'Evangile peut devenir "bonne nouvelle" pour qui regarde sa vie et souffre d'une rupture, d'un manque, manque de relation, manque d'amour…Il faut certainement une dose d'audace pour croire en Jésus-Christ, croire en sa Parole. Il faut la même dose d'audace pour croire en l'action de Dieu aujourd'hui encore, et dans nos vies…Il est certes plus facile aujourd'hui à chacun d'entre nous de nous retrancher dans des explications plus ou moins acceptables sur l'apparent silence de Dieu plutôt que d'aller monter sur les toits des malheureux paralytiques!!Pourtant, ces amis, leurs actes, c'est bien aujourd'hui le rôle que l'eglise devrait avoir: porter ceux qui ont besoin d'entendre une parole, de vivre dans leur vie un "Lève-toi"!Alors, l'Ecriture pourra devenir pour nous tous, Eglise qui porte, Eglise qui vit, pour notre vie entière parole agissante.Je crois que si nous avions de temps à autre l'audace de ces quatre amis acrobates , nous serions surpris de constater que Dieu n'est pas loin.A votre avis, si ces quatre amis avaient attendu tranquillement chez eux en demandant mollement à Dieu: "Dieu, si par hasard tu nous entends, éventuellement, tu pourrais faire un petit quelque chose pour notre ami?", cet ami aurait-il reçu la réconciliation avec Dieu, la restauration de tout son être?Si cela avait été ainsi, certainement qu'eux aussi auraient ensuite élaboré de grandes théories sur le silence de Dieu et sa passivité…Je crois qu'aujourd'hui, il nous manque l'audace, pour nous et pour les autres. L'audace de croire que Dieu n'est pas seulement le compatissant, mais qu'il peut être l'agissant." Qui demande reçoit; à qui frappe on ouvre". Voilà peut-être la foi qui déplace les montagnes, plus exactement la foi qui déplace les toits qui nous manque. A nous alors peut-être, prenant pleinement conscience de ce miracle qu'est le salut qui nous est offert personnellement, de trouver ou retrouver cette foi…agissante, comme l'est la parole agissante de Dieu.: "Lève-toi, et va"! AMEN.

J'avais faim...

Textes bibliques: Matthieu 25


Depuis Martin Luther, nous sommes un peu fâchés avec le mot "œuvres"!!
Notre position n'est pas facile à la lecture de ce texte de Matthieu: nous oscillons entre deux alternatives: celle du salut par les œuvres, que nous dénonçons, et celle d'un humanisme où Dieu est le grand absent.
Je crois que ce récit, qu'on appelle souvent à tort "parabole du jugement", parce que ça n'a rien d'une parabole, n'est pas une affirmation que la foi est seconde, secondaire par rapport aux œuvres.
Entre une foi qui ne serait qu'adhésion à une croyance ( vous savez, le fameux « Seigneur Seigneur ! », sans retentissement sur toute sa vie, et action sans présence aimante de Dieu, Luther a développé toute sa théologie que Calvin reprendra: une foi qui produit; une foi qui n'est pas stérile.
Oui mais voilà; Pour beaucoup, être chrétien , c’est louer le Seigneur ; écouter la "bonne parole".; étudier la Bible, être obéissant et avoir une vie de prière. Point !La préoccupation de son prochain ( surtout celui qui est en-dehors de l'église) est alors parfois vue comme une « option ».
Mais alors, à quoi sert la foi si elle n'a aucune conséquence sur notre vie quotidienne, sur notre façon de penser, notre manière d'envisager nos relations aux autres?
La foi ne se limiterait-t-elle qu'à la satisfaction de notre relation à Dieu? L'Eglise n'est-elle que rassemblement d'amis de préférence de même milieu, vivant doucement dans un moëlleux cocon sans être jamais dérangée, interpellée, mise en mouvement?
Mais si la foi n’a aucune conséquence sur notre comportement vis-à-vis de notre prochain, que change-t-elle à nos vies?
Le fait que Jésus ne parle aucunement de la foi dans le texte paraît étonnant. On peut se poser la question de la valeur des œuvres par rapport à la doctrine de Paul de la justification gratuite sans les œuvres de la loi …
Matthieu, enseignant dans l'église quelque 30 à 40 ans après Paul ( ce qu'on a souvent tendance à oublier!), a affaire à une autre situation historique, qui se rapproche presque plus de la nôtre d'ailleurs: la préoccupation n'est plus celle de l'entrée gratuite des païens dans l'église mais celle de l'équipement moral des disciples déjà entrés dans la communauté. Avec Paul, il y a une exigence demandée pour les chrétiens qui viennent tout juste de se convertir, et qui vivent encore comme des païens. Paul va leur apprendre les fondements de la foi. Avec Matthieu, je dirais qu’on en est à la phase suivante, celle de la concrétisation de ce changement de vie dans sa relation à l’autre.
Ainsi, Matthieu insiste sur l'urgence inéluctable des œuvres, au service des frères, de l'amour actif dans et hors de l'Eglise en les présentant comme des ordres positifs du Christ .
Quoiqu'il en soit, ces œuvres sont bien signe d'une foi vécue.
Aujourd'hui, il est bon pour nous de nous demander ce qu'est la foi, à quoi elle sert, comment elle peut orienter notre vie.
Alors, qu'est-ce que la foi?
Autant de réponses certainement ce matin que de personnes présentes!!
Ce mot est presque comme le mot "amour": il suscite des réactions bien diverses et des compréhensions souvent toute personnelles!!
Des erreurs de compréhension se glissent parfois dans notre langage, quand par exemple nous parlons de confession de foi pour parler d'un "croire"
Luther dit, je le cite: "Par la foi, tu es uni à Christ, de telle manière que, de toi et de lui, elle fasse pour ainsi dire une unique personne, qui ne puisse plus être divisée, mais qui ne cesse de lui être attachée, disant : "moi je suis lui", alors que le Christ dit de son côté: "moi je suis ce pécheur".
La foi en Jésus-Christ est alors confiance dans les promesses de l'Ecriture qui sont l'Evangile de la justice de Dieu.
La compréhension réformée de la foi peut alors être "ramassée" dans le terme de confiance
. Cette confiance s'exprime dans la certitude de l'espérance, dans la joie et la hardiesse de celui qui trouve en Christ et ses promesses une manière différente de voir et de vivre le monde.
La foi est bien cette confiance qui met en relation le Dieu de Jésus-Christ et ma vie toute entière.et lui donne un sens nouveau.
La foi est donc bien cette œuvre de Dieu en nous qui n'a rien d'un bien-être intellectuel mais est vraiment relation avec une personne , relation intime du Christ dans ma vie, et moi en Christ!!
Cette façon d'envisager la foi montre bien qu'aucune foi n'est arrétée, n'est suffisante!! Comme si l'histoire d'un couple s'arrétait à la relation qu'ils ont construite seulement le jour de leur mariage!!!
Cette foi doit être nourrie, non seulement dans la prière ( et pas seulement la prière communautaire!), mais aussi par la lecture des promesses de Dieu, de la bonne nouvelle du Christ et en acceptant de se former , qui que l’on soit, pour ne pas avoir sa propre vision étriquée de la Bible!
Cette nécessité de nourrir sa foi n’a pas un but intellectuel ; le but est de mieux discerner, par la foi, ce que Dieu attend de nous, ses disciples.
Ainsi, c'est à nous de nous demander quel message Jésus nous a laissé.
Immédiatement, je pense à tous ces visages devant lesquels Jésus s'est arrété: ces lépreux, ces prostituées, ces voleurs, ces malades, ces impurs…Tous ces gens cités dans les Béatitudes…Toutes ces personnes citées dans notre texte de Matthieu 25.
Tout le ministère de Jésus s'est passé en étroit contact entre la Parole, la Parole de Dieu, et la vie d'hommes et de femmes désemparés, vides de sens…Etroit rapport entre les deux commandements que Jésus nous laisse: "Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée…et tu aimeras ton prochain comme toi-même".Deux commandements indissociables, qui nous renvoient au rapport que nous avons avec les autres: "Pourquoi m'appelles-tu Seigneur seigneur, et ne vois-tu pas ton frère qui est dans le besoin?".
Jésus s'est élevé contre les juifs qui intellectualisaient la religion, faisaient passer la religion avant l'homme, faisaient de la religion un savoir et non un vivre.
Ce passage de Matthieu 25 n'est donc absolument pas isolé du reste de l'Evangile; il rajoute juste une échéance, celle du jugement dernier, où la foi active ne sera pas optionnelle sous le regard de Dieu!!
D'ailleurs, il faut noter dans notre passage comme dans tout le premier Evangile l'importance du verbe "faire"; ce ne sont pas les intentions, ni les sentiments, mais les gestes de secours qui comptent au jugement dernier. Aucun texte du Nouveau Testament certainement n'exprime plus clairement l'idée que s'abstenir de servir est aussi grave que le crime lui-même; et bientôt le johannisme enseignera que ne pas aimer, c'est haïr!!
Alors la question centrale pour nous est de nous demander comment vivre la foi, concrètement…Ce qui revient à se demander: Comment, en vivant avec Christ qui vit en moi, vivre ma vie, ma vie au quotidien!
Si Le message de Jésus, le Christ, est bouleversement total: on ne peut croire qu'être chrétien, c'est aller au culte de temps à autre , et vivre comme on l'entend, c'est-à-dire souvent pas différemment de bien de nos contemporains qui vivent sans Dieu!!
Si la foi ne change rien à notre vie, alors nous sommes limités à une foi intellectuelle qui ne s'appelle pas foi, mais savoir!!
Cette foi qui veut nous bouleverser veut bouleverser nos négligences, notre temps que nous maitrisons mal et qui passe trop vite sans se soucier de l'autre.
Cette foi qui est adhésion à Jésus le Christ veut nous bousculer dans notre regard plein de présupposés et de manipulation; veut nous arrêter net dans nos paroles de jugement de l'autre.
Cette foi qui m'unit intimement au Christ doit me pousser dans le même temps à son obéissance, à une éthique valable dans l'Eglise mais pas réservée aux chrétiens, proposée à tous les hommes!
Il est parfois bien facile de penser que nous ne sommes qu'une goutte d'eau dans l'océan de misère; et que cette misère est trop lourde pour nos épaules.
Si tous les chrétiens de la terre, unis à tous les autres hommes de bonne volonté, arrêtaient cette pensée malhonnête, ça en ferait du monde pour avoir envie de changer la face de la terre!!
Mais je crois qu'avant de pouvoir regarder vers les autres, il faut d'abord faire place nette.
Faire place nette, c'est se retrouver soi-même nu devant le Christ, c'est-à-dire vrai; se retrouver en vérité devant Celui qui nous connaît mieux que nous-mêmes pour lui déposer nos vies; nos vies avec nos fardeaux, avec nos histoires trop lourdes à porter, avec nos loupés qui nous collent à la peau, avec nos fautes plus ou moins enfouies, avec nos remords et nos défauts.
Etre honnête avec Dieu. Alors, là, là seulement, Dieu peut aider, nous aider, en venant habiter en nous. Alors, là, Dieu peut devenir le compagnon de nos vies, celui qui porte, celui qui impulse courage et envie; celui qui nourrit et aide; celui qui, même s'il reste mystérieux sur bien des points, peut devenir l'hôte de nos jours et de nos nuits; de nos oasis de bonheur et de nos déserts arides.
Se retrouver face à Dieu avant de se retrouver face à l'autre, le nu, l'étranger, l'assoiffé, le prisonnier, le souffrant.
La voilà, la foi qui peut , aujourd'hui encore, transporter les montagnes! Cette foi qui nous apporte tellement, avec ses moments forts et aussi ses moments de doute et de remise en question; mais cette foi toujours en fil rouge dans notre vie, qui ne peut être gardée pour soi, mais doit exploser pour les autres.
Alors, curieusement, ce texte de Matthieu 25 qui ne parle pas une fois …de foi, aura été l'occasion d'en parler; parce qu'un chrétien qui ne prie pas ou plus, un chrétien qui ne fait pas confiance à Dieu; un chrétien qui ne croît pas que Dieu peut être agissant, ne peut pas croire non plus qu'il pourra aider l'autre.
Alors, certainement qu'avant d'aider tous ces hommes, femmes et enfants qui attendent de notre part un geste, une parole, un acte, un partage, faut-il s'ouvrir, ou se ré-ouvrir à la folie de la foi, la folie de non seulement croire mais aussi vivre, expérimenter que Christ vit en moi, a fait sa demeure, son habitation en moi, veut faire naître ou ranimer cet histoire d'amour folle en moi!!
Alors, le feu de Dieu nous donnera une force d'action, une conviction dans nos actes, plus fort que tout. Ce feu de Dieu sera la lumière du chemin de notre vie.
Et là, au dernier jour, nous serons tous surpris d'apprendre que ce que Dieu lui-même nous a donné la force , la joie et la paix de faire pour notre prochain, nous l'avons fait en réalité pour Christ!AMEN

21 juin 2007

Fête de Gap

Gap(05)

A quoi ça sert la guerre ?

Textes bibliques:


Maman, à quoi ça sert, la guerre ? Thomas, huit ans, vient de demander ça à sa maman. Sa maman, en train de cuisiner, lui répond : « ben, à rien ! ».« Mais alors, maman, pourquoi ça existe ? »« Bon, Thomas, va demander ça à papa » dit la maman plongée dans la surveillance de sa quiche au four.« Papa, relance Thomas. A quoi ça sert la guerre ? ». Le papa aurait bien voulu lire son journal tranquillement. Il vient de lire l’article sur les quarante cinq ans de cessez-le-feu de la guerre d’Algérie ; il a déjà lu les détails du dernier raid israëlien sur le Liban; il est rapidement passé sur le nombre de morts en Iraq parce que c’est quotidien, et il s’apprête à lire les attaques à la machette des rebelles soudanais au Darfour.
« Pourquoi tu me parles de la guerre, Thomas ? Y a plus de guerre ! C’est encore papi qui t’a raconté des histoires de sa jeunesse ? chaque fois qu’on se rapproche du 8 juin, c’est pareil ! Allez, va jouer avec tes action man…à la guerre !! ».Thomas repart un peu déçu. Il va voir son frère Quentin ; « Quentin, à quoi ça sert la guerre ? ».Quentin, lui, a des choses à dire. « La guerre, ça sert à tuer les autres quand t’es pas d’accord avec eux ! ».Ah ! c’est donc ça !!Quand tu n’es pas d’accord, poum, tu tires, et tu tues !C’est vrai qu’il a entendu à la télévision l’histoire d’un jeune qui s’était disputé avec un autre et qui l’a attendu à la sortie du lycée pour le tuer…Et avant-hier, il a aussi entendu qu’un juge s’était fait poignarder par une femme qui n’était pas d’accord avec la décision rendue…
Thomas continue : « dis Quentin, quand même, y a pas d’autre solution que de tuer si on n’est pas d’accord ? ».« Ben…non ! si tu veux garder la face, t’as pas le choix ; sinon,tu perds ton temps et en plus tu te fais écraser ».
Thomas, ça l’embête un peu qu’il n’y ait pas d’autre solution.Il va alors dans sa chambre ; et à vrai dire, il n’a pas très envie de jouer avec ses action man ; parce qu’au bout du compte, c’est toujours action man qui gagne , c’est vrai ; mais action man, quand tout le monde a été tué, il se retrouve tout seul. Et c’est triste d’être tout seul si on a tué tout le monde !!!Alors, Thomas prend un livre que lui a offert sa marraine ; c’est une Bible illustrée. Alors, Thomas se plonge dans le récit.
Franchement, le coup de l’autre joue qu’on doit tendre, c’est un peu fort non ?Une fois, ça lui est arrivé de se battre dans la cours ; il n’était pas fier après parce qu’il a eu une punition et qu’il a du faire signer son cahier de liaison… Il avait peur d’être grondé…On lui avait piqué son goûter, il n’allait pas se laisser faire quand même !! Mais son père ne l’avait pas grondé ; T’as raison mon fils, te laisse pas faire.
Thomas, il a un gentil cœur. Il n’aime ni les disputes, ni la bagarre. Il aime…la douceur. Pour un garçon, c’est nul. Son frère Quentin n’arrête pas de le lui dire. Il lui dit : « t’es trop nul toi ; quand les autres verront que tu ne te défends pas, tu vas devenir leur souffre-douleur. »Thomas, il n’aime aucune forme de violence. Quand son papa est au volant, Thomas n’apprécie pas toutes les insultes que son père profère systématiquement. Il n’est pas ravi non plus de ne plus voir ses cousins, parce qu’il y a eu une grosse dispute entre les parents et que depuis, ils ne se parlent plus. C’est sûr, chacun dit avoir raison…
Quentin son frère lui dit aussi qu’il faut se défendre…Si tu ne te défends pas, si tu laisses faire, tiens , tu finis…tu finis…Et bien justement, tu finis comme Jésus !Tu vois, il était tout gentil ; rappelle-toi à l’école biblique le coup des rameaux : Jésus sur son petit âne. Les gens aussi ils étaient contents ; ils lançaient des branchages et des vêtements pour que la route soit plus douce pour les pattes du petit âne. Mais le vent a tourné. « Jésus, il était trop gentil, lui dit parfois son frère Quentin. Moi, j’aurais été lui, j’aurais pris tous mes disciples, je leur aurais donné une épée à chacun, et ouaouh, j’aurais pas fini comme lui ! ».
Thomas tourne la page de son livre ; l’illustration montre Jésus sur une croix.Son grand-père lui a appris un jour que le mot « crétin », ç’est un dérivé de « chrétien ». Parce que les chrétiens du début, ils se laissaient faire…Alors, forcément, il leur arrivait malheur.Quel monde cruel tout de même, pensait Thomas…Il avait lu un livre qui racontait l’histoire de grands personnages qui avaient marqué l’histoire : il y avait un certain Martin Luther King, un pasteur noir des Etats-Unis, qui voulait l’égalité de tous les hommes et parlait de non-violence…Il avait même noté dans son cahier une phrase de lui qu’il aimait bien et qui disait : « rendre coup pour coup, c’est propager la violence, rendre plus sombre encore une nuit déjà sans étoiles. Or, les ténèbres ne peuvent se dissiper par elles-mêmes. C’est la lumière qui les chasse. De même la haine ne supprime pas la haine. Seul l’amour y parviendra. C’est là la beauté de la non-violence : libre d’entraves, elle brise les réactions en chaîne du mal. »Oui, Thomas trouvait beau ce texte.Martin Luther King, non violent…mort assassiné. Et puis un autre, appelé Gandhi, en Inde. Qui parlait de non-violence, qui disait que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené…mort assassiné.Thomas se dit que vraiment, vouloir la paix, c’est prendre des risques de mal finir !!Notre monde entier est en proie à la violence, et au droit du plus fort. Ca s’appelle la loi de la jungle. Ca s’appelle hurler avec les loups. Gandhi disait : « œil pour œil rendra le monde aveugle ».Thomas ressentait quelque chose en lui-même. Il sentait que Jésus, acclamé le jour des rameaux, roi de la fête pour un jour, serait comme ce M. Carnaval qu’on brûle en lui mettant sur le dos toutes nos bêtises. Et il se demandait pourquoi, après cette fête des rameaux où il avait toute la foule avec lui, il ne s’était pas rebellé à son procès ; pourquoi il s’était laissé faire, laissé cracher dessus, fouetter… Roi d’un jour, et mis à mort cinq jours après.Oui, mais comment faire passer un message d’amour si on cherche soi-même vengeance ? si on se rebelle pour sauver sa peau ?Dommage, se dit Thomas, qu’il y ait si peu de gens qui croient en la paix ; si peu qui essaient de la vivre chaque jour en ne répondant pas aux agressions…Ca changerait sûrement le monde si chacun y mettait du sien…Alors, là, Thomas comprit…Si Jésus s’était laissé faire, à la croix, c’était certainement pour témoigner au monde que la violence ne sert à rien, et qu’elle n’empêche pas les messages de paix de circuler…2000 ans après.Jésus acclamé aux rameaux, c’est une part en nous qui recherche cette paix, qui y croit, qui espère en un monde de douceur et d’amour où tous les hommes vivraient en bonne entente en se respectant. Mais la croix cinq jours après, c’est tout ce qu’il y a de mauvais en nous qui a rattrapé l’humanité : la soif de pouvoir ; l’envie de faire taire celui qui parlait d’amour et de paix. Alors, Thomas, du haut de son âge, il a pris une grande décision : il a décidé de croire à la paix possible dans le monde. Il a décidé que ça commencerait par lui ; non, il ne répondra plus aux insultes dans la cour ; non, il ne cherchera plus à avoir toujours raison à la maison ; non, il ne cherchera plus toujours en premier son intérêt. Au moins, se dit Thomas, Jésus ne sera pas venu pour rien si je vis comme ça, en voulant la paix.Alors là, Thomas, il a entendu au fonds de son cœur une petite voix, légère comme le souffle, douce comme la brise, mais en même temps forte comme le vent, qui lui disait : « dans ta décision de vivre en paix avec les autres, Thomas, tu ne seras pas seul ; je serai avec toi, je te le promets ».Vivre en paix avec les autres…Thomas avait le cœur joyeux ; il venait de comprendre que vouloir écouter Jésus, vouloir le suivre , ce ne serait peut-être pas facile tous les jours, mais que ce même Jésus l’accompagnerait tous les jours de sa vie pour changer le monde .Et si nous aussi, nous devenions des hommes, des femmes et des enfants de bonne volonté, ayant envie aujourd’hui de crier à Jésus sa joie, et de lui dire chaque jour : « Seigneur, aide-moi à ne pas rendre les coups ; aide-moi à ne pas insulter les gens ; aide-moi à ne pas me venger ; aide-moi à ne pas avoir de rancune, de rancœur, de haine » ?. A coup sûr, le monde changerait. Amen.

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13 mai 2007

J’aime la loi…elle fait tout à ma place !!

J’aime la loi…elle fait tout à ma place !!


- « Madame le pasteur, c’est combien vos tarifs pour l’enterrement de mon père ? »
- « Nous n’avons pas de tarif défini, pas de règle. C’est en votre âme et conscience que vous versez à l’Eglise qui ne vit que de dons ce que vous décidez vous-même de donner ».
- « Ah oui, mais c’est pas facile. J’aurais préféré un chiffre ; alors dites-moi ! »
- « Non Monsieur ; c’est à vous de prendre votre décision de ce qui vous paraît juste ».

Ce genre de discussions, je l’ai à peu près à chaque enterrement.
Hélas, ce discours n’est pas toujours très porteur de fruits…
Certains vont alors demander à leurs amis catholiques ; là, les tarifs sont au moins clairement affichés.
D’autres seront un peu mal à l’aise mais donneront ce qu’ils pensent être « légitime » ( et ce mot ne vient-il pas du mot « loi » ?!!!)
Enfin, certains prendront cet appel à la responsabilité comme une invitation…à ne rien donner. Après tout, si on ne fixe pas de tarifs, de règles tarifaires, c’est bien qu’on n’en a pas besoin, n’est-ce pas ?!!!!

Autre exemple ; lorsque j’enseignais la philosophie aux classes de Terminale, l’un des thèmes abordés était la liberté. Bien évidemment, on y abordait la dimension de la loi.
Un jour, un élève a affirmé devant toute sa classe : « m’dame, les lois , elles sont nécessaires ; toutes les lois ».
Moi, un peu étonnée de ce jeune de 18 ans affichant une attitude détonnant de celle des autres, lui demandais pourquoi il pensait ça…
Bin m’dame, les lois, elles sont faites…pour être contournées !! si y a plus de loi, c’est plus amusant quoi !!!

L’humain aime la loi.
En règle générale, l’Homme a besoin de lois, de règles.
Et c’est vrai que pour un « vivre ensemble », pas question de n’en faire chacun qu’à sa tête.
La loi rassure. La loi sécurise. La loi évite aussi parfois de trop réfléchir. Elle permet aussi certaines fois de ne pas se « mouiller » personnellement.
Peut-être alors est-ce l’un des grands points qui nous distingue du catholicisme.
L’Eglise catholique édicte des règles, des doctrines, des lois qui lui semblent en adéquation avec sa lecture des textes. L’Eglise catholique a des règles pour tous les domaines de la vie, que ce soit dans le domaine spirituel, ou dans tous les domaines éthiques.
Le protestantisme, depuis la réforme, a une perception de la conscience personnelle comme étant seule valable, à la lumière de l’Esprit saint.
Pas facile. Pas facile du tout même !!
Imaginez . On dit aux français dès demain : bon, vous tous, vous avez un certain travail à faire ; faites-le ; passez-y le temps que vous pensez nécessaire. A vous de gérer votre temps de travail…Et ce pour tous les postes !!!
Bonjour la pagaille et l’anarchie !!!
Oui, l’Homme a certainement besoin de lois, de codes.
Mais qu’en est-il de notre façon de vivre et de faire des choix ?
Qu’a voulu dire l’apôtre Paul lorsqu’il dit : « Tout m’est permis mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis mais tout n’édifie pas ? »

Dans un premier temps, je montrerai la nécessité de la loi pour l’homme ; puis en quoi elle présente des limites et en quoi dans certains domaines elle est devenu valeur caduque.
Puis je partagerai avec vous ce qui me semble être une nouvelle manière de vivre, d’envisager la vie, une fois la page de la loi tournée.


Lorsque j’étais étudiante en théologie à Aix, la grande question que nous nous posions, nous étudiants, était de savoir si le dimanche…nous pouvions réviser…
J’en vois qui sourient !!! C’est pourtant très calviniste comme question.
Ayant posé la question à notre professeur de théologie systématique, il nous répondit que le dimanche était le jour totalement consacré au Seigneur, et qu’il n’était en aucun cas question de réviser…
J’étais en retard dans mes révisions…et donc très embêtée… valait-il mieux violer la loi du sabbat et avoir des résultats corrects à mes examens… de théologie ( donc pour servir…Dieu !!), ou bien observer le sabbat, …et repasser mes examens en Septembre ?
J’ai péché discrétement contre la Loi…et j’ai eu mes examens, tout en culpabilisant… !!!
La loi en tant que vivre ensemble est nécessaire ; le code de la route ; le code pénal ; le code civil ; certaines normes, notamment de sécurité, sont pour le bien de l’homme.
Mais nous sommes bien d’accord que ces lois sont faites pour servir l’homme, et non l’homme là pour servir les lois.
Et c’est souvent cette confusion qui est dérangeante.
Dans le passage des Actes, la question est de savoir si la circoncision est nécessaire, essentielle même ; condition de salut.
Le sabbat a été fait pour l’Homme, et non l’homme pour le sabbat.
Et je crois qu’il en est de même pour toute la vie de l’Eglise : le baptême a été fait pour l’homme et non l’inverse ; et le baptême n’est pas une nécessité pour Dieu.
Ma mère, à l’âge de 60 ans, m’avoua un jour en pleurs qu’elle avait fait sa confirmation et sa communion à l’âge de 15 ans, mais qu’elle n’avait jamais été baptisée…Et elle me demanda s’il fallait qu’elle passe par les eaux du baptême pour être sauvée…n’était-ce pas du légalisme ?
La sainte cène n’est pas une nécessité , une règle pour Dieu…c’est un cadeau !!!
La pratique à l’Eglise n’est pas une loi, c’est une grâce !!!
On ne vient au temple ni pour gagner quelque chose, ni pour faire plaisir à Dieu !!!
Mais notre naturel légaliste nous rattrape souvent : les règles, on les aime ; je disais tout à l’heure qu’elles rassurent. La robe pastorale, ça rassure. La chaire, ça rassure. Lire la Bible uniquement dans la version protestante Segond ( de préférence pas révisée !!), ça rassure…
Pourquoi pas…
Pourtant, le texte des Actes nous montre les dangers d’une pratique qui ne serait plus concentrée sur l’essentiel, c’est-à-dire la relation au Christ, mais sur ce qui est censé nous aider dans cette relation. Et donc n’être qu’instrument ?
L’important est-il la relation au Christ ou la circoncision ?
L’important est-il la position des bancs dans le temple ou la lecture de la Bible ?
L’important est-il de chanter les psaumes de nos ancêtres ou de louer Dieu de tout notre cœur ?
L’important est-il de se réclamer du protestantisme et de ses ancêtres galériens ou est-ce d’avoir à cœur d’avoir une relation vivante, véritable à Jésus-Christ ?

La loi, les lois, ne peuvent en aucun cas être un frein, un filtre à notre relation à Dieu.
La loi, les lois, ne peuvent en aucun cas être un frein, un filtre à notre relation aux autres, nos prochains.
Aucune loi, aucune règle ne doit être là pour désunir ; pour éloigner ; pour angoisser ; pour asservir.
Mais, me direz-vous, alors comment faire ? comment vivre ?
Le texte de l’Evangile nous donne la clé.
Oui, c’est vrai, le peuple du premier testament n’a pu respecter les lois et autres règles . Il s’est fourvoyé ; il n’a pu que constater ses échecs.
Dieu a donc envoyé son fils, le seul qui ai pu vivre totalement les lois, les commandements, sans qu’ils ne deviennent pierre d’achoppement.
Mais le Dieu de Jésus –Christ, après ce dernier, ne nous dit pas : « maintenant que vous avez eu le Christ, débrouillez-vous ».
Voilà La clé qui peut nous permettre d’avancer, non plus en petits enfants incapables de se débrouiller sans règles, lois, décrets et autres commandements :
Cette clé s’appelle l’Esprit-Saint.
« je ne vous laisse pas seuls ; je vous donne la paix ; je vous donne ma paix. Je vous envoie un consolateur , l’esprit saint ».
L’Esprit- saint ? Quésaco ?
Oh ! juste une petite lumière qui, quand nous avons des décisions à prendre, nous permet de ne pas rester dans le noir. Nous permet de ne pas nous précipiter vers la première loi, la dernière règle édictée.
L’Esprit-saint ? C’est Dieu qui nous veut enfin adultes !!! Finis les « fais pas ci, fais ça » !!!
Maintenant, c’est le temps venu de la grâce, où Dieu nous veut responsables. Veut que chacun d’entre nous prenne des décsions qui lui semblent en accord avec sa volonté, avec ce qu’il y a de mieux. Eclairés par lui, par son Esprit.
Et tant pis si nous nous plantons. Tant pis si parfois nos décisions échouent. Nous aurons été responsables, et Dieu nous relèvera.
Après cette période électorale mouvementée, je crois qu’il nous faut chacun reprendre conscience que c’est Dieu, avant toute personne et avant toute chose, qui nous veut militants. Militants de la liberté responsable ; militant du choix personnel éclairé ; militants de la décision adulte et non pas dictée ; militants des choix qui nous permettent d’avancer ; et de faire avancer son royaume, parce que faisant avancer l’humanité.
Faut-il être circoncis ?
Faut-il aller au temple tous les dimanches ?
Faut-il chanter 30% de cantiques anciens dans chaque culte ?
Faut-il adhérer à tout sous prétexte que la majorité pense ceci ou cela ?
La seule loi valable, c’est la loi d’amour de Jésus-Christ, qui nous a appelés à la liberté pour changer le monde et faire de nos vies des louanges à Dieu.
Alors, à nous de relever les manches de notre cœur, les manches de notre responsabilité, les manches de notre engagement chrétien, en remettant nos décisions comme nos incertitudes à Dieu.
Et là, nous nous approcherons de son Royaume.Guidés par son Esprit.
Amen.

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15 avril 2007

Dieu présent...